While we’re young : le péril djeun’s

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While we’re young, c’est la rencontre de deux planètes qui vivent d’ordinaire dans l’ignorance respectueuse l’une de l’autre. Celle des vingtenaires en pleine éclosion et celle des nouveaux quarantenaires dont les années folles ne sont (selon eux) quand même pas si loin. A l’écran, le couple de Naomi Watts et Ben Stiller se fait déstabiliser avec bonheur par l’énergie d’Amanda Seyfried et d’Adam Driver (le weirdo de Girls), les néo-bobos-yolo, galériens bohèmes flamboyants, à la philosophie récup pleine d’entrain, et admiratifs de leurs ainés. Des crèmes, quoi. Se pourrait-il que les quarantenaires soient tombés sur une fontaine de jouvence ? A moins qu’il ne s’agisse d’un mirage urbain en plein Manhattan…

Noah Baumbach, roi de l’indé US

Avec Spike Jonze, Wes Anderson et Sofia Coppola, Noah Baumbach (Frances Ha, Greenberg) fait indiscutablement partie du club des réalisateurs indés qui comptent. Depuis Les Berkman se séparent, son écriture et sa mise en scène n’ont cessé de redoubler d’habileté pour tisser et décortiquer les relations humaines. Comme ça. L’air de rien. Alors, quand il s’attaque au choc des générations avec While we’re young, ce n’est certainement pas pour glorifier les uns ou diaboliser les autres. Même si son histoire est contée du point de vue du couple Watts/Stiller, Baumbach ne prend pas partie, trop conscient que la complexité humaine ne saurait se ranger dans des petites boites préfabriquées. Baumbach sait balayer devant sa porte. Dehors les archétypes des jeunes vivotant comme portés par les vents ! Oust le cliché du couple d’aînés égocentrés ! Pas de ça ici. Les deux jeunes sont-ils authentiques dans leur démarche intellectuelle ou plus roublards qu’ils ne le voudraient ? Les deux « vieux » sont-ils seulement des nostalgiques qui refusent de grandir ?

While we’re young se dévoile aussi riche que la palette de ses personnages. Il est plusieurs films en un, à la fois comédie qui sait rire des conséquences d’une séance de hip hop et miroir de l’âme qui interroge le temps qui passe. A quel moment sommes-nous devenus ceux que nous sommes devenus ? Aussi divertissant que finaud, cette nouvelle pépite du réalisateur de Frances Ha est la bouffée d’air bienvenue qui ventile in extremis un mois de juillet de cinéma trop moribond. Yippie !

taux de kiffance while we're young

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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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