5 raisons de regarder le comeback de Will & Grace

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Il y a 11 ans, Will et Grace se (et nous) disaient adieu dans un double épisode final pour le moins bouleversant. Après 8 années, 16 Emmy Awards et 194 épisodes, quelques 18 millions de téléspectateurs découvraient que les deux amis n’allaient plus s’adresser la parole pendant 20 ans.
Aussi culte soit-elle, personne n’attendait le retour de Will & Grace. Jusqu’à la diffusion d’une vidéo, en pleine élection présidentielle américaine, qui réunissait le temps d’une dizaine de minutes nos quatre new-yorkais. Devant son succès (7 millions de vues), NBC lance alors l’idée d’un revival.
Un an plus tard, le premier épisode de cette nouvelle saison offre à la chaîne l’une de ses meilleures audiences pour une sitcom depuis 2011 (10,2 millions de téléspectateurs). Voici donc 5 raisons de se lancer dans le comeback de Will & Grace.

Parce que la belle amitié entre Will et Grace ne pouvait se terminer ainsi

 

En interrompant si brutalement et longuement l’amitié entre Will et Grace, les deux créateurs, David Kohan et Max Mutchnick, nous avaient laissé aussi tristes que démunis. Comment allaient-ils réussir à s’enlever cette épine du pied, maintenant que la série est de retour ? Avec la bonne vieille technique du « c’était juste un rêve », voyons. Rien de plus facile : tout ceci n’était qu’un cauchemar de Karen, perdue dans ses pensées, un Martini à la main, probablement saoule comme toujours.
Et hop, voilà nos deux meilleurs amis, tous deux récemment séparés, cohabitant à nouveau ensemble. Mais si l’alchimie entre eux est toujours intacte, dix ans se sont pourtant écoulé. À Kohan et Mutchnick de réussir à adapter, épisode après épisode, leur série à un monde qui a changé. Will et Grace ne sont plus des trentenaires plein d’espoir et d’énergie, mais des quarantenaires qui entament la deuxième moitié de leur vie après avoir subi plusieurs revers professionnels et sentimentaux.


       Pour le bonheur de retrouver Jack et Karen

 

Et dire qu’au départ, il n’était pas prévu que Jack et Karen se côtoient… Impensable tant la complicité entre Megan Mullally et Sean Hayes est évidente. D’un côté Karen Walker, une femme richissime, alcoolique notoire, secrétaire de Grace pour passer le temps (à ne rien faire si ce n’est se vernir les ongles), toujours à même de critiquer la tenue vestimentaire ou la coupe de cheveux de sa patronne et qui, lorsqu’il s’agit de se faire discrète, n’hésite pas à user de ses lunettes noires et de son surnom d’Anastasia Beaverhausen.
De l’autre, l’extravagant Jack McFarland, apprenti comédien persuadé de son talent et de l’homosexualité supposée de ses congénères, dragueur invétéré incapable de concentration dès lors qu’un joli garçon est dans les parages. Fan éperdu de Cher, il forme avec Rosario, la bonne de Karen, le plus improbable des faux couples.
Pendant déglingué du duo formé par Will et Grace, ils sont toujours prêts à se soutenir, autant qu’à se moquer des autres. Ils nous avaient tout autant manqué.


Parce qu’à l’heure de la présidence Trump, les deux scénaristes ont de quoi nous faire rire

 

Si les premières saisons se moquaient allègrement de l’actualité et de la culture américaine, elle ne s’attaquait à la politique que par petites touches. Tout laisse à penser que la présidence de Donald Trump sera au cœur des railleries de cette nouvelle saison – la vidéo diffusée il y a un an au moment de l’élection présidentielle en jetait les bases.
Will et Grace, en parfaits new-yorkais, sont les archétypes mêmes des libéraux urbains qui ont voté pour Hillary, tandis que Karen, mariée à un riche homme d’affaires et habitant sur la 5e Avenue, ne peut que prendre le parti de Trump (elle est d’ailleurs très amie avec Melania). Jack, quant à lui, est l’exemple même de l’électeur sans opinion, prêt à se faire influencer pour des raisons plus ou moins respectables.
Bref, tout est réuni pour que l’écriture sarcastique de Kohan et Mutchnick dézingue la bêtise crasse du président des Etats-Unis (Grace, invitée à redécorer le Bureau ovale, y trouve pour seuls accessoires un dictionnaire anglais-russe et un fidget spinner), tout en n’épargnant pas l’hypocrisie des libéraux, parfois prêts à ravaler leurs opinions au profit de leur réussite personnelle.


Parce que même en 2017 Will & Grace a sans doute encore quelque chose à nous dire sur les questions LGBT

 

Lorsque Will & Grace débarque sur les écrans en 1998, elle est la première série à faire d’un homme ouvertement gay son personnage principal. Malgré un discours qui paraîtrait aujourd’hui daté et un premier baiser entre deux hommes qui s’est fait longtemps attendre, la série a fait beaucoup pour la visibilité des personnes LGBT aux Etats-Unis et ailleurs, en prônant un discours de tolérance.
En 2017 le pays a changé et le paysage télévisuel aussi : Queer as Folk et The L World sont passés par là, Modern Family et Transparent sont désormais les grands succès du petit écran. Ce que l’on attend de cette neuvième saison, en plus d’adapter son univers aux nouvelles technologies (Jack ne drague plus dans les clubs de gym mais sur Grindr, au risque d’attraper un « herpès du doigt »), c’est d’être capable d’aborder des thématiques au cœur des préoccupations actuelles : le mariage, la parentalité, les droits des transgenres, par exemple… Tout en préservant humour et second degré, évidemment.


     Parce que tous ces acteurs nous ont beaucoup manqué

 

Will & Grace date d’une époque où les ponts entre télé et cinéma n’étaient pas aussi nombreux qu’aujourd’hui. Sans doute trop marqués par leurs rôles, les acteurs de la série n’ont ainsi pas beaucoup fait parler d’eux par la suite. Debra Messing et Eric McCormack ont bien été au centre de quelques séries télé (Starter Wife, Les Mystères de Laura pour la première ; Perception, Les voyageurs du temps pour le second), mais toutes se sont éteintes dans l’indifférence générale.
Si Megan Mullaly et Sean Hayes ont enchainé les apparitions dans des séries à succès (30 Rock, Parks & Recreations, How I Met Your Mother, Happy Endings), la première, après s’être essayé un temps au talk-show, a tenu un des rôles principaux de la série satirique Childrens Hospital, tandis que le second, après avoir connu le succès à Broadway (avec Promises, Promises et An Act of God), a joué et produit pour NBC une série qui porte son nom, Sean saves the world, mais fut un échec cuisant.
Au titre des absences notables, on regrettera la disparition de Sidney Pollack (le père de Will) et de Debbie Reynolds (la mère de Grace), ainsi que le départ en retraite de Shelley Morrison, aka Rosario, l’intraitable domestique de Karen. Quant à savoir si la série fera appel à de nombreuses guest-stars comme dans les anciennes saisons, il ne reste plus qu’à découvrir les 10 nouveaux épisodes pour le savoir.


 

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