10 docus d’exception que vous n’avez (franchement) pas envie de rater

Classé dans : Cinéma, Top 5 Records | 4
En salle depuis le 25 février, Red Army, de Gabe Polsky, est un champion, un vrai. Un documentaire qui vous envoie valser par son intelligence et pour lequel on vous offre des places en jouant juste ICI. L’occasion pour Pop’Up de revenir sur la A-List des docs de ces dernières années. Oubliez les préjugés qui collent souvent au train de cette catégorie, et préparez-vous à des découvertes à vous serrer le cœur (et les boyaux itou).

1.Red army

Red Army, de Gabe Polsky

(Etats-Unis, Russie, 2015)

Genre : Hockey sur crasse.

De quoi ça parle ?De la Red Army, la plus mythique des équipes de hockey sur glace au monde. Les Soviétiques seront notamment sept fois médaillés d’or entre 1956 et 1988. Personne ne les arrêtera… à part eux-mêmes.

Pourquoi Red Army est immanquableParce que plus que les triomphes sportifs comme fer de lance d’une propagande bien huilée, c’est l’âme soviétique que le réalisateur Gabe Polsky cherche à sonder. Face aux armoires à glace, comme la légende Slava Fetisov, il ne lâche rien, traque les failles des hommes, et le conditionnement profond qui résonne dans le cœur de toute une patrie. Plus efficace et passionnant que tous les cours d’histoire d’hier et de demain sur la Russie, Red Army s’adresse à tout le monde. Hockeyeurs néophytes et accros de sport s’en prendront plein les yeux.

2.Of men and war

Of Men & War, de Laurent Bécue-Renard

(France, 2014)

Genre : Larmes de destruction massive.

De quoi ça parle ?De douze hommes en colère atteints de syndromes post-traumatiques. Des vétérans revenus d’Irak et d’Afghanistan, physiquement indemnes mais psychologiquement en miettes, qui tentent la thérapie de groupe pour exorciser, peut-être, le mal qui les ronge.

Pourquoi Of Men and War est immanquable : Afin de faire totalement oublier sa présence parmi les soldats, Laurent Bécue-Renard passera cinq mois sans tourner une seule image. Il filmera les vétérans pendant tout le reste de leur thérapie, les neuf mois qui suivront. Résultat de son implication : 450 heures de rush. Bilan de sa discrétion : des témoignages terrassants. « Là-bas », ils ont vu la mort de beaucoup trop près, pris des vies, trié des boyaux, empilé des cadavres… Chaque nouveau récit est une plongée dans l’horreur d’une puissance folle. Laurent Bécue-Renard interroge le regard qu’ils portent sur eux-mêmes, plus impitoyable encore que l’image de grenade dégoupillée que leur renvoie la société. Gaffe à l’explosion.

3.Sugar Man

Sugar Man, de Malik Bendjelloul

(Angleterre, Suède, 2012)

Genre : Soul au monde.

De quoi ça parle ?De Sixto Rodriguez, dieu de la soul des 70’s, auteur, compositeur, incompris aux Etats-Unis, porté en triomphe en Afrique du Sud au même rang qu’Elvis… sans en avoir jamais été informé.

Pourquoi Sugar Man est immanquablePour la légende incomprise de Sixto Rodriguez, bien sûr. Et pour emboîter le pas du réalisateur Malik Bendjelloul dans sa quête de lui remettre la main dessus. C’est vrai ça, où est-il passé, ce Sixto Rodriguez ? Se serait-il véritablement suicidé sur scène après l’échec de son deuxième album chez Motown ? Et surtout – autre question majeure – par quel gigantesque boulette cosmique sa musique n’est-elle pas aussi connue que celle de Bob Dylan ? Plus même. Ça semble impensable. Sugar Man est l’odyssée d’un mirage, d’un rêve de gloire froissé, un document passionnant qui remet à la place qui aurait toujours dû être la sienne la musique de Sixto Rodriguez.

4.Armadillo

Armadillo, de Janus Metz

(Danemark, 2010)

Genre : War games.

De quoi ça parle ?De Mads, de Daniel et de leur bataillon de fringants Danois qui rejoignent le camp d’Armadillo, dans la province du Helmand, en Afghanistan. Objectif : stabiliser la situation et venir en aide aux populations. Enfin, ça, c’était le plan…

Pourquoi Armadillo est immanquableAu fil des semaines, des mois, les militaires, craintifs à leur arrivée, deviennent de plus en plus impatients à l’idée d’en découdre avec les talibans. Lors des patrouilles, l’ennemi reste invisible. Et la tuerie éclate, inévitablement. « Ça semble presque irréel », lance l’un d’eux. Janus Metz ne les juge pas. Sa caméra semble invisible, ses images sont sublimes. Pour comprendre la guerre, il faut lui survivre. Il vient de nous en donner les clés.

5.Le sel de la terre

Le sel de la Terre, de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado

(Brésil, France, 2014)

Genre : Hot shoots.

De quoi ça parle ? : D’une vie de photographe, celle de Sebastião Salgado, célèbre reporter d’images brésilien, de ses doutes, de ses remises en questions, de sa recherche d’humanité et de l’essentiel.

Pourquoi Le sel de la terre est immanquable : Les images argentique en noir et blanc prennent tout l’écran, racontées par leur auteur qui s’interroge sur leur sens. Sur lui aussi. Aidé par le fils de Salgado, Wim Wenders est à la recherche de cet homme derrière l’objectif, de celui qui, après avoir mitraillé les mineurs du Brésil et l’exode des peuples, choisira de retourner sur les 700 hectares de sa terre natale pour la reboiser intégralement. C’est peu dire que Le sel de la terre ne démérite ni son prix spécial Un Certain Regard au Festival de Cannes 2014 ni son récent César du meilleur documentaire.

