Brie Larson ne craint personne

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© Austin Hargrave / The Hollywood Reporter

 

Quasi-inconnue en France, Brie Larson a raflé cette année le prestigieux Oscar de la meilleure actrice pour Room, où elle incarne une jeune mère séquestrée avec son fils des années durant. Une mise en lumière incroyable pour celle dont on vient d’annoncer, au Comic Con de San Diego, qu’elle rejoignait l’écurie Marvel pour y incarner, dès 2019, l’iconique Captain Marvel.

« Il m’a fallu vingt ans pour être ici, sur cette estrade, avec ce golden boy dans les mains. Mais je ne changerai rien à la carrière que j’ai eu. » A seulement 26 ans, Brie Larson a accueilli son Oscar de la meilleure actrice avec le soulagement d’une vieille briscarde qui croyait que cela n’arriverait plus. Il faut dire que quand on se retrouve à chanter sur la bande originale de Barbie et le cheval magique et que l’on sort un album de pop Avril-Lavignesque à l’adolescence, il est difficile, ensuite, de s’imaginer comme détentrice d’un Oscar.
Et pourtant, à ceux qui l’ont aperçue au cours des dix dernières années au détour de sketchs dans des shows télés, de seconds rôles savoureux dans des comédies piquantes ou de performances notables dans le cinéma indépendant, le sacre de Brie Larson n’a rien d’une surprise. Il ne pouvait qu’arriver.

Seconds rôles de premier plan

A six ans, Brie Larson en est sûre, elle est faite pour être actrice. Sa mère, fraichement divorcée, se dit que c’est l’occasion de plier bagage, direction la côte californienne. Le risque s’avèrera payant puisque Brie devient la plus jeune comédienne jamais admise au Conservatoire Américain de Théâtre de San Francisco. Reste le problème d’un nom de famille français, Desaulniers, parfaitement imprononçable pour le quidam américain. Les origines québécoises de la famille seront donc effacées au profit du nom d’une arrière grand-mère beaucoup plus passe-partout : Larson.
Il faudra néanmoins attendre 2009 et le rôle d’une adolescente en crise face à une mère schizophrène dans United States of Tara, une série de Diablo Cody produite par Steven Spieberg, pour que son nom commence à bourdonner aux oreilles d’Hollywood. Elle enchaîne alors les seconds rôles remarqués dans Greenberg, Scott Pilgrim, 21 Jump Street, Don Jon ou The Spectacular Now, démontrant une rare habileté à jongler entre la comédie et le drame, la petite production indépendante et la grosse machine à dollars. Ne restait plus qu’à trouver le rôle qui allait la faire passer au premier plan.


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État de grâce

Ce rôle, ce sera celui d’une éducatrice pour ados difficiles qui fait face à ses démons en s’occupant des leurs, dans le délicat States of Grace, du novice Destin Cretton. Lumineuse et bouleversante, l’interprétation de Brie Larson lui vaut de nombreux prix en festivals. Le film partage avec Room une sensibilité commune, une envie d’aborder les traumatismes d’une enfance sacrifiée avec force et subtilité.
Room justement, pour lequel Brie Larson s’est investie corps et âme, allant jusqu’à perdre une dizaine de kilos et rester à l’écart du soleil pendant plusieurs mois afin d’avoir le teint terne et cireux d’une personne qui n’a pas vu la lumière du jour depuis des lustres. Elle y est saisissante.
A l’image d’une Jennifer Lawrence, la seule avec qui elle partage les donuts des salles d’attente de photoshoots ou d’interviews, Brie Larson a su sauvegarder une image de girl next door bien dans ses pompes. Elle conserve un certain franc parlé sur la dureté du milieu, s’émerveille de rencontrer Meryl Streep ou Helen Mirren, troque les talons contre les Converses à la soirée post-Oscars, joue à la console, est fan de Star Wars, part en vacances avec Amy Poehler et Amy Schumer, sa partenaire dans le Crazy Amy de Judd Apatow, idolâtre Jean-Luc Godard, binge watch Game Of Thrones, documente sa vie comme tout jeune adulte sur Instagram, fabrique elle-même des livres de poésie, collectionne les vinyls et possède même son propre label de musique. Bref, Brie Larson est super cool.

Et après ?

Un pied dans chaque monde, flirtant comme elle l’a toujours fait entre le cinéma indépendant et les grosses productions, d’ici la fin de l’année on retrouvera Brie Larson dans Free Fire, une guerre des gangs dans le Boston des années 70 signée Ben Wheatley et où elle partage l’affiche avec Armie Hammer et Cillian Murphy, et Wiener-Dog, la suite du cultissime Bienvenue dans l’âge ingrat de Todd Solondz aux côtés d’autres égéries indés (Greta Gerwig, Julie Delpy et Zosia Mamet). Puis elle retrouvera Destin Cretton pour The Glass Castle, l’adaptation des souvenirs d’enfance, bohèmes mais compliqués, de l’écrivaine Jeannette Walls.
En 2017, c’est un nouveau challenge qui attend l’actrice : son premier blockbuster avec Kong : Skull Island. Succédant à Fay Wray, Jessica Lange et Naomi Watts, elle sera associée à Tom Hiddleston, John Goodman et Thomas Mann pour faire face à King Kong dans un prequel à l’histoire que l’on connait.

Angoissée, Brie Larson a peur que l’Oscar, et la notoriété qu’il apporte, la prive d’une certaine liberté. La jeune femme voudrait continuer à être libre de ses mouvements. On lui souhaite surtout de continuer à être libre de ses choix. En conservant cette exigence, cette fraîcheur et cette liberté, elle n’a rien à craindre de ce que l’avenir lui réserve.

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

One Response

  1. […] est une bonne année pour Brie Larson qui vient de remporter l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle de mère courage (en plus d’un Goldne Globe et d’un BATFA). Séquestrée dans […]

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