Bande de filles, la tête haute

Classé dans : Cinéma, Le 140 | 0

140 bande de fillesLe cinéma de Céline Sciamma c’est celui du « connais-toi toi-même ». Avec Bande de Filles elle poursuit son exploration de l’adolescence qui se cherche, brillamment entamée avec Naissance des Pieuvres et Tomboy. Après l’identité sexuelle et la quête du genre, elle s’attaque cette fois au thème rebattu de la jeunesse des cités. Mais c’est Céline Sciamma, et on évite donc soigneusement les écueils en racontant Marieme, ado tête baissée coincée entre une école qui ne la veut plus et un grand frère qui voudrait la contrôler. En se choisissant une famille d’adoption, trois filles pour qui grandir c’est être femme, elle devient Vic comme victoire, et entame son chemin vers l’émancipation.

Sciamma aime la grande histoire qui en sert une plus petite. Ainsi grandir dans la violence des banlieues n’est que le prétexte à suivre la féminisation de ces jeunes filles malgré les règles qui régissent leur communauté. Malgré la famille, malgré la réputation, malgré les risques et surtout malgré les hommes. Le film touche au coeur lorsqu’on se rend compte que cet échappatoire ne fonctionne pleinement, c’est à dire sans fards et sans artifices, qu’en dehors de leur banlieue. Ce n’est qu’entre les quatre murs d’une chambre d’hôtel qu’elles peuvent briller. Sous ces néons bleus, vous vous surprenez alors à être ému par une chanson de Rihanna, pas le dernier tour de force de la réalisatrice.

Dommage que Sciamma perde dans la dernière partie ce qui donnait la moitié du titre de son film : la bande disparait peu à peu pour ne laisser que la fille. Que la presque femme. La solidarité et la vulnérabilité que Marieme s’autorisait avec sa nouvelle famille se fait de nouveau avaler par la noirceur et l’absence de perspectives. Dommage, mais en même temps symptomatique de la difficulté à s’extraire du ghetto quand on a d’autres ambitions que celles dictées par la cité. Le film commence par des bavardages qui cessent et des têtes qui se baissent, pour se finir sur un menton relevé avec force et détermination. Malgré tout. Malgré les larmes et le découragement. Un menton qui se lève pour ne pas baisser les bras. Shine bright.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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