La vie d’Adèle : faites l’amour, pas la guerre

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LaVieDadeleIntroPopUpAlors comme ça, une association de catholiques intégristes, qui prônait le bûcher pour La vie d’Adèle depuis deux ans, est parvenu à ses fins en faisant suspendre son visa d’exploitation ? Conséquences de quoi, le film d’Abdellatif Kechiche – accessoirement Palme d’Or 2013 -, ne peut plus être diffusé ni à la télé, ni en VoD, ni en DVD et encore moins dans une salle de ciné, bien sûr.
Puisque l’heure est à la profession de foi, Pop’Up tenait à confirmer le tourbillon de sentiments qui nous habite face à ce cinéma qui nous transporte et nous terrasse. En souhaitant encore une belle et longue vie à Adèle.
Si, vous aussi, vous aimez La vie d’Adèle, faites entendre votre voix en nous disant ce qui vous a touché.

Extase. [n. f.] Etat de joie et d’admiration extrêmes, causé par quelqu’un ou quelque chose qui absorbe tout autre sentiment. Etat mystique privilégié où l’âme s’unit directement à Dieu. Etat de jouissance… Un mot tout trouvé pour célébrer le plus grand, le plus héroïque des films d’Abdellatif Kechiche. L’extase est « f. » comme femme. Comme Adèle, lycéenne amoureuse des lettres qui cherche sa voie à l’âge de l’éveil du corps et de la découverte de soi. Adèle se retourne sur les cheveux bleus d’Emma et va l’aimer, avec tout ce qu’elle est, avec tout ce qu’elle a.

On l’a dit, on le redira encore, il y a du Pialat chez Kechiche. Comparaison flatteuse, c’est certain. Il y a surtout du Kechiche chez Kechiche dans la vaillante quête de vérité d’un cinéaste toujours doté de l’art exquis de laisser s’épanouir ses scènes, de scruter ces petits riens qui changent un personnage de cinéma en un être complet et complexe.

La vie d’Adèle – Chapitres 1 & 2 transporte jusqu’au vertige, à l’image de celui qui transpire d’Adèle Exarchopoulos et de Léa Seydoux lors de scènes d’amour enivrantes auxquelles elles s’abandonnent sans réserve ni pudeur. Cette attraction à laquelle les corps ne peuvent que céder, Kechiche en fait des monuments bouleversants de beauté.

Et La vie d’Adèle ne s’arrête pas à des parties de jambes en l’air. C’est le film de toutes les premières fois, celles qui laissent une emprunte et façonnent les êtres : quand oser approcher ses lèvres de l’autre tient de l’exploit ; quand le blues vous assomme comme une voiture qui vous renverse ; que des lieux de bonheur partagés peuvent se changer en terrains minés ; quand on prend conscience que pleurer à chaudes larmes n’a rien d’une expression galvaudée, que l’on pourrait bien y perdre la vue, ça n’aurait rien d’étonnant… en plus d’avoir le cœur atomisé par le manque de l’autre.

Oui, Abdellatif Kechiche a tout compris. Dans le tourbillon de La vie d’Adèle, la jeune comédienne Adèle Exarchopoulos, 19 printemps à peine, s’épanouit, beauté sauvage et mèches en pagaille, désarmante de naturel, faisant corps avec ce destin ordinaire qui a désormais chamboulé le sien à jamais. Face à elle, Léa Seydoux oscille, épatante, entre séduction, douceur et rudesse. Elles se cherchent, s’apprivoisent, fusionnent, se rejettent. Ensemble, elles font passer trois heures à la vitesse d’une comète. Le temps ne semble pas avoir de prise sur ce chef d’œuvre qui entre illico dans l’histoire du cinéma. Etait-ce un mirage? Non, un miracle.

taux de kiffance la vie d'adèle

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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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