Alien Covenant : l’échappée bête

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Alien Covenant, de Ridley Scott (2017).


Si vous avez manqué le début : L’USCSS Covenant file dans l’infinité galactique, quelques 2000 colons à son bord, en direction d’une planète idyllique où établir une nouvelle civilisation. Un incident technique plus loin, le vaisseau tire l’équipage de son sommeil réfrigéré et décide de suivre un signal inconnu, en provenance d’une planète inconnue. Ils finissent par tomber sur un nid d’aliens, bien connus, ceux-là, pour être peu portés sur l’accueil cinq étoiles.


ATTENTION ! Malgré notre vigilance, cette critique de Alien : Covenant contient quelques spoilers. Vous êtes prévenus.


Voici donc l’Alien de toutes les divisions. Après un Prometheus très injustement décrié (malgré sa beauté plastique sans pareille et la pertinence de ses réflexions théologiques), Covenant apparaît comme un épisode de la saga déroutant. En clair, il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark…

A l’abri dans mon vaisseau

Mais où est donc le problème ? Ouvrons le bal des critiques par une ravigotante séance d’auto flagellation. Car oui, le spectateur, cet insatiable dévoreur d’images, a sans doute sa part de responsabilité. En cause : son regard sur un film si différent des précédents volets, et cette satané attente qui lui fait, malgré lui, fantasmer une oeuvre que, bien entendu, il ne verra jamais puisqu’il ne l’a pas tourné lui-même.

Celui qui l’a réalisé, c’est Ridley Scott, papa de Alien, le huitième passager (alléluia) et de Prometheus (amen). Et le gros de l’incompréhension tient à ses choix de narration et de montage maladroits. Son sujet est pourtant passionnant. Car l’alien tel qu’on le connait n’est pas le monstre numéro un de Covenant. Quel intérêt, dès lors, d’étirer son introduction spatiale quand le cœur de son film malade bat sur cette planète aussi inhospitalière que bourrée de mystères à découvrir avec la plus extrême précaution ? D’autant que le temps passé tranquilou bilou à bord du vaisseau n’est même pas mis à profit d’une présentation décente des relations entre les membres de son équipage… Fallait-il donc avoir visionné l’intégralité des trailers, teasers et autres vidéos promo avant d’entrer en salle ? Impossible. Cela ferait de Covenant un film bancal, incapable de survivre par lui-même. Mais le mal est fait, et l’équipage est donc sacrifié d’office comme de la chair à canon.

Wannabe Ripley et vrai antihéros

La filouterie numéro deux s’appelle Daniels. Cet officier en second campé par Katherine Waterston, Ridley Scott se frotte les mains à la mettre en avant, ce qui l’identifie instinctivement dans l’imaginaire du spectateur comme une wannabe Ripley, le charisme en moins et la coupe au bol d’une Valérie Lemercier des mauvais jours en plus. Une fausse piste sans objet, puisque, une nouvelle fois, son sujet est sur cette maudite planète !

Le véritable gigantesque et monstrueux héros de Covenant attend (et nous avec) tapi dans l’ombre (et nous avec). C’est à David (Michael Fassbender) que l’on doit les scènes les plus précieuses et les plus tendues du film. A eux seuls, son esprit tortueux, ses expériences terrifiantes et les racines profondes de ses agissements avaient tout pour servir de terreau à un labyrinthe d’angoisse que l’on arpente la boule au ventre, capable de surpasser le final du Alien de 1979. Reste des scènes passionnantes au regard de la mythologie Alien dans son ensemble. Et des questionnements bien vus sur la création, comme les extensions de ceux de Prometheus.

Grandeur et décadence

Lorsque l’action surgit, c’est avec une fulgurance qui vous glace le sang, preuve que, non, Ridley Scott n’a pas perdu la main. Les réactions désordonnées de l’équipage ajoutant une touche de réalisme bienvenu à l’ensemble.

Au final, c’est un sentiment de frustration qui domine face à Alien : Covenant. La frustration d’avoir vu un grand film malade, aussi pertinent au regard de la saga dans son ensemble que mal assemblé en tant qu’œuvre à part entière.


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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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