Gilmore Girls, retour à Stars Hollow

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Netflix ramène Gilmore Girls à l’antenne pour le week-end de Thanksgiving. De quoi lui en être éternellement reconnaissant. On en profite donc pour se retourner avec nostalgie sur notre adolescence, l’Amérique fantasmée de Stars Hollow et le débit mitraillette de Lauren Graham.

Il se peut que, adolescent au début des années 2000 et malgré une diffusion française chaotique, vous ayez développé une addiction pour Gilmore Girls aussi forte que celle de Lorelai pour le café. Il se peut que, dix ans après l’arrêt de la série, l’idée d’un retour à Stars Hollow soit la plus réconfortante d’une année où Donald Trump et François Fillon risquent de se claquer la bise au prochain G20, et où Prince et David Bowie créent des chefs d’oeuvre que nous n’entendrons jamais au paradis. Une année où Gilmore Girls porterait, plus que jamais, son statut de série-doudou aussi réconfortante que généreuse. Chantre de la bienveillance et du vivre ensemble, que la série fasse son retour au moment où la société américaine n’a jamais parue aussi divisée, a quelque chose d’à la fois ironique et apaisant.
Après avoir ressuscité Arrested Development ou bien encore La fête à la maison, Netflix permet en cette fin d’année à Amy Sherman-Palladino, sa créatrice injustement virée juste avant l’amère dernière saison, de donner une conclusion digne de ce nom à Gilmore Girls.

Les quatre saisons de la nostalgie

A Year in the Life, le nom de code de cette officieuse 8è saison, est composée de quatre épisodes d’1h30. Hiver, Printemps, Été, Automne, les quatre saisons de la nostalgie. Car s’il y a un adjectif pour qualifier Gilmore Girls, c’est bien nostalgique. De la petite ville en carton pâte aux habitants gentiment délurés, Stars Hollow est à deux doigts de la caricature mais acquiert finalement le statut de cocon.
Pour reprendre l’une des répliques de la série, devenue un mantra pour ses fans, « plus qu’une série, c’est un mode de vie, c’est une religion.«  Gilmore Girls, c’était un feel-good show qui a eu comme ambition principale pendant sept ans de nous faire suivre une relation mère-fille avec tout ce qu’elle comprend de challenges, d’incompréhensions, de joutes verbales et, surtout, de complicité. Aussi différentes qu’inséparables, Lorelai, mère célibataire à l’adolescence, en a gardé la fraîcheur, l’insouciance et un soupçon d’immaturité, tandis que Rory, sérieuse et appliquée, a passé son enfance à s’angoisser de son avenir. Malgré toute l’admiration qu’elle porte à sa mère, c’est la peur de reproduire les mêmes erreurs qui la guide.
Entre esprit, ironie, jeux de mots et références, leurs échanges font le sel de la série, bien aidés par l’énergie et le charisme de Lauren Graham et Alexis Bledel.

Mère/fille mode d’emploi

Féministe sans en avoir l’air, Gilmore Girls louait l’indépendance et l’esprit fulgurant de Lorelai, et mettait en avant l’appétit culturel et l’intelligence de Rory. Peu de séries auront réussi a aborder aussi frontalement et justement la relation mère/fille dans toute sa complexité.
Amy Sherman-Palladino en a aussi fait un bijou d’écriture dont les walk & talk presque sorkiniens sont la marque de fabrique. Voir les deux femmes déambuler, des bons mots plein la bouche, devant le vieux kiosque, le Luke’s Diner, la salle de danse de Miss Patty… aura été notre gourmandise préférée des années 2000.
Alors oui, on veut savoir si Lorelai et Luke sont enfin une affaire qui roule, si Rory a réussi dans le journalisme, si Sookie est toujours aussi maladroite, si les relations entre Lorelai et sa mère Emily se sont enfin pacifiées, si Rory choisira finalement Dean, Jess, Logan ou un autre … Mais ce que l’on espère surtout avec A Year in the Life, c’est voir Lorelai et Rory nous rappeler qu’une mère et sa fille peuvent être les meilleures amies du monde. Un café à la main, forcément, à parler aussi vite et aussi longtemps qu’elles le peuvent d’amour et de pop culture.


 

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