Chorus : requiem pour les vivants

Classé dans : Cinéma, Le 140 | 0

PopAndUp140Chorus

Si vous avez manqué le début : Au Canada, la police convoque un couple divorcé pour le confronter au drame qui a causé la rupture.

Soit Christophe et Irène, séparés depuis dix ans, atomisés par la disparition inexpliquée de leur enfant. Tandis qu’il cuve sa solitude et son désespoir sur une plage du Mexique, elle se raccroche à ce qui lui reste de vie grâce à la pratique des chants sacrés. Jusqu’au jour où la police leur apprend qu’un petit cadavre a été localisé, vestige décharné d’un tueur pédophile dont les aveux tardifs viennent de redistribuer toutes les cartes de l’enquête. Alors ils se retrouvent, contraints et forcés, pour affronter la vérité, pour la comprendre, pour briser le silence cannibale de la culpabilité et de la rancœur qui n’ont jamais cessé de les dévorer.

Comme si ses personnages avaient dépassé le seuil de la souffrance humainement tolérable, comme pour se faire pardonner de leur infliger un tel calvaire, le réalisateur François Delisle leur offre l’unique remède à sa disposition : la beauté. Splendeur compassionnelle de cadrages en Cinémascope qui hissent vers le grandiose les environnement naturels, domestiques et architecturaux où ils évoluent ; flamboiement d’un noir et blanc nucléaire, aux contrastes si puissants qu’en sortant de la salle, on a durant quelques minutes l’impression que la réalité s’est elle aussi dépouillée de ses couleurs ; élan lyrique d’une mise en scène aux allures d’oratorio audiovisuel… Ou quand le cinéma déploie ses sortilèges pour sublimer la douleur.

Policier tendu à craquer par sa structure en puzzle, tragique par sa marche vers l’inéluctable, déchirant par sa maturité émotionnelle, Chorus laisse d’ores et déjà son empreinte sur la saison 2016, mais aussi sur ceux qui, pour peu que les œillères de la médiatisation leur laissent un minimum de curiosité et de libre-arbitre, sauront  lui offrir leur temps, leur regard, et surtout leur cœur.

Top Tw3ets

 

 

 

 

 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laissez un commentaire