Cocoon, retour à la maison

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Dix ans après ses débuts avec Morgane Imbeaud, Mark Daumail réveille, seul, Cocoon, son échappée belle folk. Ce qui ne l’a pas empêché de particulièrement bien s’entourer.

 

Cela faisait quatre ans que nous n’avions pas entendu Cocoon. Du moins en dehors des multi-diffusions de « Chupee », « On My Way » ou « Comets », tubes incontestés qui squattent radios, playlists et clips publicitaires depuis une décennie. Oui, déjà. En 2012, éreintés par les tournées à répétition, Mark et Morgane décident de mettre Cocoon en stand-by, pour se ressourcer et tenter de nouvelles aventures sans l’autre.
Morgane forme deux autres groupes avec lesquels elle sort des E.P, Peaks et Un Orage, puis s’attelle à l’écriture d’un compte musical, Les songes de Léo, en collaboration avec Jean-Louis Murat. Mark, quant à lui, à des envies d’electro et sort en 2014 Speed Of Light, son premier album solo, résolument pop.
Il s’installe à Bordeaux et devient l’animateur d’une émission de radio consacrée aux chansons les plus tristes jamais écrites, fort justement intitulée Melancholia. Et puis la vie, comme elle le fait souvent, vient lui rappeler qu’elle n’est pas toujours un long fleuve tranquille.

La musique comme cocon

Si la marque de fabrique de Cocoon sur ce nouvel album reste une folk easy-listening, mignonne et légère (bien que très travaillée), la genèse de Welcome Home n’a, elle, rien de joyeux. Mark a trouvé refuge dans son « cocon » au moment où son fils, nouveau-né, passe six mois à l’hôpital après la découverte de malformations cardiaques.
Accompagné de sa guitare, le seul instrument qu’il peut y apporter, il se met à composer des ritournelles simples pour rassurer son fils et égayer le quotidien des familles et du personnel hospitalier. « I Can’t Wait », « Miracle » ou « Get Well Soon » sont paradoxalement les chansons les plus gaies qu’il ait jamais écrite, comme pour conjurer le sort, tandis que « Legacy », tendre déclaration sur l’héritage vous embrumera probablement un peu les yeux.
Par la force des choses, le son acoustique de Cocoon s’est réimposé de lui-même et Mark Daumail ne se voit pas sortir les chansons sous un autre nom. Morgane Imbeaud, prise par ses nouveaux projets et trouvant les morceaux trop personnels, donne son accord à l’utilisation du nom et Mark peut alors, une fois son fils hors de danger, enregistrer ce qui sera le troisième album de Cocoon, Welcome Home.

Résilience

Porté par l’envie d’une folk à l’américaine, pure et authentique, Mark se rend à Richmond en Virginie et s’entoure de Matthew E. White à la production, un messie soul enchanteur, et de Natalie Prass, dont la voix légèrement rétro apporte une touche féminine aux mélancoliques « Retreat » et « Watch my Back », en l’absence de Morgane.
L’album n’en est que plus mature, plus travaillé, avec des touches de cuivres et de gospel (« Middle Finger »), de cordes (« Grandaddy ») et d’americana (« Cross ») qu’on ne connaissait pas à Cocoon. Welcome Home ressemble ainsi plus à l’album d’un collectif qu’à celui d’un seul homme.
Les peintures d’Esther Pearl Watson, qui accompagnent joliment chaque chanson du disque, ne font que renforcer ce sentiment. Tout comme les morceaux de Mark Daumail, elles donnent l’impression d’une atmosphère faussement naïve et participent à faire de Welcome Home une oeuvre lumineuse, attachante et délicate. Ecrite dans l’épreuve, elle marque un retour au bercail forgé dans le sentiment le plus noble qui soit : la résilience.


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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

One Response

  1. […] Relire notre critique de l’album ici.  […]

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