Andy Shauf, roi de la fête

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Le canadien Andy Shauf nous invite à une soirée multiple et musicale. Avec son deuxième album, The Party, le jeune homme aux yeux tristes se révèle en songwriter doux et délicat. L’un des grands disques de l’année.

Né dans la province du Saskatchewan (c’est au Canada, pour celles et ceux qui auraient besoin d’un petit rattrapage géographique), Andy Shauf est à l’aise dans l’intime, la vie à taille humaine et les histoires qui ont du sens car elles sont universelles.
Ainsi, après avoir enregistré en Do It Yourself un premier album dans la cave de ses parents et s’être fait remarquer dans la mère patrie du sirop d’érable et de Justin Bieber (seulement l’un des deux est une franche réussite, je vous laisse deviner lequel), c’est à une fête que le chanteur nous invite avec son deuxième effort.
The Party est certes un album de soirée, mais ce n’est pas un album de fête. C’est le disque que l’on écouterait aux premières lueurs du matin, bienheureux et bercés par la voix tendre de Shauf égrenant les souvenirs, et parfois les regrets, de ces nuits toujours trop courtes.  

Fin de partie

Le ressenti à l’écoute de The Party est rare. Presque autant que le coup de foudre amoureux. On en a pourtant reconnu les signes : les frissons de la découverte, les questions sur l’ascendance de cet inconnu et, bien sûr, l’impossibilité de s’en détacher. Il est inhabituel d’être autant embarqué dans l’univers d’un artiste, même après de multiples écoutes.
La musique d’Andy Shauf est un savant mélange de la folk gracieuse de Sufjan Stevens, de la pop mélancolique d’Elliott Smith et du songwriting lumineux de Paul Simon. Une douceur raffinée aux arrangements riches, nappés de cordes ouatées, de touches de piano rêveuses et même d’une étonnante clarinette. Symphonique et électrique, le spleen joyeux de Shauf se faufile dans les souvenirs embrumés et les regrets alcoolisés.

Huis clos musical

Il y a deux manière d’écouter The Party. La première à l’aube, un casque sur les oreilles au retour d’une de ces party que n’auraient pas renié Peter Sellers. L’autre le lendemain, au soir de ces réveils tardifs d’après fête, calé dans un fauteuil avec une jambe pendant négligemment de l’accoudoir. L’effet est à chaque fois le même, touchant et imparable : la nostalgie.
L’album est un huis clos musical, une série de vignettes où chaque morceau est un portrait dans un lieu de fête. Il y a la danseuse solitaire sur « Eyes Of Them All », l’invité en avance dans « Early To The Party », la victime de ses excès dans « Alexander All Alone », l’ami amoureux de « Quite Like You »… On imagine Shauf au fond de la pièce, présent à chaque instant, narrateur omniscient et spectateur attentif de ces soirées imaginaires et de ces moments suspendus, qu’ils soient de grâce ou de gêne.
A l’instar de Tobias Jesso Jr. en 2015, Andy Shauf est notre révélation de l’année. L’héritier de la pop de chambre des années 70 et de la mélancolie lumineuse d’Elliott Smith. Un coup de foudre.  

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

One Response

  1. […] vous a dit tout le bien que l’on pense du canadien, cousin d’Elliott Smith juste ici. Sur The Party, chaque morceau raconte une histoire et celle d’« Alexander All […]

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