Ajin, la mort leur va si bien

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Ajin
AJIN © Gamon Sakurai / Kodansha Ltd.
Comment réagiriez-vous en apprenant que vous ne pouvez pas mourir ? Excitation, déni, peur ? Ajin est un premier manga prometteur, signé par Gamon Sakurai et Miura Tsuina, qui est loin d’avoir révélé toutes ses surprises.

Si vous avez manqué le début : Kei Nagai est immortel. Le gouvernement veut lui mettre la main dessus pour connaître l’envergure de son pouvoir. Il est ce qu’on appelle un Ajin. Heureusement, il n’est pas le seul. Mais ceux qu’il croit être ses amis le sont-ils vraiment ?

Vivre, mourir, ressusciter et fuir

Ajin est loin de toute légende de la quête du Graal et autres festivités du clan MacLeod. Dans l’univers du scénariste Miura Tsuina, être un immortel n’offre pas toujours son lot de réjouissances et ceux qui défient la mort (qu’il nomme Ajin) sont traqués, capturés et torturés. Par qui ? Les gouvernements et autres organisations obscures, avides de connaissances. Ces associations sont prêtes à tout pour savoir ce que sont ces êtres surnaturels. Eux-mêmes ne peuvent pas offrir de réponse. Ils ne prennent conscience de leur condition d’immortel qu’au moment où ils se font tuer et ressuscitent. Pas de chance, considérés comme différents et déviants, ils inspirent la peur et le mépris. Bref, ils ne sont pas aidés. Mais Kei Nagai, notre héros Ajin, n’a pas perdu espoir même si, lui aussi, s’est fait capturer et est devenu le cobaye d’expériences tordues.

AJIN © Gamon Sakurai / Kodansha Ltd.
AJIN © Gamon Sakurai / Kodansha Ltd.

Du sadisme à l’espoir

À la lecture d’Ajin, on est en droit de se demander si Miura Tsuina a vécu une enfance heureuse. Sadisme, trahison, abandon et désillusion font le sel de cette histoire. Rien ne laisse présager une destinée heureuse pour le personnage principal. C’est pourtant dans les plus grandes bassesses de l’humanité que se trouve notre sujet.

La différence, et par conséquent l’incompréhension, autorise-t-elle la déshumanisation de nos actes ? Gros dossier. Vous avez quatre heures. Ajin entre alors dans la catégorie des histoires de survie, où l’homme est le pire ennemi de l’homme. La dimension « surnaturelle » passe alors presque au second plan, en ne servant que de décor et de prétexte à la morale décadente. Noirceur, quand tu nous tiens.
Une lueur d’espoir émerge de cette obscurité. Kei Nagai est un héros très classique dans les canons du manga. Ado chétif possédant un secret trop lourd pour lui, sur qui on ne miserait pas un salaire, va renverser l’ordre établi. L’originalité d’Ajin est assurément ailleurs.

Un scénario sans limite

Vengeance, incompréhension, rédemption et défiance vis-à-vis du pouvoir sont les pistes amorcées par les auteurs. Rien ne laisse entendre, à la fin du tome 2, quelle orientation prendra le manga. Notre héros ira-t-il du côté obscur ou nous surprendra-t-il en se battant contre les idées reçues ?

Dans tous les cas, Ajin se démarque des autres seinens par sa trame, qui baigne le lecteur dans le suspense. Original, Ajin est très addictif. Commencez et vous en redemanderez.

Faites vous une idée d’Ajin en feuilletant ses premières pages, ici.
Ajin, de Gamon Sakurai et Miura Tsuina ▪ Edité par Glénat Manga ▪ Tome 1 : parution le 1 juillet 2015 ; Tome 2 : parution le 2 septembre 2015 ; Tome 3 : parution le 4 novembre 2015.
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