Le making-ouf de Star Wars Episode II : L’attaque des clones

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Plus épique, plus spectaculaire et plus proche de l’ancienne trilogie, L’attaque des clones efface des mémoires la monotonie de La menace fantôme pour remettre la saga galactique sur une voie plus palpitante… et plus obscure.

Le 13 mars 1999, George Lucas sort un bloc d’un tiroir, s’arme d’un stylo et griffonne un titre de film inquiétant en plein milieu d’une page blanche qui n’avait rien demandé. Star Wars – Episode II : Jar-Jar Great Adventure. Visiblement, sa saga lui ait monté à la tête. George vient de péter une durite. C’est terrible. L’histoire nous rassurera pour nous apprendre que le titre n’était qu’un leurre, et que l’Episode II ne conterait JAMAIS, au grand jamais, les aventures insupportables de l’alien aux oreilles pendantes que l’ensemble de la planète Terre et des systèmes approchants a pris plaisir à crucifier depuis La menace fantôme.

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A gauche l’airspeeder d’Anakin (Hayden Christensen) a des faux airs du landspeeder de Luke Skywalker. A droite, papa Jango Fett (Temuera Morrison) sur le point de perdre la tête.

DiCaprio pas assez bien pour jouer Anakin ?

Située une décennie après l’Episode I, le cours de L’attaque des clones suivra toujours l’apprenti Jedi Anakin Skywalker, désormais âgé de 19 ans, et ses états d’âme de plus en plus… obscurs.

Comme Jake Lloyd ne se décide pas à grandir plus vite que la moyenne des enfants, Lucas n’a d’autre choix que rechercher un nouveau comédien pour interpréter son héros. Sur plus d’un millier de candidats au titre, dont Leonardo DiCaprio, qui ne passera pas le second tour, c’est Hayden Christensen qui décroche la timbale. Avec un soap (Family Passions) et une série diffusée sur la chaîne Fox (Higher Ground), le fringant Canadien est à peu près aussi peu connu du grand public que Mark Hamill lorsqu’il s’apprêtait à brandir, pour la première fois, le sabre laser de Luke Skywalker. C’est dire. Tant mieux. Lucas a toujours eu un faible pour les nouvelles têtes.

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A gauche, Padme (Natalie Portman) et Anakin (Hayden Christensen) en visite chez Owen (Joel Edgerton) et Beru Lars (Bonnie Piesse)… qui élèveront plus tard leur fils Luke. A droite le Conte Dooku (Christopher Lee), grand méchant classique que George Lucas a voulu dans la lignée du personnage de Grand Moff Tarkin (Peter Cushing) dans Un nouvel espoir.

Des liens plus évidents entre les deux trilogies

Avec l’arrivée de Hayden Christensen dans l’univers Star Wars, le choix de Christopher Lee pour incarner le diabolique Comte Dooku semble bien refléter l’envie de Lucas de tisser des liens plus étroits avec sa précédente trilogie. « J’avais à cœur de revenir vers le type d’acteurs et de personnages de La guerre des étoiles, comme celui de Grand Moff Tarkin, joué par Peter Cushing. »

Naturellement, les clins d’œil aux précédents opus se multiplient : l’Airspeeder d’Anakin ressemble au Landspeeder de Luke, les monstres de l’arène des exécutions rappellent le bestiaire de Wampa, Rancor et autres espèces belliqueuses des premiers Star Wars, le chasseur de prime Boba Fett apparaît sous la forme d’un mouflet flanqué d’un papa peu commode, on découvre la ferme des Lars sur Tatooine, où Luke sera élevé bien plus tard…

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A gauche, pique-nique romantoc pour Anakin (Hayden Christensen) et Padmé (Natalie Portman). A droite, Obi-Wan Kenobi (Ewan McGregor) passe discrétos les armées de clônes en revue sur la planète Kamino.

Tournage sous clé à l’autre bout du monde

Trois jours avant le début tournage, Lucas rend enfin le scénario travaillé à quatre mains avec Jonathan Hales, auquel on doit la série télé Les aventures du jeune Indiana Jones. Le 26 juin 2000, la machinerie la plus secrète de la planète s’embraye dans les studios australiens de la Fox. Loin des habituels plateaux anglais qui avaient vu défiler les chapitres précédents, 67 décors ont été dispatchés sur les six plateaux pour figurer notamment les appartements d’Amidala sur Coruscant et les intérieurs des lieux raffinés de Naboo.

D’un petit tour par l’Italie (le lac de Côme) à Séville (la plaza de España), en faisant un crochet de rigueur par les étendues désertiques tunisiennes, la production voyage sur cinq pays pour 61 jours de prises de vues réalisées à l’aide de caméras numériques Sony haute définition. Lucas fait ses adieux à la pellicule sans regret. « Par rapport à La menace fantôme, ça s’est beaucoup mieux passé. Le numérique offre des résultats de meilleure qualité, et nous avons pu terminer assez rapidement. » Une première dans l’histoire de Star Wars.

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La scène culte incontestée de L’attaque des clones : le duel entre le Conte Dooku (Christopher Lee) et Yoda.

Embrasser la part de ténèbres

Comme toujours, l’arrivée du film déchaîne les foules. L’attaque des clones éblouit. Malgré la love story engluée dans la guimauve entre Amidala et Anakin Skywalker, l’Episode II se fait plus noir que le précédent pour aller flirter avec le caractère sombre de L’Empire contre-attaque. « C’est là toute l’essence de L’attaque des clones : quelqu’un de bon qui se laisse séduire par le mal », explique le réalisateur.

Le duel entre un Yoda bondissant et le Comte Dooku devient l’une des plus grandes scènes de L’attaque des clones, l’armée de clones est étourdissante, les batailles sont assénées avec un prodigieux sens du rythme… Bref, pendant qu’Anakin bascule vers le côté obscur, nous redécouvrons que Lucas a toujours la Force de son côté.

Vous voulez connaître la suite ? On vous dira tout très bientôt dans le making-ouf de Star Wars – Episode III : La revanche des Sith.

MiniSommaireStarWarsNotre grand dossier Star Wars continue !

Où l’on vous raconte en détails toute l’histoire de la saga galactique, les années 1970 et l’ascension de George Lucas, les années 2000 et son retour tant espéré. Mais aussi une exposition d’artistes qui réinventent ce mythe de la SF, et le test du jeux vidéo Star Wars : Battlefront.

C’est par ici.
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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

3 Responses

  1. […] Le making-ouf de Star Wars Episode II : L’attaque des clones – décembre 7, 2015 […]

  2. […] à mettre bon ordre dans ses égarements (la course furibarde au tout numérique des épisodes I, II, III, pour ne citer que […]

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