Big Little Lies, femmes au bord de la crise de nerfs

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Adapté du livre éponyme de l’auteure australienne Liane Moriaty, Big Little Lies est présentée cette semaine au Festival Séries Mania et diffusée sur OCS. Produite par ses deux actrices principales, Nicole Kidman et Reese Witherspoon, elle a connu un succès public et critique, réussissant à maintenir le suspense sur son épilogue jusqu’à son dernier épisode. Voilà 5 bonnes raisons de se précipiter sur cette série aussi tragique qu’explosive.

 


Si vous avez manqué le début : Retour sur les jours qui ont précédé un crime commis lors d’un gala de bienfaisance dans la ville huppée de Monterey, en Californie. Trois mères de famille se lient d’amitié à la sortie de l’école de leurs enfants.


Pour ses 5 portraits de femmes bouleversants

Big Little Lies, c’est avant tout une histoire de femmes et d’actrices. De cinq actrices de différentes générations aux parcours différents qui, toutes, endossent ici un rôle de mère de famille. Il y a l’hyperactive Madeline (Reese Witherspoon), qui se mêle toujours des affaires des autres, Celeste (Nicole Kidman), l’ancienne avocate aujourd’hui femme au foyer, Renata (Laura Dern), la businesswoman, Bonnie (Zoë Kravitz), la professeure de yoga bobo… et puis il y a Jane (Shailene Woodley), mère célibataire sans emploi, nouvellement arrivée dans la petite ville côtière et dont l’arrivée va tout chambouler.
Autant d’archétypes que les épisodes vont petit à petit chercher à déconstruire, pour au final livrer une série de portraits de mères déboussolées particulièrement complexes.


Pour sa fine analyse de la violence

Dès le premier épisode, la violence est au cœur de la série. La fille de Renata a été agressée par un de ses camarades de classe le jour de la rentrée, et accuse Ziggy, le fils de Jane, que cette dernière pense innocent. Dès lors, la tranquillité apparente qui régnait à Monterey commence à se fissurer. La série explore toutes les facettes de la violence (sexuelle, domestique…) et ses conséquences, tout en s’interrogeant sur l’origine du mal. Elle va plus loin encore en montrant aussi, dans son épisode final, la violence au féminin. Une violence collective et cathartique qui prend des accents politiques et féministes. Big Little Lies s’interroge sur la moralité de ces personnages une fois qu’ils font appel à la violence pour changer le cours de leur vie…


Pour sa réalisation particulièrement soignée

Derrière la caméra, il y a Jean-Marc Vallée, réalisateur de l’inoubliable C.R.A.Z.Y. mais aussi plus récemment des excellents Dallas Buyers Club et Wild (dans lequel on trouvait déjà Reese Witherspoon et Laura Dern). Alternant une mise en scène mouvementée, faite de flashs ou de détails qui ne prendront sens que plus tard, et de scènes de dialogues (notamment au sein des couples) qui savent prendre leur temps, Big Little Lies fait peu à peu ressentir par sa réalisation une sensation d’étouffement qui prend à la gorge aussi bien les personnages que les spectateurs, malgré la beauté et la luminosité des décors.


Pour son suspense maintenu jusqu’au bout

Car dès les premières minutes de la série, on sait qu’un crime a eu lieu. Mais le scénariste David E. Kelley (Ally McBeal, The Practice) se garde bien de nous révéler trop rapidement qui en est la victime, qui en est le coupable et quelles en sont les raisons. Grâce à un malicieux montage qui fait s’entrechoquer les flashforwards et les interrogatoires des personnes présentes au gala le soir du meurtre avec le présent, Big Little Lies pique notre curiosité à vif jusqu’au dernier moment, et ce même si ce n’est pas là l’intérêt principal de la série.


Pour ses décors à couper le souffle

Au cœur du récit, il y a Monterey, cette ville huppée, nichée au bord de l’océan Pacifique, sur une petite péninsule au sud de San Francisco. Superbement filmé, ce décor de rêves aux plages de sable fin, aux falaises majestueuses, aux collines sur lesquelles se dressent des villas aux vues imprenables, est beaucoup trop beau pour être vrai, et ne fait que renforcer ce sentiment asphyxiant de superficialité trompeuse. Et comme un gimmick visuel entêtant ressurgit sans cesse le pont de Bixby Bridge, impressionnant ouvrage d’art en béton qui enjambe un canyon, aussi beau que dangereux, et propice à tous les fantasmes…

Souvent comparée (à Desperate Housewives pour ses personnages, The Affair pour son environnement ou La Gifle pour son élément déclencheur), Big Little Lies fascine par le romanesque de son récit et l’élégance de sa mise en scène, tout en confrontant le spectateur à des questionnements troublants sur l’origine de la violence et sa perpétuation.


 

 

Big Little Lies▪ Créé par David E. Kelley ▪ Avec Nicole Kidman, Reese Witherspoone, Shailene Woodley, Laura Dern … ▪ Diffusée sur OCS City ▪ 7 épisodes (55 minutes)

 

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Bandit des grands chemins, monteur de meubles IKEA à ses heures perdues, ayant un penchant pour les dames d’un certain âge (Meryl, Susan, Maggie, Julianne, je vous aime). Le ciné, la photo et l’art, voilà les trois choses qui font tourner mon monde, sans lesquelles j’aurais quelques difficultés à me lever le matin. « Les meilleurs films sont comme des rêves qu’on n’est pas sûr d’avoir faits ». À bon entendeur.

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