Coup de Kurt pour Cobain : Montage of Heck

Classé dans : Le 140, Musique | 0

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Un blondinet en culottes courtes se la donne sur sa guitare en plastique, avec toute l’insouciance de ses trois ans. « I’m Kurt Cobain » lance la bouille d’ange, tandis qu’un All Apologies de boîte à musique s’émerveille de ses jeux d’enfants. Le réalisateur Brett Morgen a fait très fort. Cobain : Montage of Heck est une plongée dans l’intime d’un écorché vif dont le génie n’a d’égal que le mal de vivre. Et c’en est bouleversant.

Des archives jamais vues

Il aura fallu huit ans à Brett Morgen pour rassembler des trésors de vidéos personnelles sur le leader de Nirvana. Des dessins d’enfants aussi, sa multitude de carnets de notes, raturés dans tous les sens au fil des ans… Et puis il y a les témoignages de ses proches : sa mère flippée, sa sœur en retrait, son père démissionnaire, Krist Novoselic bien sûr, son ami bassiste et cofondateur du groupe, la tornade Courtney Love… Une matière première d’exception qui aurait pu ne rien offrir entre les mains d’un autre que Brett Morgen, mais le documentariste a compris Cobain et sa fragilité. Il donne vie aux calepins de l’icône grunge, adoucit ses titres cultes ou, au contraire, les laisse exploser tel qu’ils ont ébranlé à jamais le rock des années 1990.

Un cri de douleur

Petit à petit, le monstre mythologique qu’est Montage of Heck prend corps. Il touche au plus près de la vérité de Kurt Cobain. Protecteur, Brett Morgen croque le portrait de ce gamin embarrassé par le divorce de ses parents, trimballé d’un membre à l’autre de sa famille comme un pestiféré (bonjour culpabilité et sentiment de rejet) et dont la musique sera l’ultime refuge, le journal intime d’un ado qui révèle déjà des idées très noires. Un mal lui ronge déjà les entrailles. Des douleurs à l’estomac si violentes que Kurt ne trouve le soulagement que dans l’héroïne.

Si la voix de Kurt rugit, la notoriété de Nirvana crie plus fort encore. Trop fragile pour la célébrité. Trop atteint par les critiques aussi, et par les immersions de la presse dans sa vie privée tandis qu’il met le turbo pour fonder une famille avec Courtney Love. Montée en flèche de sa paranoïa. Et soudain, cette phrase tant redoutée, raturée sur un nouveau cahier : « Nothing gonna save me goes without saying » (« Rien ne saurait me sauver, ça va sans dire. », en VF). Fin de Kurt Cobain et début de sa légende. Ce documentaire se révèle absolument indispensable pour en saisir toutes les nuances. Un travail de titan.

Ne perdez pas une minute. Checkez tout de suite la liste des salles de ciné qui diffusent Cobain : Montage of Heck, ce soir, lundi 4 mai, à 20h, dans plus de 100 salles en France.

 

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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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