Mate-me Por Favor : petits meurtres entre amies

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Mate Me Por Favor


Si vous avez manqué le début : Une série de meurtres sanglants agitent les lycéens, et surtout les lycéennes, d’un quartier périphérique de Rio de Janeiro.


Après trois courts-métrages (dont un présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes) Anita Rocha da Silveira signe avec Mate-me Por Favor un premier long-métrage envoûtant, présenté au festival de Venise dans la section Horizons. Une preuve supplémentaire, s’il en fallait encore, que le nouveau cinéma brésilien se porte décidément très bien.

Chronique adolescente aux accents pop, Mate-me Por Favor suit les égarements d’une bande de jeunes lycéennes, menée par la belle et troublante Bia, dans un quartier périphérique de classe moyenne de Rio de Janeiro. Alors qu’elles apprennent qu’une jeune femme a été assassinée dans un terrain vague non loin des immeubles où elles vivent, les adolescentes, d’abord effrayées, sont peu à peu prises d’une fascination morbide pour les détails sordides de ce meurtre et de ceux qui suivront, et des rumeurs qui courent à leur sujet. Poussées par une sorte de nihilisme proche de celui de Virgin Suicides de Sofia Coppola, les quatre jeunes filles en fleur à la sexualité bourgeonnante se laissent entraîner par leurs désirs exacerbés par le danger, oubliant leurs doutes ou leurs complexes.

Gimme danger

Plutôt que de rester enfermées chez elles, elles décident au contraire de suivre les pas des victimes, dans une tentative aussi naïve qu’absurde de se confronter à leurs peurs autant qu’à leurs fantasmes. Marcher seule dans la nuit noire devient alors source d’excitation, comme une provocation à la menace qui rôde, sans se soucier des conséquences. Restés irrésolus, et traités avec distance, ces meurtres ne sont au final qu’un prétexte pour la réalisatrice de faire le portrait tourmenté d’une génération en perte de repères, déchirée entre obsession pour la futilité et quête d’absolu, complètement déconnectée – pour ne pas dire abandonnée – du monde des adultes (aucun parent ni professeur ni policier dans ce film).

Malaise référencé

Pour accompagner ce récit ténébreux traversé par de nombreuses références cinématographiques (Gregg Araki, David Lynch, Dario Argento), Anita Rocha da Silveira fait le choix d’une mise en scène à l’esthétique aussi radicale qu’impeccable, où chaque plan, chaque cadrage, chaque mouvement de caméra, chaque détail sonore est soigneusement réfléchi pour ne faire qu’amplifier le malaise général.

Certains diront sans doute qu’il y a là trop de sophistication, d’autres regretteront peut-être le manque de rythme, mais Mate-me Por Favor signe pourtant les débuts réussis d’une réalisatrice au regard singulier.



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