Jack O’Connell, bientôt invincible

Classé dans : Cinéma, Introducing | 4

Jack O'Connell

© Francesco Carrozzini

 

Retenez-bien cette pose nonchalante et ce regard buté parce que s’il n’ont pas imprimés vos rétines cette année dans le nerveux Les Poings contre les murs ou le brûlant ’71, ce sera bientôt chose faite. Le jeune anglais de 24 ans sera en effet en janvier prochain la star du prochain film en tant que réalisatrice d’Angelina Jolie, Invincible. Pas mal comme marraine la bonne fée.

Une force de la nature ce Jack O’Connell. Un physique et un caractère taillés dans la roche et la bruine britannique. C’est qu’il faut pas lui en jouer à Jack The Lad, son surnom de petit banlieusard du centre de l’Angleterre passé pas loin des ennuis. Être dur il sait ce que c’est, c’était le passage obligé à Alvaston. Alors forcément ses premiers rôles sont ceux de petites frappes, de mauvais garçons. La facilité pour lui : « Je récolte ce que j’ai semé. J’ai toujours été limité dans les personnages qu’on me proposait, car je devais utiliser à mon avantage ce que les directeurs de casting attendaient de moi. J’ai donc commencé par jouer des jeunes en colère et violents. »

Jack The Lad

Et il commence plutôt bien en jouant Pukey Nicholls, skinhead des eighties dans la fresque identitaire This Is England. Il enchaîne avec le rôle d’un leader de bande hors de contrôle dans le très influencé Eden Lake. Bad boy toujours quand en 2009 il rejoint pour sa deuxième génération la bande de Skins, la série phénomène sur la face cachée de la jeunesse anglaise. Il y est Cook, brillant, fougueux, généreux et aimant qui se cache derrière un côté provocateur, irresponsable, dangereux et violent. Durant 2 saisons, on le suit en plein quête personnelle, toujours sur le fil, prêt à basculer vers le point de non-retour. Le rôle de sa vie en quelque sorte, lui qui avoue avoir assumé la position de dur dans sa jeunesse pour qu’on lui foute la paix, et n’avoir perdu le sentiment d’être qu’un moins que rien que grâce au théâtre.

 

+ jake o'connell

 

Double effet kiss cool

Une fois n’est pas coutume, la télévision lui ouvre les porte du cinéma et de ces productions typiquement anglaises qui font le tour des festivals et surprennent par leur côté réaliste et social. Les Poings contre les murs est de celles-ci. Sorti en juin dernier chez nous, Jack O’Connell y crève l’écran à coups … de poings. Il y est Eric Love, délinquant à peine adulte qui se retrouve pour la première fois dans une prison de grands et doit apprendre à contrôler ses pulsions de violence tout en apprenant à se faire respecter. Il y retrouve ce père qu’il n’a jamais connu qu’à travers les barreaux d’une cellule et qu’il ne cherche finalement qu’à impressionner. Ce rôle est assez symptomatique de ce qui transpire de Jack O’Connell, un physique de machine à frapper qui cache souvent une vulnérabilité et une propension à vouloir aimer et être aimer. Le syndrome de la caillera au coeur tendre, en somme. Outre une passade très dispensable dans la suite du peplum 300, c’est dans ’71 qu’on l’a retrouvé, un peu plus tôt ce mois-ci. Soldat britannique déployé puis abandonné par son unité dans un quartier de Belfast en proies aux heurts entre catholiques et protestants, il devient la cible des émeutiers membre de l’IRA. De tous les plans, O’Connell prouve qu’il peut porter un film sur ses épaules. Il a trouvé le réalisateur qui sublime sa dualité. Yann Demange mène son film tambour battant, ne laissant de minutes de répit à son protagoniste que le temps pour nous d’apercevoir la détermination de son regard à l’innocence presque perdue. De celui qui au fond ne cherche à survivre que pour retrouver son fils. Double face encore, dur en surface et fondant sous la carapace.

Et puis bientôt, il sera Louis Zamperini pour Angelina Jolie. Le rôle défi qu’il attendait depuis le début de sa carrière, le premier à 100% de composition. Celui d’un athlète américain engagé dans l’armée lors de la 2è Guerre Mondiale et dont l’avion se crashe en pleine mer. Il survit alors 47 jours sur un canot de fortune avant d’être capturé et séquestré en camp par l’armée japonaise. Ce rôle à de quoi le faire exploser à la face du monde et nous laisser, une fois de plus, K.O.

 

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

4 Responses

  1. […] haletants de l’année. La faute à une gueule en passe de devenir incontournable, celle de Jack O’Connell d’ores et déjà promis à un brillant avenir, et à une réalisation qui ne vous laisse […]

  2. […] Ken Loach pour en faire le nouveau visage du cinéma social anglais. Mais c’est finalement Invincible qu’il a décidé d’être devant la caméra d’Angelina Jolie en 2015. En espérant […]

  3. […] met en avant les révélations vouées à marquer le futur du cinéma et elle le partage avec Jack O’Connell. Y’a pire. A partir de là, tout s’enchaîne. Le trio Roman Coppola – Jason […]

  4. […] Jodie Foster▪Avec George Clooney, Julia Roberts, Jack O’Connell…▪Durée : 1 h […]

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