Laura Marling, femme et folk

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À 27 ans seulement, Laura Marling, prêtresse du nu-folk anglais, dévoile son sixième album. Ode féminine et féministe, Semper Femina apporte une force nouvelle à la grâce intemporelle de ses compositions.

Il y a deux ans, écartelée entre l’image publique qu’elle donne et la personne qu’elle sait être au fond d’elle-même, Laura Marling s’échappe à Los Angeles et sort Short Movie, un album plus rock mais embrouillé. Etait-ce la fin d’une parenthèse enchantée pour celle que l’on avait érigée en symbole du renouveau folk des années 2000 ?
Avec une mère professeur de musique et un père propriétaire d’un studio d’enregistrement où The La’s et Black Sabbath viennent traîner leurs guêtres, Laura Marling se retrouve avec une guitare tenant lieu de hochet et les paroles de Joni Mitchell en guise de premiers mots. D’une précocité rare, son premier album, le précieux Alas, I Cannot Swim, est nommé au prestigieux Mercury Prize alors qu’elle n’a que 18 ans. Presque dix ans et six albums plus tard, Marling, rassurée, sort ce qui est peut-être son plus bel album : Semper Femina.

Toujours femme varie…

Semper femina, c’est une maxime latine tirée de Virgile qu’elle porte tatouée sur la cuisse depuis 2011. De l’original « toujours femme varie, bien fol qui s’y fie », Laura Marling n’a gardé que « toujours femme ». Elle en fait le titre d’un disque affirmé et féministe, qui s’interroge sur la place de la femme dans l’art, dans le milieu musical et dans la société contemporaine.
Véritable déclaration d’amour et d’intérêt aux femmes et à la féminité, Semper Femina raconte leurs amours perdus (« Nothing, Not Nearly » aux sonorités rappelant Neil Young), leurs doutes (« Soothing » qui exhume le fantôme de Leonard Cohen), leurs regrets (« Wild Once » et ses réminiscences de Nick Drake), leurs forces (« Nouel » où sa voix évoque Nico) et leurs combats (qui sont aussi les siens) avec toute la force et la délicatesse qui la caractérisent.
« Toujours femme varie ». Au verbe varier, Marling préfère l’adjectif pluriel. Plus que leur supposée inconstance, elle glorifie leur complexité. En se réappropriant son identité de femme et d’artiste, la musicienne embrasse sa multiplicité.

…Bien folk qui s’y fie

Tantôt enveloppante, tantôt solaire, sous la pudeur et le dépouillement, Marling cachait une fougue qui éclôt avec sensualité sur Semper Femina. Sa voix a toujours eu quelque chose de rassurant. Chaude et granuleuse, elle donne l’impression de susurrer ses morceaux juste pour vous, comme un concert privé à l’orée de vos oreilles. Suave, elle nuance parfois la dureté des textes et rend grâce à la délicatesse des compositions. C’est le genre de voix qui pourrait être tenue responsable de la fonte de la calotte glacière et ainsi réjouir tous les climato-sceptiques. 
Mais sa dualité s’expose aussi dans sa musique, qui peut passer d’une mélancolie bouleversante à un hymne flamboyant avec le même éclat qu’une lumière vive qui irrigue une pièce quand on ouvre les rideaux. Toujours acoustique, elle peut être traversée dans un même morceau de fulgurances symphoniques et électriques qui ne peuvent que déclencher une réaction épidermique. Laura Marling est une enchanteresse, nous ne voyons pas d’autre explication.

 


 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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