Júníus Meyvant, la confirmation islandaise

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Júníus Meyvant est une révélation. Une révélation qui ne fait que confirmer la bonne santé de la scène musicale islandaise. Le jeune homme, en ce début d’hiver, réchauffe les coeurs de sa soul ravageuse. Faut dire que le froid, ça lui fait pas peur.

Décidément, le nombre de talents au kilomètre carré est inversement proportionnel aux températures en Islande. A croire que ce sont les cendres volcaniques de l’Eyjafjallajökull qui déposent, depuis 2010, ses troubadours locaux sur l’Europe et le monde. Si Björk, Sigur Rós, Barði Jóhannsson ou Emilíana Torrini avaient ouvert la voie, force est de constater que l’exportation de musiciens islandais s’accélère avec les succès d’Ásgeir, Of Monsters & Men, Kaleo ou du compositeur Ólafur Arnalds.
L’Islande, terre de contraste, de feu et de glace, et désormais aussi, clairement, de musique. On vous présente aujourd’hui le petit dernier de la liste, Unnar Gísli Sigurmundsson (à vos souhaits). Vous pouvez l’appeler Júníus Meyvant.

Joueur du grenier

Né dans les îles Vestmann, un archipel isolé au sud de l’Islande, la logique eut voulu qu’Unnar se lance dans la musique dès le plus jeune âge pour poursuivre une tradition familiale. Frères, père, mère, oncles, tous jouent d’un instrument ou chantent. Lui choisit la peinture (il est l’auteur du tableau qui orne la pochette de Floating Harmonies, ce premier album), peut-être par esprit de contradiction. Par envie d’explorer de nouveaux horizons, il ne fait un temps qu’un avec son skateboard. Mais les compétitions sur le sol islandais se faisant aussi rares que les températures supérieures à 15°, il lui faut bientôt passer à autre chose. À 20 ans, il se laisse tenter par une vieille guitare traînant au grenier et réalise que ses envies d’art et d’évasion trouvent une réponse dans la musique.  

Genius Meyvant

La musique de Júníus Meyvant est généreuse et nostalgique. A son écoute, on voyage si loin de la nuit infinie de l’hiver islandais qu’on arrive sur les plages californiennes des années 70. Siamois scandinave de James Vincent McMorrow et RY X pour la folk délicate, et de Sam Cooke et Otis Redding pour le groove velouté, la musique du Viking réchauffe, cajole, habitée par une âme simple mais passionnée. L’album s’appelle Floating Harmonies et rarement titre aura aussi bien symbolisé la musique qu’il défend.
Júníus Meyvant ne se cantonne jamais à un seul genre, à un seul style. Tantôt rétro sur « Neon Experience », tantôt délicat sur « Domestic Grace Man », oscillant entre le funk cuivré de « Mighty Backbone » et la folk sensible de « Pearl In Sandbox », il donne une leçon de groove et de classe. Il en appelle même à Burt Bacharach sur « Be A Man », un instrumental cinématographique en diable.
« Color Decay », avec sa cascade de cuivres, a été élue chanson de l’année et Júníus Meyvant Révélation à suivre lors des Victoires de la musique islandaise, une trajectoire qui nous rappelle celle de Matt Corby en Australie. Aux antipodes géographiques, leurs musiques se répondent dans un écho tellurique. 

De sa terre volcanique, cet islandais barbu nous envoie une soul céleste et chaleureuse. On est pas loin d’en faire un petit génie. Son (premier !) album est si riche et généreux, qu’on le désigne sans hésitation comme l’un des tous meilleurs de l’année.


 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

2 Responses

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