Crimson Peak : maison et sentiments chez Guillermo del Toro

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Si vous avez manqué le début : Début du XXe siècle, dans la bonne société de Buffalo, New York. Edith, une fraîche romancière qui a la fâcheuse, si ce n’est flippante, tendance à voir des spectres depuis qu’elle est haute comme ça, tombe sous le charme d’un lord anglais de passage… Et aux intentions nettement moins nobles que son titre.

N’en déplaise à sa bande-annonce, qui insiste sur les apparitions spectrales, les couloirs glaçants et la terreur de Mia Wasikowska, Crimson Peak est bien plus une romance gothique matinée de surnaturel que le film d’épouvante et de maison hantée que l’on pouvait légitimement en attendre. Même si, maison hantée, il y a, c’est certain. Et que la bâtisse, pensée du sol au plafond par le réalisateur Guillermo del Toro en personne, est une merveille de déconfiture et de vieille noblesse sombrant inexorablement dans une terre couleur sang.

Crimson Peak, c’est la chapelle Sixtine de Del Toro, un film-cathédrale étourdissant de raffinement dans ses décors, ses costumes, ses lumières, surchargé de détails, comme un hommage reconnu à la flamboyance du travail de Mario Bava.

La romance avant l’horreur

Un écrin glorieux dans lequel le réalisateur de Hell Boy livre une histoire de cœur tortueuse. Mia Wasikowska est la lumineuse Edith, belle amoureuse qui emporte sa part de cauchemar avec elle, là-bas, dans ce manoir grinçant, elle qui voit des morts (presque) partout. Comment aurait-elle pu résister à ce lord acculé ? Tom Hiddleston est l’incarnation du charme, enjôleur aux yeux de velours, perdu entre un devoir familial qui commence à lui peser et la grâce de sa promise. Leur trouble réciproque est l’une des forces du film.

Le hic, c’est que lorsque le fameux manoir d’Allerdale se profile enfin à l’horizon, arrivé à mi-film, ses trésors de décrépitudes restent trop sagement au second plan. La maison et sa poésie macabre sont de chaque pièce, sans jamais devenir un personnage à part entière. On l’aura compris, pour Del Toro, il y a plus à craindre des vivants que de ses amis les fantômes. Le danger, on le sent venir, et un peu trop vite, du côté de cette sœur réfrigérante campée par Jessica Chastain. Au final, le scénario se révèle trop sage, et surtout trop conventionnel par rapport au raffinement visuel qui nous envoute dès les premières minutes… A défaut de nous terroriser, véritablement. Le labyrinthe de Pan restera donc le chef-d’œuvre inégalé du réalisateur mexicain.

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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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