Catastrophe, une famille nucléaire

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PopAndUpCatastrophe
Ecrite à quatre mains, entre l’efficacité américaine et le second degré britannique, Catastrophe a conquis des deux côtés de l’Atlantique. Cette comédie romantique aux ressorts vachards et sans tabous, permet à Rob Delaney et Sharon Horgan de se faire un nom dans le milieu désormais très prisé de la comédie télévisuelle.

Si vous avez manqué le début : Un publicitaire américain profite d’un séjour à Londres pour prendre des cours de langue approfondi avec une irlandaise vivant dans la capitale anglaise. Six semaines plus tard, une chose en entraînant une autre, Rob quitte les Etats-Unis pour rejoindre Sharon, enceinte de leur enfant, en Angleterre et assumer leur « catastrophe ».

Un Américain, une Irlandaise, quelques nuits d’intenses folies de leurs corps et bim, quelques semaines plus tard, deux célibataires endurcis que tout sépare, notamment un océan, sont prêts à transformer ce qui pourrait être une « catastrophe » en un heureux événement. Ou du moins à essayer. A la manière des récentes Casual ou Master Of None, Catastrophe étudie les petits riens et les grands tout du quotidien d’un couple, entre grands sacrifices et petits bonheurs. Comme ses contemporaines, la série est une pure comédie, mais elle y accole aussi, et parfois malgré elle, l’adjectif « romantique » dont elle essaye de faire croire qu’elle se moque. Loupé.
En équilibre constant entre le rire, souvent trash, et l’émotion, toujours touchante, Catastrophe fait elle aussi dans la fausse-vraie rom-com, avec une authenticité et un cynisme qui la rend aussi attachante que You’re The Worst.

Sans gêne ni tabous

Mais après Master Of NoneYou’re The Worst, Crashing ou Love, des réussites du genre, comment Catastrophe évite-t-elle la redite ? Le fait qu’elle ait été créée en Angleterre, et plus particulièrement sur Channel 4, participe grandement à faire de la série une étonnante surprise. La chaîne, qui a lancé Queer As Folk, Skins, Misfits ou Utopia, laisse carte blanche aux auteurs, sans gêne ni tabous.
Ainsi, la collaboration entre Delaney, roi du stand-up à l’américaine et de la vanne calibrée en 140 caractères, et Horgan, scénariste adoubée par la comédie anglaise, alterne les vannes grasses à un rythme effréné, tout en agrémentant son récit d’interrogations tout sauf bateau.
La série est en effet d’un naturel désarmant au moment d’aborder la naissance d’un couple et la création d’un foyer, par deux quarantenaires peu enclins à la vie de famille.

Comédie tendre mais crue

L’alchimie entre les deux auteurs se prolonge face caméra. Ne s’épargnant rien des affres de la vie à deux, les futurs parents savent aussi être l’ultime rempart de l’autre face au scepticisme de leurs proches, réinventant ainsi leur manière de concevoir le couple et la famille à l’aune d’une grossesse impromptue. Cet amour vache, et l’ironie dont ils font preuve en permanence, sont finalement ce qui les protège de leur peur de l’engagement et d’une certaine forme de normalité.
Alors que cette révolution familiale entre en collision avec une mid-life crisis, Catastrophe se fait tendre, malgré des dialogues et des situations crus. C’est le paradoxe de cette comédie désarçonnante, où une écriture fluide et des gags imparables nous permettent de nous attacher à des personnages qui, eux-même, apprennent à s’aimer à l’écran.
Et si la « catastrophe » était finalement une malicieuse surprise du destin ?

 
PopAndUpCatastropheKiffance

 

Catastrophe ▪ Créé par Sharon Horgan & Rob Delaney ▪ Avec Sharon Horgan, Rob Delaney, Carrie Fisher … ▪ Diffusée sur Canal+ ▪ 6 épisodes (24 minutes)
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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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