Les rois du contre-emploi

Classé dans : Cinéma, Top 5 Records | 0
Quand on est star à Hollywood, dur dur de sortir du registre qui a fait votre succès. Mais quand le contre-emploi fonctionne, il vaut son pesant de popcorn. La preuve cette semaine avec Ryan Reynolds, schizofriend de The Voices, et avec notre sélection maison.
Par Marine Bienvenot et Christophe Chadefaud

1. Jim Carrey

Jim Carrey dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind

 

Avant Eternal Sunshine of the Spotless Mind (de Michel Gondry, 2004) : Jim Carrey fait marrer la planète avec sa trombine élastique. De comédies aussi régressives que jouissives (The Mask, Dumb & Bumber) en programmes pour gaminous (Ace Ventura, Menteur, menteur, Disjoncté), Carrey capitalise sur ce pantomime qui lui va si bien. Mais Jim est plus que ça, ce qu’il prouve dans The Truman Show, avant que Milos Forman ne rende sa folie culte dans Man on the moon.

Son rôle dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind : en amoureux délaissé, il en appelle à la technologie pour sécher ses larmes et oublier son amour perdu. Il en ressort avec la mémoire embrumée et nous, avec le cœur serré.

Taux de crédibilité : 99 %

2. Scarlett Johansson

Scarlett Johansson dans Under The Skin

 

Avant Under The Skin (de Jonathan Glazer, 2014) : Scarlett c’est d’abord la petite fiancée des américains, une enfant star toujours dans les bons plans (L’homme qui murmurait dans l’oreille des chevaux, Ghost World, The Barber…) qui enchaîne au sortir de l’adolescence avec des prods indie de qualité telles que Lost in Translation et La jeune fille à la perle qui lui valent deux nominations aux Golden Globes. Puis elle fait ami-ami avec le 3è âge et devient la nouvelle égérie blondie de Woody Allen (Match Point, Scoop et Vicky Cristina Barcelona). Misant beaucoup sur une plastique que nous qualifierons d’avantageuse, elle rentre dans la combi lycra de la Veuve Noire et offre un petit relooking à la ville de New York avec son gang d’Avengers. Comme ça, gratos, pour l’amour de l’art.  

Son rôle dans Under The Skin : Elle y est une extraterrestre mangeuse d’hommes (ou du moins c’est ce qu’on a compris), dans une production qui a un budget équivalent à celui des boissons sur Avengers. Âpre, exigent, arty, Under The Skin n’est pas une oeuvre accessible mais avoir Scarlett Johansson au casting a probablement fait venir dans les salles un public qui courrait après ses formes. Les mêmes probablement qui sont allé voir Her, mais n’ont eu droit qu’au grain rauque de sa voix.

Taux de crédibilité : 84 %

3. Steve Carrell

Steve Carell dans Foxcatcher

 

Avant Foxcatcher (de Bennett Miller, 2015) : Roi de l’impro, membre du Frat Pack avec les comédiens comiques les plus talentueux (ou fous c’est selon) du moment (Ben Stiller, Will Ferrell, Vince Vaugh, Jack Black, Owen Wilson), icône télévisuelle grâce à son rôle de Michael Scott, manager d’une entreprise de distribution de papier à l’ego disproportionné, dans la sitcom The Office … Steve Carell, son look et sa raie sur le côté de quadra bien sous tout rapport c’est la fine fleur de la comédie US, l’égérie des comédie cracra de Judd Apatow (40 ans, toujours puceau et En cloque, mode d’emploi) chez qui certains ont tout de même su déceler une certaine mélancolie (Little Miss Sunshine, Crazy, Stupid, Love, ou Coup de foudre à Rhode Island).

Son rôle dans Foxcatcher : Mais derrière la mélancolie, seul Bennett Miller a su entrevoir la folie. Dans Foxcatcher Steve Carell incarne, cheveux blancs et prothèse nasale en option, John Du Pont un philanthrope richissime qui, pour passer le temps et assouvir certaines obsessions malsaines, monte une équipe de lutte en vue de glaner quelques titres aux Jeux Olympiques de Séoul. Manipulateur, schizophrène, borderline … Quiconque pensait que Carell était capable d’une telle prestation était au moins aussi fou que John Du Pont.

Taux de crédibilité : 78 %

4. Ryan Reynolds

Ryan Reynolds dans The Voices

 

Avant The Voices (de Marjane Satrapi, 2015) : Ryan Reynolds est le pendant masculin de Sandra Bullock : acteur totalement interchangeable, zéro aspérité et charisme proche du bulot sous valium. Il joue les tombeurs de ses dames (La proposition, sic), les supers héros du pauvre (Green Lantern, au secours)… A la fin, Hollywood ne sait tellement plus quoi en faire qu’un espagnol charitable du nom de Rodrigo Cortès le colle dans une boîte six pieds sous terre dans Buried.

Son rôle dans The Voices : En schizo maladivement timide qui cause avec son matou-gourou, Ryan compose un rôle de petit garçon au cœur à prendre qui découpe parfois accidentellement des filles. Mais bon, personne n’est parfait.

Taux de crédibilité : 70 %

5. Tom Cruise

Tom Cruise dans Tonnerre sous les tropiques

 

Avant Tonnerre sous les tropiques (de Ben Stiller, 2008) : Tom Cruise c’est déjà un sacré poids lourd. 25 ans de carrière, un Top Gun par ci, un Né un 4 juillet par là, un Golden Globe pour Jerry Maguire, une saga sur les épaules (Mission Impossible), une collaboration fructueuse avec Spielberg (Minority Report, La guerre des mondes)… Oui mais voilà c’est avec son image que le bât blesse : on le considère comme un gourou de la scientologie, il saute sur le canapé d’Oprah Winfrey en proférant à qui veut l’entendre son amour pour Katie Holmes, relation qui par ailleurs ne trompe personne. S’agirait de se recentrer Tom…

Son rôle dans Tonnerre sous les tropiques : Et quoi de mieux pour faire oublier le superflu que de surprendre son monde ? Engagé sur le film de Ben Stiller, il lui propose de jouer un rôle inédit, rôle qui doit rester secret jusqu’à la sortie du film. Il sera Les Grossman, producteur bedonnant, chauve et se trémoussant de manière gênante sur un flow de Flo Rida. Loin de l’image de playboy action-man qui lui colle à la peau depuis le début de sa carrière, interpréter Grossman est jouissif, pour lui comme pour nous. Il remettra d’ailleurs le couvert quelques années plus tard en interprétant Stacee Jaxx dans Rock Forever, une rock star entre Axl Rose et Jean-Claude Van Damme. Qui a dit que Cruise n’avait pas de second degré ? 

Taux de crédibilité : 68 %

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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