Joséphine Japy, à perdre haleine

Classé dans : Cinéma, Introducing | 1

joséphine japy © Paul Rousteau

© Paul Rousteau

Pour tout ceux qui l’ont aperçue, blonde et pimpante en France Gall dans Cloclo, parier sur Joséphine Japy n’a rien d’une gageure. Pour ceux qui viennent de la découvrir, portant sur ses frêles épaules le Respire de Mélanie Laurent, encore moins. Elle y interprète Charlie, adolescente réservée, silencieuse, observatrice, trop peut-être, qui se perd dans une amitié destructrice. Une carrière vient de s’ouvrir à elle, pleine de promesses à 20 ans à peine. Elle en rêve depuis l’âge de 7 ans, déterminée à faire du jeu son métier après avoir vu La Mélodie du Bonheur et pensé que sa vie ne pourrait plus jamais être aussi belle à la fin d’une représentation de théâtre scolaire.

Une tête bien faite

Il y eut Les âmes grises à 10 ans, où la prestance de Jean-Pierre Marielle l’impressionne, Neuilly sa mère ! à 14, qui la familiarise avec le succès, puis Le Moine à 17, qui lui offre une première pré-nomination au César du meilleur espoir féminin, parrainée par Vincent Cassel.
Dix ans de carrière et seulement 4 films, vous entends-je déjà ? Joséphine, la tête sur les épaules, considère que pour nourrir son métier et ses personnages elle doit apprendre. Ce sera Sciences Po Lyon, où elle retourne passer ses partiels au lendemain de la présentation cannoise de Respire, et Sciences Po Paris l’an prochain si elle a le concours : « Je sais que cela paraît incompréhensible à certains mais le cinéma est un art de la vie, de la politique, de l’économie et de l’histoire. Un art complet. Mes études nourrissent donc mon métier de comédienne. Et je veux garder cet équilibre. » Une tête bien faite on vous dit.

 

joséphine japy

 

A bout de souffle

Puis vint Respire. Mélanie Laurent dit qu’elle avait une photo de Joséphine Japy et de Lou de Laâge sur son bureau durant l’écriture du scénario. Si ce n’était pas elles, ce ne serait personne. Sans la pression d’être choisie, il restait tout de même celle d’assurer, de rendre la confiance que la néo-réalisatrice avait placée en elle. Le parallèle entre les deux jeunes femmes est d’ailleurs frappant tant il apparait évident que Respire aura le même impact sur la carrière de Joséphine Japy qu’a pu avoir Je vais bien, ne t’en fais pas sur celle de Mélanie Laurent. Du moins on le lui souhaite. En attendant un certain soir de février et la scène de Châtelet, le futur s’appelle d’ores et déjà Paris-Willoughby, road-movie où elle incarnera Lucie, membre d’une famille recomposée qui part sur les routes pour se rendre à l’enterrement de leur grand-père. Elle y retrouvera Isabelle Carré, sa mère dans Respire, et jouera aux côtés de Stéphane de Groodt et Alex Lutz. Y’a pire.

Ce premier grand rôle sera en tout cas à n’en pas douter une étape charnière pour la jeune femme. Charlie c’est un rôle éprouvant à jouer, intense et nuancé. C’est ce qui rend touchant cet être si fragile broyé par un autre terriblement malheureux. Charlie angoisse, encaisse et c’est grâce au travail de Joséphine que l’on subit cette oppression, elle qui a aucun moment ne tombe dans la facilité ou la caricature. Contrastée, son interprétation marque les esprits par sa puissance sourde et ses silences assourdissants. De celles qui restent longtemps, comme ce dernier regard qu’elle vous lance à travers l’écran, à bout de souffle.

 

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

One Response

  1. […] porte dès lors les stigmates d’une actrice qui respire (sans mauvais jeu de mots) l’intelligence, que ce soit dans ses choix, mûrement réfléchis et rares, ou dans sa manière d’aborder […]

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