Le making-ouf de Star Wars – Episode I : La menace fantôme

Classé dans : Be kind, rewind, Cinéma | 4

StarWars1IntroPopUp

George Lucas n’en a jamais assez. Quinze ans après avoir achevé Le retour du Jedi, il se lance dans une nouvelle trilogie dont La menace fantôme constituerait le chapitre inaugural.

Lancé dès 1993 dans une amélioration haute en merveilles numériques de ce que l’on nommera bientôt la trilogie classique, George Lucas reprend les rênes de sa saga fétiche pour l’étoffer d’une nouvelle série de trois films. Au lieu de suivre la chute de l’Empire et l’établissement d’un nouvel ordre pacifique dans la galaxie, il réfléchit à l’introduction des épisodes IV, V et VI.

Nouvelle trilogie, nouvelle histoire

« J’avais déjà ébauché un prologue à l’époque de La guerre des étoiles, explique Lucas. Les personnages, leurs passés, leurs origines… Je connaissais tout de la genèse de Dark Vador et du conflit qui allait changer la République en Empire. D’ailleurs, je n’ai jamais envisagé Star Wars comme deux trilogies, mais bien comme un seul et même film. Le revers de la médaille, c’est que ce sera le travail de toute une vie. »

Exit donc les flirts entre Leia et Han Solo et les moulinets au sabre laser de Luke Skywalker. L’action de l’Episode I se déroulera quelques trente-deux années avant les événements de La guerre des étoiles. Place à Anakin Skywalker (le père de Luke) et à son irrésistible attirance vers le côté obscur de la Force.

StarWars1RobotPopUp
C-3PO old school et son opérateur. A droite, George Lucas et la reine Natalie « Amidala » Portman.

Star Wars – Episode I : The Begining est en marche. En plus de bosser sur cinq versions du scénario entre 1995 et 1997, Lucas est cette fois bien décidé à réaliser le film lui-même. « Ma décision tenait au caractère très expérimental de ce chapitre. Nous allions essayer des choses nouvelles. Et puis, c’était surtout un gain de temps et d’énergie énorme qui m’éviterait de tout expliquer à un autre réalisateur et à me bagarrer continuellement avec lui. »

Natalie Portman, Ewan McGregor et les autres

Le casting est lancé. Hormis Ian McDiarmid (Palpatine), Kenny Baker (R2-D2), Anthony Daniels (C-3PO) et Frank Oz (Yoda), déjà présents dans les précédents volets, le gros de la distribution reste encore à trouver. Pour incarner un Anakin Skywalker âgé de 10 ans, Lucas met la main sur le jeune Jake Lloyd après avoir passé en revue plus de 3 000 candidats. Bon, ok, il n’a encore que 5 ans, mais il aura bien le temps de pousser d’ici au début du tournage.

La jeune reine Padmé Amidala, il la tient déjà. Ce sera Natalie Portman, la petite prodige du Léon, de Luc Besson. Côté Jedi. Le rôle de Qui-Gon Jinn est attribué à Liam Neeson qui retient l’attention de Lucas pour sa prestation dans La liste de Schindler. Son jeune padawan, Obi-Wan Kenobi, sera interprété par Ewan McGregor qui entretient déjà un étrange lien de parenté avec Star Wars. Son oncle n’est autre que Denis Lawson, un Ecossais ayant joué le rôle de Wedge Antilles, un des pilotes de l’Alliance dans la première trilogie. Samuel L. Jackson sera repêché plus tard pour incarner Mace Windu, maître Jedi de son état, pour avoir déclaré dans une interview que ça lui plairait bien d’être de la partie. Y avait qu’à demander, en somme.

StarWars1PodsPopUp
A gauche, la maquette de Mos Espa prête à accueillir la fameuse course de pods. A droite, le jeune Jake Lloyd (Anakin Skywalker) prêt à mettre les gaz.

Un budget serré (atomisé)

Comme à l’époque de L’Empire contre-attaque, Lucas mise très gros. L’investissement est particulièrement conséquent. Si les premières estimations budgètent un film entre 60 et 70 millions de dollars, le coût final de l’opération s’élèvera à 115 millions de dollars. Le risque est grand, mais la passion de Lucas ne connaît pas de limite.

