L’amant double : faux semblants, vrai échec

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Si vous avez manqué le début : Chloé a des maux de ventre qui ne trouvent aucune explication physiologique. La jeune femme étant fragile, ses médecins l’orientent vers un psychothérapeute, persuadés qu’elle somatise. De séance en séance, la patiente et son médecin, Paul, finissent par tomber amoureux. Mais Chloé finit par découvrir que Paul lui cache toute une partie de son identité…


François Ozon faisait partie, cette année encore, de la délégation française à Cannes. Venu y présenter L’amant double, thriller gigogne qui se veut sulfureux, il en est reparti bredouille et boudé par une bonne partie de la critique. Nous sommes de ces derniers.
Adaptation de L’amour en double, un roman signé sous pseudo par la grande auteure américaine Joyce Carol Oates, le film d’Ozon semble vouloir se frotter au thriller érotico-psychologique. Malheureusement pour lui, la comparaison avec Elle est facile – ce dernier était lui-même en compétition l’an dernier –  et surtout peu flatteuse.
L’amant double cherche à choquer mais s’avère plutôt risible, loin du second degré qui rendait Elle dérangeant.

Ozon ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnaît

Au vu de sa filmographie, François Ozon est un réalisateur prolifique et multiple, jamais là où on l’attend, expérimentant les genres et les styles les plus divers : comédie musicale avec 8 Femmes, mélodrame avec 5×2, drame en costumes avec Angel, comédie avec Potiche, fantastique avec Ricky… Bref, Ozon ose tout, se foire une fois sur deux, et le plus souvent quand il s’échine à être subversif.
Dans la lignée de ses films où le fantasme prend le pas sur la réalité (Dans la maison, Jeune et Jolie), L’amant double déçoit, pourtant. Jouant sur le cliché éculé du double maléfique, le film s’avère bourré de symbolisme poussif sur la gémellité, la sexualité féminine, les relations mère-fille, la frustration sexuelle…

L’amour Vacth

Malgré ce qu’un plan inaugural sans équivoque laisse présager, L’amant double n’est pas un film sur la féminité mais une oeuvre qui impose une image impudique de la femme. Ozon malmène son héroïne, la soumet au viol, la met face à sa frigidité et à sa folie. Reste Marine Vacth, gracieuse dans l’étau de laideur dans laquelle l’emmure Ozon.
Si sa réalisation reste intéressante quand elle joue avec l’architecture, la symétrie ou les reflets, Ozon se laisse submerger par des références. On y croise le frisson d’Hitchcock, la paranoïa de De Palma, le voyeurisme de Polanski, la peur du corps étranger de Cronenberg, mais le tout est mal digéré. Cette malice faussement subversive tombe à plat dans un final prévisible et pourtant bancal.
A cet exercice de style boursouflé, on préfèrera l’efficacité d’Ozon quand il fait preuve de retenue (Frantz) et de subtilité (Sous le sable).


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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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