Fantastic Birthday, teenage dream

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Si vous avez manqué le début : Alors qu’elle vient d’emmenager avec sa famille dans un pavillon en banlieue d’une grande ville australienne, Greta, une adolescente de 14 ans réservée et solitaire, tente – avec quelques difficultés – de se faire des amis dans son nouveau collège. C’est sans compter sur ses parents qui décident d’organiser contre son gré une fête pour son quinzième anniversaire…


Depuis plusieurs années qu’ils travaillent ensemble au sein du Windmill Theatre à Adelaide, dans le sud de l’Australie, la metteuse en scène Rosemary Myers, le scénographe Jonathon Oxlade et le scénariste Matthew Whittet ont construit un univers théâtral singulier, adolescent et onirique. Ils adaptent une série de contes initiatiques célèbres, de Pinocchio au Grand méchant Loup, en passant par Le Magicien d’Oz. Avec Fantastic Birthday, présenté au Festival de Berlin et tout juste récompensé du prix du meilleur film de l’année par la critique australienne, ils signent à six mains leur premier long-métrage.

Coming of age movie

Avec Fantastic Birthday, Rosemary Myers transpose son univers joliment décalé de la scène à l’écran et livre une fantaisie adolescente sur la peur d’entrer dans l’âge adulte. Au cœur d’un univers délicieusement rétro (pour ne pas dire ringard) fait de décoration intérieure kitsch, de tenues criardes et de coiffures improbables, se trouve Greta (Bethany Whitmore), jeune fille introvertie, qui débarque dans un nouveau collège en banlieue d’une grande ville. Dès son arrivée, elle fait la rencontre d’Elliott, gentil looser aussi intrusif que bavard, et particulièrement enthousiaste pour tout et n’importe quoi (le jeune Harrison Feldman qui fait ici des débuts au cinéma particulièrement prometteur).
Autour de cet attachant duo gravite une série de personnages secondaires complètement loufoques que la réalisatrice dépeint avec autant d’ironie que d’affection. Notamment les trois pimbêches du collège (dont deux jumelles plutôt impressionnantes de par leur taille) auxquelles Greta refuse son amitié et qui le lui feront payer.

Une mise en scène soignée

Détournant avec beaucoup de malice les clichés des teenage movies, Fantastic Birthday prend le parti, pour souligner l’originalité de son ambiance, d’une mise en scène particulièrement soignée qui n’est pas sans faire penser à celle des films de Wes Anderson : cadrages parfaitement symétriques, champ-contrechamp frontal, travellings affirmés. Sans parler de ces saynètes absurdes qui se déroulent au second plan et viennent apporter un degré d’humour supplémentaire au film. Autant de partis pris, non plus de mise en scène mais de mise en image, qui prouvent que les trois créateurs ont su s’approprier un langage qui n’est à l’origine pas le leur, et grâce auquel ils orchestrent un univers métaphorique bien à eux.

Avec ce récit à mi-chemin entre la comédie et le conte, les trois compères réussissent élégamment leur passage du théâtre au cinéma et signe un premier film libre et surprenant, placé sous les auspices de Michel Gondry et Spike Jonze dont ils se réclament.


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Bandit des grands chemins, monteur de meubles IKEA à ses heures perdues, ayant un penchant pour les dames d’un certain âge (Meryl, Susan, Maggie, Julianne, je vous aime). Le ciné, la photo et l’art, voilà les trois choses qui font tourner mon monde, sans lesquelles j’aurais quelques difficultés à me lever le matin. « Les meilleurs films sont comme des rêves qu’on n’est pas sûr d’avoir faits ». À bon entendeur.

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