Parti en repérage à leurs anciens studios de Elstree, le producteur Rick McCallum réalise que le lieu est désormais bien trop réduit pour l’ampleur que Lucas cherche à insuffler au film. Aussi, le producteur ne fait-il pas dans le léger quand il pose une option sur une ancienne usine Rolls-Royce de Leavesden, située à une trentaine de kilomètres de Londres. Dès décembre 1996, une équipe érige les intérieurs des habitats de Tatooine. Le planning est serré. 3 700 installations de caméra doivent être bouclées en seulement 65 jours.

StarWars1YodaPopUp
Face à face entre Yoda et Ewan McGregor (Obi-Wan Kenobi). A droite, répétition des combats à trois entre McGregor, Ray Park (Dark Maul) et Liam Neeson (Qui-Gon Jinn).

Un tournage aux airs de déjà-vu

Le 26 juin 1997, près de vingt ans après la mise en boîte de La guerre des étoiles, c’est le premier clap de La menace fantôme. Après une virée italienne pour changer le château de Caserte, au nord de Naples, en palais de la Reine Amidala, la production fait un passage obligé par la Tunisie pour y tourner, pendant deux semaines, les séquences sur Tatooine. Les décors de la ville de Mos Espa et les éléments de l’arène de la course de pods sont prêts. On fait venir cinquante tonnes de matériels, d’accessoires et de costumes. Mais quand les températures n’abattent pas la production sous des 55°C étouffants, c’est un nouvel orage dévastateur qui prend le relais. Avec la pluie et le sable, des vents soufflants à près de 200 km/h emportent les tentes abritant les costumes et endommagent gravement les décors. Il n’y aurait pas comme un air de déjà-vu ? « C’était comme si la tempête s’était cachée pendant vingt ans pour attendre patiemment le moment de refaire son entrée. » Lucas avait déjà connu le même cauchemar lors des premiers jours de tournage de La guerre des étoiles. Les dégâts et le retard engendrés n’en sont pas moins importants. Mais il faudrait bien plus que ça pour arrêter la production.

StarWars1JumpPopUp
Cascades de haute volée dans le désert tunisien pour Ray Park (Dark Maul). A droite, Liam Neeson a ENFIN trouvé le moyen de faire taire l’horripilant Jar Jar.

Jar Jar stinks

Les prises de vues complétées, Lucas peut se lancer dans sa phase favorite : la postproduction. A l’abri des salles de montage, là où aucune tempête ne peut l’arracher à sa chaise, il commence un travail colossal d’un an et demi. Il faut dire que sur les 2200 prises que compte La menace fantôme, 1900 nécessitent des retouches numériques. « J’aime le montage, l’assemblage des images d’un film et la construction d’un rythme bien plus que la mise en scène. Pour moi, filmer sur un plateau tient de la photographie quand monter est une chose unique et totalement cinématographique. »

Dès sa sortie, le 19 mai 1999 (aux Etats-Unis), La menace fantôme va rencontrer de vives critiques. Les professionnels semblent las de la course aux effets spéciaux quand d’autres érigent déjà des bûchers pour immoler Jar-Jar Bings, un alien clownesque particulièrement exaspérant de bêtise. Alors quoi, s’en serait fini de Star Wars ? Jamais de la vie ! Avant même d’atteindre les salles françaises, l’Episode I avait déjà multiplié sa mise par quatre.

Découvrez la suite de l’histoire dans le making-ouf de Star Wars – Episode II : L’attaque des clones.

MiniSommaireStarWars

Notre grand dossier Star Wars continue !

Où l’on vous raconte en détails toute l’histoire de la saga galactique, les années 1970 et l’ascension de George Lucas, les années 2000 et son retour tant espéré. Mais aussi une exposition d’artistes qui réinventent ce mythe de la SF, et le test du jeux vidéo Star Wars : Battlefront.

C’est par ici.
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Suivre Christophe Chadefaud:

Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

4 Responses

  1. […] Et ensuite, demandez-vous ? Vous saurez tout dans le making-ouf de Star Wars – Episode I : La menace fantôme. […]

  2. […] plus complice de l’ancienne trilogie, L’attaque des clones efface des mémoires la monotonie de La menace fantôme pour remettre la saga galactique sur une voie plus palpitante… et plus […]

  3. […] et à mettre bon ordre dans ses égarements (la course furibarde au tout numérique des épisodes I, II, III, pour ne citer que […]

Laissez un commentaire