Les James Franco folies !

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Les James Franco Folies - Pop'Up

Il fait du sport avec son chat Sammy en guise d’haltères, déclare être excité par les lapins, tourne approximativement 12 632 courts-métrages à l’année, vends des tee-shirts avec des déclinaisons de sa trombine dessus, s’est inventé un frère jumeau (Frank Jameso) pour dénoncer sa propre imposture… Bref, James Franco est aussi formidable d’inventivité qu’exaspérant de narcissisme.

Gueule d’amour et tête à claque, il a parfaitement compris que ses coups de provoc et d’égo – qu’importe au final qu’ils soient authentiques ou bidons – l’ont mis en orbite, entretenant ce côté weirdo magnifique qui lui va comme un gant. Passage en revue de ses folies… parfois douces, parfois plus furieuses.

Il a sabordé les Oscars

Quand ça ? En 2011, pour la 83e cérémonie des Oscars.

Qu’est-ce qu’il a ENCORE fait ? L’Académie des Oscars cherchait à rajeunir son audience en confiant la présentation de la nuit la plus prestigieuse du calendrier hollywoodien à Anne Hathaway et James Franco. Et c’est le drame, en forme de feux d’artifice de vannes qui tombent à plat. Leur duo est plus que bancal. Anne Hathaway décuple son énergie, contrainte de compenser les absences de son partenaire. A l’écran, cela donne une pile électrique au bras d’un type amorphe (qui a dit défoncé ?) qui tweete son ennui en live. On croit rêver. Invité, le mois suivant, au fameux Late Show de David Letterman (considéré, lui aussi, comme l’un des pires présentateurs de l’histoire des Oscars pour sa piètre performance en 1995), l’acteur a l’inélégance ultime de se plaindre de l’énergie d’Anne Hathaway, qui aurait enterré sa performance. Même au second degré, la blague a du mal à passer…

Il a manipulé l’identité sexuelle de ses acteurs

Quand ça ? En 2013, dans son court-métrage Interior. Leather Bar.

Qu’est-ce qu’il a ENCORE fait ? En 1980, sortait Cruising, sulfureux polar s’il en est, puisqu’on y suivait Al Pacino enquêter sur les meurtres en série de gays dans le milieu SM new-yorkais. La légende dit que William « L’exorciste » Friedkin aurait sabré quarante minutes beaucoup trop hot de son film pour éviter d’être classé X. L’idée de James Franco est donc de recréer ces fameuses scènes coupées. Pourtant, le principal intérêt de son Interior. Leather Bar. ne réside pas tant dans sa tentative de reconstitution de l’ambiance poisseuse et dangereuse du thriller de Friedkin (en la matière, passer après Friedkin était peine perdue), mais dans son aspect making of qui révèle Franco en manipulateur un brin sadique, à pousser son comédien (reprenant le rôle de Al Pacino) toujours plus (et potentiellement trop) loin. Franco est-il un vrai manipulateur, ou joue-t-il à l’être ? Telle est la question. On opte pour la première solution.

Il a réinventé Dirty Dancing

(et Shining, et Grease, et Titanic, et Twilight, et Sex and the city…)

Quand ça ? En septembre 2014.

Qu’est-ce qu’il a ENCORE fait ? James Franco réunit une bande de copains créatifs pour inventer des mash-up (des mélanges, quoi) de films. Pour son premier épisode de Making a Scene With James Franco, la fine équipe marie Reservoir Dogs et Dirty Dancing. Ce qui donne le sanglant et dansant Dirty Dancing Dogs, dont on apprécie immédiatement l’inventivité (et la chorégraphie sous les giclées d’hémoglobine). Dix épisodes (inégaux) s’enchaîneront. On retiendra surtout la version comédie romantique de Shining et le film d’animation Twilight dans l’espace. En septembre 2015, il remet le couvert pour dix nouveaux épisodes qui secoueront, cette fois, les séries télés. Le premier, Breaking Sex (mélange de Breaking Bad et de Sex & The City) est une réussite.

Il a survécu vingt et un jours à poil et dans les bois

Quand ça ? En novembre 2014, dans Naked & Afraid, sur Discovery Channel.

Qu’est-ce qu’il a ENCORE fait ? Il se met au défi de survivre à l’émission de téléréalité américaine Naked & Afraid, soit vivre pendant vingt et un jours en pleine nature, totalement nu, et sans autre aide que celle de son éternel compagnon Seth Rogen. Si leur aventure a tout de la blague bien orchestrée, elle n’en est pas moins savoureuse. Ils se trémoussent dans une petite danse cul nu, bravent les interdits en interpelant directement les cameramen, tout en continuant à jouer la carte de la bromance.

Il est responsable du plus gros piratage informatique de l’histoire

Quand ça ? Le 24 novembre 2014, lorsque Sony Pictures s’est enfin rendu compte de la cyberattaque.

Qu’est-ce qu’il a ENCORE fait ? Un film avec son pote Seth Rogen. Rien de plus. Rien de moins. Suffisamment en tout cas pour courroucer la Corée du Nord. Car L’interview qui tue ! tourne autour de la tentative d’assassinat du leader nord-coréen, ce joyeux drille de Kim Jong-un. Après avoir mis la pression sur le producteur et distributeur Sony Pictures pour empêcher sa sortie en salles, les Guardians of the Peace (gardiens de la paix, en VF) passent à l’action en causant le hack monumental que l’on connait. Bilan : un vol de données maousse, avec quelques 47 000 numéros de sécurité social d’employés dérobés, mais aussi des informations personnelles d’Angelina Jolie, Stallone et d’autres stars hollywoodiennes, le crack de quelques films inédits, la fuite du scénario du prochain James Bond, Spectre… Tout ça pour un film pas si terrible que ça, en plus.

Son ‘lui’ homo a interviewé son ‘lui’ hétéro

Quand ça ? En mars 2015, dans Four Two Nine Magazine.

Qu’est-ce qu’il a ENCORE fait ? Il accepte le jeu de l’auto-interview que lui propose Four Two Nine Magazine. Ce sera donc le James Franco hétéro qui interrogera le James Franco homo. Et vice versa. Il attaque par les questions que se posent tout le monde : « Qui est le vrai James, et qui est le masque ? », « Allons au fond des choses : est-ce que tu es homo putain de merde, ou bien ? » Ce à quoi il offre la réponse la plus sinueuse et pourtant la plus éclairante du monde : « J’aime me considérer comme gay dans mon art et hétéro dans ma vie. Même si je suis aussi gay dans ma vie, jusqu’aux préliminaires, à partir desquelles où je suis hétéro. » Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce long entretien semble l’un des plus sincères et passionnants sur ses choix de carrière et sur son image. « J’aime l’idée d’être difficile à cerner et que les gens se posent des questions à mon sujet. » On avait compris, James. Et de finir l’entretien en se roulant une pelle face à un miroir.

 

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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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