5 séries chocs découvertes à Séries Mania

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Cette année encore, on était à Séries Mania, véritable vitrine des productions TV du monde entier qui s’impose de plus en plus comme le « Festival de Cannes des séries ». Face à sa richesse de programmation, on a joué les explorateurs-binge-watchers pour vous dégoter cinq pépites dont on attend la diffusion sur nos écrans avec impatience.

London SpyLondon Spy

L’espionnage réinventé

De quoi ça parle : D’un coup de foudre, d’abord. D’une disparition on ne peut plus louche, ensuite. Un soir où il est au plus mal, Danny croise la route d’Alex sur un pont de Londres. Bientôt, c’est l’amour fou. Dans l’esprit de Danny, tout du moins, qui veut croire en cette énigme faite homme qui lui fait face. Jusqu’à ce qu’Alex disparaisse dans d’étranges circonstances.

Ses points forts : Son incroyable audace narrative, pour commencer. Pendant les trois premiers quart d’heure de l’épisode inaugural, Tom Rob Smith, le créateur de London Spy, tisse une romance sur le fil du rasoir dans une atmosphère de mystère qui imprègne absolument tout (personnages, décors, musique…). Et arrive le point de bascule, une chute vertigineuse de l’état de grâce qui nous plonge dans une enquête réinventant les codes de la série d’espionnage.

C’est aussi la première fois qu’une série de genre est aussi honnête vis-à-vis de l’homosexualité, son acceptation, ses pratiques (sociales plus que sexuelles) et les fantasmes qu’ils véhiculent dans l’esprit des gens.

Alors, pour la finesse bouleversante de son écriture et de son interprétation (Ben Wishaw est à tomber, c’est dit), London Spy est définitivement une série qui ne ressemble qu’à elle-même. On vous en reparle au plus vite… Dès sa diffusion française, prévue sur France 3.

Royaume-Uni, 2015▪Série de 5 x 60 min.▪Diffuseur Royaume-Uni : BBC Two
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NSU German History XNSU German History X

Attrape tripes

De quoi ça parle : De vingt ans de radicalisation dans l’Allemagne post-chute du mur au travers du portrait de Beate, une ado attirée par les idéaux néo-nazis du groupuscule NSU (« clandestinité national-socialiste »).

Ses points forts : La finesse du portrait d’une jeunesse désabusée est à vous glacer le sang, son sentiment d’avoir été livrée à elle-même avant de se faire endoctriner par des extrémistes. Difficile de ne pas y voir un écho à notre histoire contemporaine…

En revenant sur cette vague de crimes racistes qui avait ébranlé l’Allemagne au début des années 2000, les créateurs de NSU German History X ont fait le choix d’articuler leur narration en trois axes. Le premier épisode est entièrement consacré aux coupables, et a été confié à un réalisateur natif de l’Allemagne de l’Est ; le deuxième épisode se place du point de vue des victimes turques, et a été tourné par une équipe d’origine immigrée ; le troisième et dernier épisode, réalisé par des Allemands de l’Ouest, prend la perspective du travail des enquêteurs. Une façon habile de s’interroger sur un sujet brûlant, traité avec une intelligence remarquable et sans aucune complaisance. Brillant.

Allemagne, 2016▪3 x 90 min.▪Diffuseur Allemagne : ARD
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IrresponsableIrresponsable

Seconde jeunesse

De quoi ça parle : A 31 ans, Julien a perdu son job, son appart et est retourné chez sa mère, pour hiberner dans sa chambre d’ado sans autre but apparent que jouer à la DreamCast en fumant des pétards. Au détour d’un entretien d’embauche pour être pion dans son ancien lycée (lose, quand tu nous tiens), il retrouve son amour de jeunesse (moment d’apesanteur) qui lui annonce qu’il est le père d’un ado de 15 ans. L’angoisse.

Ses points forts : Il ne faut pas deux minutes pour aimer Julien, traîne-savate grandiose, le sens des responsabilités au niveau des chaussettes (d’où le titre de la série), interprété avec malice par Sébastien Chassagne. A dire vrai, on n’est pas loin d’ériger un autel à sa gloire.

Créée par Frédéric Rosset, Irresponsable est la première série née à la Fémis. Comique de situation et sens de la répartie qui fait mouche rythment des problématiques dans l’air du temps. Reste maintenant à patienter jusqu’au 20 juin pour découvrir Irresponsable dans son intégralité sur OCS.

France, 2016▪10 x 26 min.▪Diffuseur France : OCS
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The WriterThe Writer

Crise de la quarantaine

De quoi ça parle : A Jérusalem, un scénariste à succès se prend la crise de la quarantaine en pleine poire. Objectifs : donner un (peu plus de) sens à ses écrits, comprendre sa femme, écouter les angoisses de ses enfants… Tout un programme.

Ses points forts : The Writer est à Sayed Kashua (Arab Labor), ce que Louie est à Louis C.K., une autofiction à la fois parodique, tantôt grave ou amusée sur les réflexions d’un homme à l’âge classique de la remise en question.

Jouant sur les spécificités de Jérusalem, Sayed Kashua interroge les préjugés existants entre musulmans, juifs et chrétiens, se demande comment expliquer la situation géopolitique à ses enfants dans une série réjouissante et enlevée. A l’écran, son alter ego, incarné par Yousef Sweid (The Bubble), ne le brosse pas dans le sens du poil, présentant un homme moderne pourtant incapable de comprendre sa femme ou de dompter sa jalousie. Pas toujours plaisant, parfois un brin pathétique, mais tellement humain.

Israël, 2015▪10 x 25 min.▪Diffuseurs Israël : Keshet Broadcasting, IBA
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CapitalCapital

Homme sweet homme

De quoi ça parle : « We want what you have. » Chaque jour, les habitants d’un quartier cossu de Londres reçoivent cet étrange message dans leur boîte aux lettres. D’abord indifférente, la petite communauté va rapidement voir son quotidien chamboulé…

Ses points forts : A quel genre d’existence rêvez-vous ? Quel style de vie projetez-vous sur les autres ? Capital vise juste en ciblant le mal (être) du siècle : cette obsession de toujours plus (trop et constamment) regarder du côté de chez son voisin. Et la mini-série sait y faire. En poussant les portes de ces maisons londoniennes proprettes, ce sont des histoires d’hommes que l’on découvre. Polonais, hongrois, indiens… Le visage multiculturel de Londres est assurément celui de cette mini-série empreinte de réalisme et d’humour, en quête de la vérité du vivre ensemble, de l’inégalité des chances et les enjeux inhérents à la communauté.

Royaume-Uni, 2015▪3 x 58 min.▪Diffuseur Royaume-Uni : BBC One
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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

2 Responses

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  2. […] au festival Séries Mania, Crashing est une comédie trash so biritsh dont l’avenir est aussi incertain en Angleterre […]

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