Crashing, crush anglais

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Découverte au festival Séries Mania, Crashing est une comédie trash so biritsh dont l’avenir est aussi incertain en Angleterre que de nôtre côté de la Manche. Comme elle ne sera probablement jamais diffusée en France, mais qu’on l’adore, et ben on vous en parle quand même.

Si vous avez manqué le début : Amis d’enfance et plus si affinités, Lulu et Anthony se retrouvent après des mois de séparation. Le jeune homme, sur le point de se marier, vit en tant que gardien dans un hôpital désaffecté avec plusieurs autres twenty something, histoire d’économiser un peu d’argent et d’appréhender la vie en communauté. Lulu se joint bien vite à la petite bande…

Il n’y a pas si longtemps que ça, on vous parlait des prêtresses du rire à l’américaine, ces femmes qui n’hésitent plus à allier comédie et féminisme à la télé. Et bien, si l’on cherchait leurs équivalentes britanniques, on trouverait dans le trio de tête, aux côtés de Sharon Horgan (Catastrophe, à découvrir sur Canal+ le 22 juin 2016) et Jessica Knapett (Drifters, toujours inédit en France), Phoebe Waller-Bridge, la créatrice-scénariste-actrice de Crashing.
Déconfite par la pauvreté des rôles féminins à la télévision, l’actrice, aperçue dans Broadchurch, a décidé de se créer des rôles sur mesure. Il y eu d’abord Fleabag, rôle-titre de son one-woman show féministe et grande gueule sur les déboires d’une actrice (qui lui a valu le surnom d’Amy Schumer anglaise), et aujourd’hui Lulu, vingtenaire excentrique au grand coeur, dans sa propre sitcom : Crashing.

Friends post-crise

Engagés par la ville pour entretenir des bâtiments publics laissés à l’abandon contre un loyer modéré, les membres de la petite bande de Crashing (qui signifie squatter dans la langue de Shakespeare) ont tous un grain. Il y a le BFF romantique mais casé, la meilleure amie délurée mais au fond peu sûre d’elle, la fiancée control freak mais attachante, le gay timide, le tombeur déchaîné en plein deuil, la frenchie artiste borderline et le quinqua dépressif.
Sorte de Friends post-crise, Crashing est une comédie irrévérencieuse, parfois proche de l’hystérie mais qui s’avère touchante en abordant la figure pourtant rebattue du triangle amoureux. Car, dès le premier épisode, on en est sûr : Lulu et Anthony, malgré leur jeu malsain de « cap ou pas cap », sont faits l’un pour l’autre. Hilarante et décomplexée, Crashing sait aussi vous cueillir par surprise, au détour d’un moment doux amer ou d’une émotion désarmante de sincérité.

No filter

La force d’écriture de Waller-Bridge réside dans sa capacité à attendrir, derrière la gaudriole et les imbroglios burlesques où le fou rire est impossible à réprimer. Malgré la gêne (la tragédie des gens qui essayent à tout prix d’être parfaits selon l’auteure), Crashing réussit à nous rendre évident l’amour entre ses deux héros, bien trop rongés par la peur pour s’avouer leur réels sentiments.
Féministe convaincue, Phoebe Waller-Bridge envoie valser les relations impossibles d’une simple idée : et si l’amour était par essence versatile ? Elle joue avec les stéréotypes, inversant le rapport dominant-dominé, épinglant la sexualité masculine et l’inconstance des sentiments, chez l’homme comme chez la femme.

En n’ayant ni totalement convaincu, ni totalement déçu outre-Manche, l’avenir de Crashing est dans le même état que ses personnages à la fin de la courte première saison : incertain. Phoebe Waller-Bridge, elle, a déjà choisi sa prochaine héroïne. Ce sera Fleabag, dans l’adaptation de son spectacle prévue en 6 épisodes, courant 2016, sur BBC Three. Quant à nous, on est déjà en train de voir si on peut pas sous-louer la caserne où l’hôpital voisin.

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Crashing ▪ Créé par Phoebe Waller-Bridge ▪ Avec Phoebe Waller-Bridge, Jonathan Bailey, Julie Dray, Damien Molony … ▪ Diffusée sur Channel 4 (Angleterre) ▪ 6 épisodes (24 minutes)
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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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