Be kind, rewind : OSS 117, Rio ne répond plus

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OSS 117 Rio ne répond plus

A l’occasion de la sortie de The Search, le nouveau film de Michel Hazanavicius, revenons le temps d’un Be Kind, Rewind sur la perle de la collaboration Hazanavicius/Dujardin. Je ne parle pas ici d’un film muet en noir et blanc récompensé par quelques statuettes dorées mais du diptyque barré qui a fait la réputation des deux hommes : la reprise au cinéma d’une vieille série de livres puis de films sur un James Bond du pauvre, nommé OSS 117. Sorti en 2009, le deuxième opus, Rio ne répond plus, est un bijou d’insolence et d’impertinence qui se permet d’aller très loin dans le politiquement incorrect grâce à un seul ingrédient : le talent. Mais revenons-y …

Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117, est de retour avec peut-être moins de Sean, mais toujours autant de Connery ! Trois ans après ses aventures débridés au Caire (véritable nid d’espions), l’agent secret le plus 1er degré de France repartait en mission. Il est en effet envoyé au Brésil afin de récupérer auprès d’un nazi en fuite des micro-films compromettant de hauts dignitaires français ayant collaboré avec les allemands lors de la 2è Guerre Mondiale.
Si seulement trois ans séparent les deux films de Michel Hazanavicius, douze ans se sont écoulés entre les intrigues du Caire nid d’espions et de Rio ne répond plus. En 1955, OSS était raciste, macho et un peu limité intellectuellement, et bien en 1967 il l’est tout autant. En plein mouvement contestataire sixties le monde démarre une révolution des mœurs qu’Hubert n’est pas du tout prêt à suivre. Si Jean Dujardin est toujours au sommet de son art avec un jeu tout en sourcils, le casting secondaire n’est pas en reste, rempli, comme pour le premier épisode, de “gueules” inoubliables.

Ce petit bijou d’insolence et d’impertinence se savoure d’autant plus que Michel Hazanavicius et Jean-François Halin ont réussi à éviter les écueils d’un numéro 2. L’évolution d’OSS permet des dialogues plus fins et transcendés de répliques savoureuses aujourd’hui cultes. Bourré de références cinéphiles (entre autres Vertigo, Dr. No, Sueurs Froides, La Mort aux Trousses …), un travail hallucinant a été fait pour recréer toute l’esthétique sixties : les vêtements, les coiffures, les décors, la musique et même les effets spéciaux old school ont tout du kitsch qui symbolise cette époque. Quant à la ville de Rio, nul besoin de la travestir, l’architecture d’Oscar Niemeyer fait tout le boulot à la place des décorateurs.

En évitant de resservir les mêmes ingrédients que pour le premier opus mais fourmillant de références intelligentes, Michel Hazanavicius a réussi à donner une ampleur comique rare à ce que l’on pouvait désormais appeler la saga OSS 117. La maîtrise du scénario et de la mise en scène lui permet d’aller très loin dans le politiquement incorrect sans que cela lui soit reproché. OSS 117, Rio ne répond plus est un vrai bol d’air frais, intelligent qui plus est, offrant à Jean Dujardin le rôle d’une icône du burlesque amené à traverser les années telle une référence en la matière.

La question que tout le monde se pose aujourd’hui, près de 6 ans après la sortie de Rio ne répond plus, c’est à quand OSS 117 3 ? Il a longtemps été question d’un scénario emmenant l’agent en Afrique à l’aube des années 80 sur fond de scandale des diamants de Bokassa. Aujourd’hui, le réalisateur pense se relancer « quand l’envie sera là et plus forte que pour d’autres films. Aujourd’hui, il n’y a pas de date prévue. Je pense que si on le faisait maintenant il serait trop proche des deux premiers. Le faire parce que les gens l’attendent n’est pas une bonne raison. Tout le monde attend tellement le thème frelaté de la «Françafrique» qu’il faudra trouver autre chose. Si vous faites ce que les gens attendent, ils sont très déçus. Ils ont la sensation qu’ils auraient pu le faire. » A Cannes, où il a présenté The Search en mai dernier, le réalisateur a confié qu’il « n’était pas du tout hors de question de refaire un OSS, mais pour l’instant il n’est pas dans les cartons. On aime tous ce personnage. Travailler avec Jean Dujardin est un gros plaisir. La seule personne qui est réellement indispensable à OSS 3, c’est Jean. Ce n’est pas moi qui ai les clés. » Jean, si tu nous lis…

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

2 Responses

  1. voila que nous sommes bien en accord. Et le best of des répliques à la fin pour avoir un peu de nostalgie. 😉

    • Marine Bienvenot

      « Pourchasser un nazi avec des juifs ? Quelle drôle d’idée ! » Merci copain de moi, des bises

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