J.K. Rowling : Magie à tout prix

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J.K. RowlingJ.K. Rowling a enfanté un mythe littéraire qui s’est dédoublé en une saga de films à succès. Retour sur l’itinéraire ordinaire d’une anglaise extraordinaire qui compte désormais parmi les plus grandes fortunes du monde.

La vie de Joanne Rowling est pavée d’histoires de trains convergents vers une même gare, celle de King’s Cross, au cœur de Londres. Dans les années 1960, lorsque papa et maman Rowling se rencontrent, c’est dans le train qui les conduit de Londres à Arbroath, en Ecosse. Ils ont 18 ans et partent s’enrôler dans la Navy. Un an plus tard, ce sera aussi dans un train que Peter Rowling demandera la main de la mère de Joanne.

Les années passent. Joanne grandit un stylo à la main, remplissant des cahiers entiers de petites histoires, étudie la littérature française pour faire honneur aux origines de sa mère, hésite entre une carrière dans l’humanitaire ou le secrétariat. « Une énorme bêtise !, confesse-t-elle. Tout ce que j’aimais dans le travail de bureau, c’était le temps qu’il me laissait pour taper mes histoires quand tout le monde avait le dos tourné. » Le choix s’impose à elle en juin 1990, tandis qu’elle s’installe à bord du train reliant Manchester à Londres. Elle a 25 ans et sa vie s’apprête à basculer.

J.K. Rowling
3 février 2009. J.K. Rowling reçoit la légion d’honneur à l’Elysée… Et devient une poupée Barbie.

Sur de bons rails

Quand Joanne rencontre Harry pour la première fois, c’est sous la forme d’un flash. Une image s’impose à elle, celle d’un petit brun binoclard aux cheveux en bataille qui ignore qu’il est sorcier. Il s’appelle Harry Potter. « Jamais une idée n’avait engendré chez moi une telle excitation, explique-t-elle sur son site officiel. A mon immense frustration, je n’avais pas de stylo en état de marche, et j’étais trop timide pour en emprunter un à quelqu’un. Je pense aujourd’hui que ce fut une bonne chose, car je suis restée assise à réfléchir pendant quatre heures (le train a eu du retard), ce qui a permis à tous les détails de s’accumuler. » Le soir même, elle se lance dans l’écriture de l’introduction de ce qui deviendra L’école des sorciers, le premier tome des aventures de Harry Potter.

A la recherche d’un éditeur

Le 30 décembre 1990 est une date qui marque Joanne au fer rouge. Sa mère disparaît à seulement 45 ans. On comprend mieux que le destin de Harry, petit orphelin, tienne une telle place dans son cœur. La romancière prend ses distances avec l’Angleterre et part s’exiler un temps au Portugal. Lorsqu’elle rentre enfin au bercail – avec une fille (Jessica) et un divorce dans ses bagages –, le manuscrit n’est toujours pas achevé. Elle sait alors qu’entre l’éducation en solo de sa fille et les copies qu’elle aura à corriger si elle reprend l’enseignement, elle ne le terminera probablement pas. C’est maintenant ou jamais.

J.K. Rowling

Elle fait le tour des éditeurs, essuie refus sur refus jusqu’à retenir l’attention de Christopher Little, agent littéraire. Il a l’idée de changer Joanne en J.K. – un K pour Kathleen, sa grand-mère – se basant sur un sondage selon lequel les jeunes garçons ne seraient que moyennement partants pour acheter des livres écrits par une femme. Joanne devient donc J.K. Et, en août 1996, Little décroche le contrat qu’elle n’espérait plus chez Bloomsbury.

L’éclosion du phénomène littéraire

Le 26 juin 1997, la première édition de Harry Potter and the Pilosopher’s Stone est tiré à 5 000 exemplaires. Aujourd’hui, la saga littéraire en sept volumes dépasse les 450 millions d’exemplaires vendus à travers le monde, dont 28 millions en France (source : Gallimard Jeunesse/novembre 2016). C’est ce qu’on appelle un phénomène. Les romans comptent parmi les ouvrages les plus lus avec La Bible et Le petit livre rouge. Dans un registre plus proche, celui de la littérature (dites) pour enfants, même Le Petit Prince, l’un des plus gros succès en la matière, ne fait plus le poids.

« Lorsque j’ai commencé à écrire, je pensais qu’être publiée ce serait déjà pas mal, mais là, tout ce qui se passe est déconcertant. Je continue à m’étonner que mes histoires, qui reflètent pourtant la société anglaise, soient autant appréciées par les enfants du monde entier, qu’ils habitent en Floride ou en Estonie. » Si elle est désormais à la tête d’une fortune colossale (la première d’Angleterre, devant la Reine elle-même), Joanne Rowling est surtout parvenue à réaliser un tour de force incroyable : redonner le goût de la lecture aux plus jeunes. Et à une époque où les dérivatifs technologiques sont partout, il fallait vraiment que sa plume soit imprégnée de magie pour enchanter la planète à ce point.

J.K. Rowling
La romancière entourée de Daniel Radcliffe (Harry), Emma Watson (Hermione) et Ruppert Grint (Ron), lors de la première londonienne de Harry Potter et les reliques de la mort – Partie 2.

Harry Potter : les dates-clés

26 juin 1997 : Bloomsburry édite Harry Potter and the Philosopher’s Stone à 5 000 exemplaires. Les Editions Gallimard sont les premières à en acheter les droits pour une traduction.

Septembre 1998 : Edité aux Etats-Unis chez Arthur Levine aux éditions Scholastic, le roman devient Harry Potter and the Sorcerer’s Stone. La vente des droits atteint 100 000 dollars, la plus grosse somme pour un livre pour enfant.

2 juillet 1998 : Première publication de Harry Potter et la chambre des secrets.

8 juillet 1999 : Première publication de Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban.

8 juillet 2000 : Première publication de Harry Potter et la coupe de feu.

21 juin 2003 : Première publication de Harry Potter et l’Ordre du Phénix.

16 juillet 2005 : Première publication de Harry Potter le Prince de Sang-Mêlé.

21 juillet 2007 : Première publication de Harry Potter et les reliques de la Mort.

31 juillet 2016 : Harry Potter et l’enfant maudit, la pièce de théâtre de Jack Thorne, John Tiffany et J.K. Rowling, est jouée pour la première fois au Palace Theatre de Londres.


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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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2 Responses

  1. […] David Yates en a enfin fini avec cette vénération aveugle consistant à considérer les romans de J.K. Rowling comme des reliques […]

  2. […] que Dragonneau. M’enfin… Effectivement, l’univers est, comme toujours avec J.K. Rowling, complet, chatoyant et hyper original. En plus, il arrive à nous faire replonger dans celui de […]

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