Merci patron ! : combat à durée très déterminée

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Si vous avez manqué le début : Dans le Nord de la France, un couple au chômage tente le tout pour le tout pour faire valoir ses droits et retrouver sa dignité.

Lorsqu’on pense « documentaire de combat », le nom de Michael Moore vient aussitôt à l’esprit, du moins quand il réussit Bowling for Columbine. Une façon de ruer dans les brancards, de s’imposer partout sans être invité, de feuilleter témoignages, statistiques objectives et commentaires personnels… Mais aussi une certaine propension à se mettre en scène jusqu’au cabotinage, à provoquer l’émotion au lieu de la capter, à se donner raison jusqu’à la quasi mauvaise foi.

Désormais, il va falloir compter sur un Français pour prendre la relève : François Ruffin,  rédacteur en chef de l’insolent, passionné et vigoureusement bimestriel d’investigation Fakir qui, avec Merci patron !, ne retient que le meilleur de son modèle américain.

Au départ, un couple de quinquas au chômage, Jocelyne et Serge, victimes désespérées de la délocalisation en Pologne de l’usine valenciennoise Kenzo où ils travaillaient, propriété de Bernard Arnault et de son groupe LVMH.

Caméra au poing, François Ruffin  va alors déployer une ahurissante arborescence de stratagèmes, de caméras cachées et de coups de force destinée à leur rendre justice. Il transforme ses « personnages » en purs acteurs, fait de sa démarche citoyenne un authentique suspense social, et réussit au passage à terroriser l’ultra capitalisme industriel avec une intelligence magistrale, sans oublier d’en décortiquer les mécanismes les plus impitoyablement conquérants.

À l’arrivée, une petite bombe d’engagement, de civisme et de malice, doublée à la surprise générale d’une authentique personnalité cinématographique.  Au « Merci » de Jocelyne et Serge, on ajoutera notre « Bravo ! », admiratif et profondément ému.

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