Les ogres : le tourbillon de la vie

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Si vous avez manqué le début : De ville en ville, des artistes de cirque tentent de réussir leur vie aussi bien que leurs spectacles.

C’est film qu’on n’a pas vu venir, une sorte de météorite tombée de nulle part, une divine surprise qui redonne confiance dans le cinéma, pour peu qu’on ait la curiosité de s’aventurer dans sa direction. Au point qu’on se demandera longtemps par quelle aberration, voire par quel subit aveuglement, aucun sélectionneur du Festival de Cannes ne s’en est emparé pour étonner, enthousiasmer et bouleverser la Croisette en mai prochain.

Car cette apnée romanesque au sein d’une troupe de cirque itinérant ne se contente pas de se suivre avec une passion proche de l’addiction, ce qui serait déjà très bien. En nous immergeant dans son Niagara choral qui embrasse la totalité du spectre des sentiments, la réalisatrice témoigne en outre d’une énergie inépuisable tout en arrachant à ses comédiens des accents d’une vérité inouïe. Confits artistiques, amoureux ou amicaux ; instants de pure grâce individuelle ou collective ; ambiances tour à tour solaires et sismiques ; montées de tension ou d’allégresse orchestrées  avec un sens du mouvement et du crescendo chevillé à la caméra…

La vie palpite à chaque seconde, le moindre personnage existe comme si nous le connaissions depuis toujours, d’où l’intérêt presque fraternel qu’on ne cesse de porter à cet échantillon d’humanité, d’où l’élan instinctif qui nous pousse à partager ses joies jusqu’à la transe d’allégresse et à vouloir nous propulser dans l’écran pour intervenir lorsque s’accumulent les nuages noirs.

Certes, Les Ogres se déploie sur près de deux heures et demie. Mais à l’arrivée, on se couperait une phalange pour qu’il en dure le double. À ce jour, de la tête et des épaules, notre Palme de l’année.

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