6.Lost in la mancha

Lost In La Mancha, de Keith Fulton et Louis Pepe

(Angleterre, Etats-Unis, 2003)

Genre : Aime le maudit.

De quoi ça parle ?Du pire cauchemar du réalisateur : l’impossibilité de terminer son film, ou, dans le cas de Terry Gilliam et de L’homme qui tua Don Quichotte, de le commencer.

Pourquoi Lost in la Mancha est immanquable :  Lost in La Mancha suit l’élaboration impossible d’un vrai film qui n’existera jamais. Il est le témoin de l’inimaginable guigne de Gilliam. Couloir aérien en guise de ciel, matériel détruit par des torrents de boue, Jean Rocherfort (Don Quichotte) qui fait demi-tour, incapable de monter à cheval à cause de son dos, assurances qui se rétractent… Après quelques semaines à ce régime, le réalisateur jette l’éponge. C’est un supplice, pour nous, comme pour lui. Un document d’une authenticité touchante, aussi.

7.Waste land

Waste Land, de Lucy Walker

(Angleterre, Brésil, 2010)

Genre : Cinéma d’art et déchet.

De quoi ça parle ?Du projet artistique dingue du brésilien Vik Muniz : photographier les ramasseurs de déchets recyclés de la plus gigantesque décharge à ciel ouvert au monde, et les changer en tableau vivant.

Pourquoi Waste Land est immanquableQuel projet magnifique. Muniz, qui a (sur)vécu dans les bidonvilles de Rio avant de devenir un artiste reconnu aux Etats-Unis, veut « rendre ce qu’on lui a donné », comme il dit, créer de l’art à partir d’ordures, vendre les œuvres et en reverser les bénéfices à ces trieurs désœuvrés. La réalisatrice croque des portraits d’hommes et de femmes, entre pudeur et éclats de rire. Le résultat est tout simplement bouleversant d’humanisme.

8.20 feet from stardom

Twenty Feet From Stardom, de Morgan Neville

(Etats-Unis, 2013)

Genre : Le chœur a ses raisons.

De quoi ça parle ?De ces voix que nous connaissons tous sans en connaitre les noms. Ce sont celles des choristes de Sting, de Tina Turner, des Rolling Stones, de Joe Cocker ou de Ray Charles. Ceci est leurs histoires.

Pourquoi Twenty Feet From Stardom est immanquableComment vivent celles qui ont fait le choix de rester dans l’ombre ? Est-ce seulement un choix ? Au fil des rencontres, des confidences avec Lisa Fischer, Merry Clayton et Darlene Love, avec ces légendes méconnues sorties des premiers chœurs de la Motown, le cœur de Twenty Feet From Stardom bat de plus en plus fort. La vérité, c’est que sans elles, Springsteen, Stevie Wonder et les autres n’auraient sans doute pas connu les mêmes hits. Un film musical à l’effet euphorisant.

9.Les invisibles

Les invisibles, de Sébastien Lifshitz

(France, 2012)

Genre : L’amour, plus fort que la haine.

De quoi ça parle ?De femmes et d’hommes nés dans l’entre-deux-guerres qui confient leur combat pour vivre au grand jour leur homosexualité sans se cacher, à une époque où cela était un incroyable courage.

Pourquoi Les invisibles est immanquableIl faut avoir un talent certain présenter des successions de confidences sans que jamais l’intérêt du spectateur ne se fasse la malle. C’est le cas de Sébastien Lifshitz, parti vers ces hommes et ces femmes aux cheveux blancs pour les changer en vrais héros de cinéma. Dans leurs confessions, il y a les combats d’une vie, les regrets et les blessures de ces militants du droit à l’indifférence. Leur vérité est une lumière et le document de Lifshitz précieux. Afin de ne jamais oublier que les libertés d’aujourd’hui ne se sont pas acquises sans se battre.

10.Chante ton bac d'abord

Chante ton bac d’abord, de David André

(France, 2014)

Genre : La voix est libre.

De quoi ça parle ? : D’une bande de potes plein d’avenir de Boulogne-sur-Mer, au nord de la France, pendant l’année décisive de leur bac.

Pourquoi Chante ton bac d’abord est immanquableParce qu’il est unique en son genre. Et pour de vrai. Parce qu’en plus d’être allé chercher les aspirations de la jeunesse qui veut continuer à rêver malgré cette satané crise, David André a eu l’idée de leur faire chanter leurs espoirs et qui ils sont. Le résultat tient du tour de magie. Chante ton bac d’abord s’échappe du documentaire pour virevolter dans son propre espace-temps, entre poésie, rire et émotion, le tout avec un naturel qui décoiffe.

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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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4 Responses

  1. […] on vous le disait juste ICI, Red Army sonde l’âme soviétique en racontant la plus grande équipe de hockey sur glace de […]

  2. Armadillo, mais quel incroyable documentaire. Si seulement il pouvait y en avoir plus comme ça.

    • Christophe Chadefaud

      Ces images sont tout simplement extraordinaires. En plus, se dire que le réal est juste parti avec son directeur de la photo… Tu te demande comment c’est possible.

  3. […] Redécouvrir 10 docus d’exceptions que vous n’avez franchement pas envie de rater, ici. […]

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