Blade Runner 2049 : A la recherche de l’humanité perdue

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Blade Runner 2049

Si vous avez manqué le début : Los Angeles, 2049. Blade Runner solitaire, l’officier K est en charge de trouver les réplicants qui refusent de se soumettre à leurs créateurs. Ses investigations vont le mettre sur la piste d’un secret qui pourrait changer à jamais l’équilibre fragile qui existe entre les humains et leurs créations.


Une cité ténébreuse et sans fin, ultra-technologique et hostile, balayée par les pluies laborieuses d’un climat foutu à jamais, comme pour signifier une civilisation incapable de contenir ses larmes face à son humanité perdue.

Une composition visuelle parfaite

Un monde aride en sentiment pour une distopie d’une richesse visuelle à se damner. De la première à la dernière scène des 2h44 de Blade Runner 2049, pas un signe ne serait-ce que d’une image en trop, un cadre un brin hésitant ou une séquence étirée sans raison. Merci à Denis Villeneuve qui, en plus de signer le digne successeur du Blade Runner de Ridley Scott, le fait entrer illico au panthéon de la science-fiction.

C’est que le réalisateur québécois sait s’entourer. A commencer par un géant parmi les maîtres de l’image, son directeur de la photographie Roger Deakins, dont on se flagelle par avance de ne pouvoir citer l’intégralité de sa filmo de rêve ici (Skyfall, Les noces rebelles, No country for old men…). Prenons aussi quelques lignes pour consacrer le duo Hans Zimmer et Benjamin Wallfisch qui composent une BO à la hauteur du travail de Vangelis en son temps. Des larsens de métal, des cuivres angoissants qui zèbrent la nuit, en symbiose parfaite avec cette image post-apocalyptique à couper le souffle.

L’humain au bout du rouleau

Dans Blade Runner 2049, l’humanité n’est plus en péril, elle a sombré depuis un bail. Raison pour laquelle leurs rares représentants de chair et d’os sont aussi limités que leurs émotions sont ténues. Robin Wright ne respire que pour sa niaque de chef de la police de Los Angeles. Jared Leto, industriel intouchable quasiment déifié, et partiellement robotisé, n’a plus rien d’humain. Quant à Harrison Ford, son honorable vieille carcasse de héros d’hier a été oubliée de tous… Blade Runner 2049 n’est pas leur aventure.

La quête absolue du vrai

Les vestiges de l’humanité sont à chercher parmi les créations des hommes, les réplicants nouvelle génération que l’on croit dociles et programmés pour servir. En héros mécanique, Ryan Gosling est le représentant d’une génération de synthétiques en quête de sens. Son épopée futuriste est celle du ressenti, du vrai, quel que soit la forme qu’il puisse adopter. De l’émotion aussi brute qu’une beigne en pleine poire ou douce comme quelques gouttes de pluie sur une main holographique qui semble prendre vie.

On laisse les persiffleurs pester contre le jeu soi-disant sans nuance de l’acteur (sic), là où Ryan Gosling devient en fait, le temps d’un film, le miroir parfait de nos propres émotions.

Victoire par K.O.

Blade Runner 2049 restera. C’est un édifice grandiose qui déchaine les éléments, ce qui reste encore de nature, sur une terre stérile. C’est le requiem de l’humain, riche de mille thématiques balayées dans un silence de tombeau.

Philosophique et glaçante, racée et dérangeante, l’aventure prend fin en laissant son lot de questions. Sur la nature de Deckard, notamment. Sur l’avenir des réplicants, aussi, que l’on prie déjà pour ne pas le voir se changer en un troisième épisode inutilement guerrier.

Mais qu’importe demain lorsque l’on est encore sous le coup d’une claque comme le cinéma en distribue trop peu ces temps-ci. Parce que, dans les salles obscures, il n’y a pas de meilleur sentiment que celui d’avoir été mis K.O.


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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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