Master of None, coup de maître

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Si vous avez manqué le début : Dev Shah (Aziz Ansari), comédien d’origine indienne, tente de percer à New York en enchaînant castings, publicités et seconds rôles souvent coupés au montage. Il se questionne aussi sur son avenir professionnel, relationnel et personnel à un âge où chaque rencontre se doit d’être « la bonne ».

Master of None est une nouvelle découverte signée Netflix. Comme à son habitude, le service de vidéo à la demande a mis à disposition des abonnés l’intégralité de la première saison de cette comédie signée Aziz Ansari. Sans tambour ni trompette, loin d’obtenir la visibilité de l’autre série Netflix de novembre, Jessica Jones, une production Marvel, Master of None a pourtant trouvé son public.
Charmante, dans l’ère du temps, pertinente, pop, et bien entendu drôle, la comédie d’Aziz Ansari apporte un vent de fraîcheur à la vague d’autofictions plus ou moins romancées qui fleurissent sur les écrans américains depuis quelques années (Louie et Girls en tête).
Ansari, grâce notamment à sa participation durant sept ans à la géniale sitcom Parks & Recreation, est aujourd’hui connu comme étant l’un des hommes les plus drôles d’Amérique. Passé par le stand-up, il entame à la fin de Parks & Recreation un virage plus intimiste, trentaine oblige. Ses spectacles abordent désormais moins la pop-culture que ses racines indiennes et les implications de cette double culture dans sa vie quotidienne. C’est cette analyse qu’il a décidé de poursuivre dans sa propre série.

Réalité et récréation

Le pitch de Master of None ne sort pas franchement des sentiers battus (un trentenaire apprenti comédien à New York), mais Ansari et son équipe (dont beaucoup sortent de Parks & Recreation), font mouche en abordant le réel avec subtilité. La série utilise la vie d’Ansari comme point de départ à une analyse fine des préoccupations d’un trentenaire.
La frontière entre réalité et fiction est d’autant plus floue qu’Ansari est auteur, producteur, réalisateur et acteur de ces tranches de vies inspirées de la sienne, et qu’il va jusqu’à donner le rôle de ses parents à … ses propres parents, pas vraiment bons acteurs, mais réellement rafraîchissants.
Chacun des dix épisodes de la saison aborde une problématique de notre époque et y pose un regard précis et humain. Dans une forme très indie, où les joutes verbales de haut niveau ont souvent lieu dans un bar où lors d’une promenade en plein New York, les sujets abordés sont ceux de l’immigration, de la vieillesse, des conflits de générations, du féminisme, de la fidélité ou bien encore des stéréotypes raciaux au cinéma. Ansari ne s’interdit aucun bon mot, aucune situation. Même trash, même émouvante.

Dramédie indie

Master of None est pourtant loin de n’être qu’un essai politique ou sociétal. Ce vernis indie, validé par une bande-son aux petits oignons (The Cure, Johnny Cash, The Animals…) et par la présence derrière la caméra pour plusieurs épisodes de James Ponsoldt (The Spectacular Now) ou bien encore Lynn Shelton (Humpday), lui donne plutôt les atours d’une dramédie bien dans son époque, douce amère mais optimiste. 
En faisant passer des personnages extrêmement bien croqués sur la route de Dev (notamment une femme adultère interprétée le temps d’un épisode par Claire Danes), Ansari démontre surtout un talent d’écriture presque allenien, où des saillies hilarantes ou de tendres moments suspendus, poussent aussi à réfléchir sur notre société et les mœurs d’une jeunesse du XXIe siècle, éternellement indécise.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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