Lola Kirke : petite dernière, grand talent

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© Larry Busacca

 

Ce mois-ci, Lola Kirke brille en indie girl dans le dernier Noah Baumbach, Mistress America, et dans la deuxième saison de Mozart in the Jungle, la comédie d’Amazon tout juste récompensée de deux Golden Globes. Il est plus que temps de s’y intéresser.

Issue d’un clan de saltimbanques, Lola Kirke en est la petite dernière et peut-être la plus douée. Un père batteur du groupe de rock Bad Compagny, une mère styliste vintage qui habille les stars de Sex & The City, et deux soeurs aux prénoms uber-cool. L’une, Domino, est leader d’un groupe et doula, l’autre, Jemima, est actrice dans la série Girls et peintre. Une famille bohème par excellence, mais dans laquelle il n’est cependant pas facile de trouver sa place. Lola commence par vouloir une vie « normale ». Loin des aspirations artistiques familiales, elle se voit bien biologiste, mais on échappe pas à son destin. Ou à la génétique.

Une découverte avec Gone Girl

Alors que Jemima, qui se considère comme une peintre à part entière, se voit offrir sur un plateau le rôle de Jessa, une hippie-trash, par son amie d’enfance Lena Dunham, Lola, dont être actrice est la vocation, reste coincée dans des productions universitaires. De quoi tenir rancune à son aînée. Quelques temps du moins car, à peine diplômée, la jeune Kirke décroche des essais pour deux des projets les plus secrets et attendus d’Hollywood : le sulfureux 50 Nuances de Grey et l’énigmatique Gone Girl.
Ce sont les deux seuls livres que sa mère a lu cette année là, et elle s’avère on ne peut plus soulagée que ce soit finalement David Fincher qui engage sa benjamine. Son apparition en escroc vulgos et borderline marque tant les esprits qu’il lui vaut le Prix Chopard à Cannes. Ce trophée met en avant les révélations vouées à marquer le futur du cinéma et elle le partage avec Jack O’Connell. Y’a pire.
A partir de là, tout s’enchaîne. Le trio Roman Coppola – Jason Schwartzman – Paul Weitz la choisit pour incarner Hayley Rutledge, hautboïste essayant de percer dans le milieu ultra-concurrentiel des concertistes classiques, dans leur série Mozart in the Jungle. D’aucuns disent qu’elle a accepté le rôle après avoir découvert la galerie de femmes fortes, indépendantes et sûres de leur art qu’ont dépeint les trois hommes. Car à force de traîner avec Lena Dunham et après avoir joué dans le film égalitaire Free The Nipple, Lola Kirke revendique son féminisme. 

 

PopAndUp+LolaKirke

 

Une confirmation avec Mistress America

La comédienne de 25 ans aspire à autant d’indépendance et d’assurance que les personnages qu’elle accepte de jouer. Assez crue sur les ficelles du métier d’actrice, elle en reconnait la futilité. Ainsi, elle n’a jamais reçu autant de propositions qu’après avoir été applaudie à Sundance avec Mistress America. Cette délicieuse screwball comedy, écrite à quatre mains par le duo Noah Baumbach – Greta Gerwig (Frances Ha), est l’occasion pour Kirke d’entrer dans le cercle fermé des révélations du cinéma indépendant US.
Dans cette comédie allenienne en diable, elle incarne Tracy, jeune étudiante fraîchement débarquée à New York qui a du mal à y trouver sa place. Un poil arrogante, elle va utiliser sa future demi-soeur, délurée, sûre d’elle et éminemment charismatique comme sujet de ses aspirations rédactionnelles.
Cinéphile, le modèle d’actrice de la jeune femme est Julie Christie (Le Docteur Jivago, Loin d’elle). Elle partage avec la britannique, outre sa nationalité, un mélange de force et de fragilité résumé par de grands yeux rêveurs. Elle possède une apparente confiance en elle auquel un léger cheveu sur la langue vient donner une pointe de charme et de vulnérabilité. 
Avant de se lancer dans la réalisation, on la verra aborder de nouveaux territoires, courant 2017, en la retrouvant dans Mena, un thriller de Doug Liman avec Tom Cruise. Elle qui aspirait a être banale étant enfant et cultivant aujourd’hui volontiers un aspect passe-partout, n’est définitivement ni l’un, ni l’autre.

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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