Legion, l’aventure intérieure

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Si vous avez manqué le début : Interné depuis des années après avoir été diagnostiqué schizophrène paranoïaque, la vie de David Haller est bouleversée par sa rencontre avec une autre patiente, Syd Barrett. Et si ce qu’il croyait être les conséquences de sa maladie mentale étaient en fait les manifestations d’un superpouvoir ?


AVERTISSEMENT : ON A ESSAYÉ D’ÉCRIRE UNE CRITIQUE 100% SPOILERS FREE MAIS SI VOUS AVEZ VU LA SÉRIE VOUS SAVEZ QUE C’EST IMPOSSIBLE. LES AUTRES, ON VOUS AURA PRÉVENU…

Dix ans déjà que nous sommes les spectateurs (et la cible) de la guéguerre à coups de fonds vert et de collants lycra que se livrent DC Comics et Marvel pour le contrôle de nos grands et petits écrans. Il serait aisé de ne voir en Legion que le nouveau maillon d’une mécanique bien huilée. Il n’en est rien. Loin des guimauves plus ou moins Young Adults de la CW (Arrow, The Flash, Supergirl, Legends of Tomorrow…) ou des polars à la noirceur malheureusement insipide de Netflix (Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage, Iron Fist…), Legion est la première vraie série comics. Elle s’intéresse à David Haller, aka Legion, qui pourrait bien être le rejeton du Professeur Xavier et ainsi devenir le plus puissant des mutants. Enfin peut-être…
Créée par Noah Hawley, l’homme à qui l’ont doit déjà la formidable réécriture du Fargo des frères Coen, la série est une plongée aussi hallucinante qu’hallucinée dans la psyché torturée de son personnage principal, et dans l’esprit bouillonnant de son créateur.

Where is my mind ?

Contrairement aux autres Marvelleries (si ce n’est Dr Strange), le muscle super-héroïque développé par David Haller est son cerveau. Mais un cerveau retors dans un esprit torturé. David n’est pas fiable, on a déjà vu mieux comme narrateur. C’est donc à nous d’essayer de déchiffrer ce que l’on voit. La série nécessite une concentration de chaque instant pour tenter de démêler le vrai du faux et réussir à naviguer entre le réel et l’imaginaire, le passé et le futur hypothétique, le tout dans un puzzle qui peut sembler insoluble.
Il vous faudra une âme de défricheur pour suivre David dans sa quête de réappropriation de son esprit. Comprendre qu’il doit se battre contre un parasite, au chaud dans son cerveau depuis son plus jeune âge, relève du mindfuck. Mais Aubrey Plaza, qui incarne l’une des formes de ce parasite en avatar mi-Bob Dylan mi-Edward aux mains d’argent, est tout bonnement incroyable.
Legion vous apprend la patience (quitte à laisser une partie de son public sur le carreau) car si David est perturbé, perdu entre ses pensées, ses visions et ses émotions, nous le sommes tout autant. En même temps qu’il se découvre des pouvoirs de télépathe et de télékinésiste en lieu et place d’une maladie mentale, le brouillard se dissipe pour nous aussi, spectateurs. Exigeant, Noah Hawley nous pousse à  sortir de notre zone de confort.

 

 

David in Wonderland

Hypnotique, déstabilisante, sensorielle, pop… Le vernis qui recouvre Legion rappelle l’ambitieuse (et bien trop brève) Utopia. Entre Michel Gondry et David Lynch, Inception et Memento, Legion déploie une mise en scène magistrale et inventive, la caméra illustrant à merveille les errances et les pièges du cerveau de David. On peut ainsi passer d’un plan-séquence remarquablement construit à une chorégraphie psychédélique, d’une scène silencieuse en noir et blanc agrémentée de cartons comme au temps du muet à une image retournée…
Ayant parfois les atours d’un trip sous LSD, la série se dote d’une esthétique visuelle et sonore rétro-futuriste où les seventies flirtent avec le post-moderne. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le coup de foudre de David se nomme Syd Barrett, l’influence de Pink Floyd se fait sentir jusque dans le score de Jeff Russo. Le reste de la programmation musicale est à l’avenant : The Who, The Rolling Stones, Serge Gainsbourg, Feist, Radiohead…

Cette première saison de Legion est un attrape-rêves expérimental dont Hawley tient plus à faire une oeuvre à part entière qu’un chaînon supplémentaire à l’univers X-Men. Une prouesse d’originalité dont, conseil d’ami, il faudra attendre la fin du générique…


 Top Tw3ets


 

Legion▪ Créé par Noah Hawley ▪ Avec Dan Stevens, Aubrey Plaza, Rachel Keller, Jean Smart … ▪ Diffusée sur OCS Go ▪ 8 épisodes (55 minutes)

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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