Michael B. Jordan, un nom plein de promesses

Classé dans : Cinéma, Introducing | 3

Michael B. Jordan © Randall Slavin

© Randall Slavin

 

Quand on s’appelle Michael Jordan, mieux vaut savoir prendre de la hauteur. Après avoir été l’un des secrets les mieux gardés de la télévision américaine, le jeune acteur de 28 ans a fait ses classes dans des productions indépendantes de haut niveau. C’est en chaussant les gants de boxe qu’il rentre, dès aujourd’hui, dans la cour des grands, parrainé par un certain Rocky Balboa.

Oui, il s’appelle Michael Jordan. Oui, il est black. Et oui, il a fait partie d’une équipe de basket. Mais il s’agissait de celle de son lycée et ce Michael Jordan là a finalement choisi la vie de troubadour. Une vie où il vogue du petit au grand écran et décide, pour ce faire, d’intercaler une initiale au milieu de ce nom déjà bien trop connu. Un B qui pourrait vouloir dire Michael but not that one Jordan, mais qui signifie surtout Bakari, « noble promesse » en swahili. Il n’y a pas de hasard.
Le jeune homme marque pour la première fois les esprits lorsque, à 15 ans à peine, il incarne Wallace, petite frappe au cœur tendre pris dans l’enfer de la drogue dans la série de tous les succès The Wire. La destinée tragique de Wallace restera longtemps gravée dans la mémoire des téléspectateurs. Par la suite, le chemin de Jordan semble être lié à ceux de trois autres hommes : Jason Katims, Josh Trank et Ryan Coogler.

Trois hommes et une carrière

Jason Katims, showrunner d’une autre de ces séries acclamées du petit écran, l’invite en 2009 à rejoindre Friday Night Lights pour ses deux dernières saisons. Michael y est Vince Howard, quaterback monstrueusement talentueux et incroyablement attachant du fait d’un environnement familial compliqué. De l’aveu même de l’acteur, c’est l’un de ces rôles qui vous confirme que vous avez pris la bonne voie. Pour faire honneur à la devise de la série – « Texas forever » – Jason Katims et Michael B. Jordan refont équipe dès la fin de FNL pour Parenthood, drama familial humaniste et authentique, où le jeune homme incarne Alex, un ex-alcoolique en quête de rédemption. Là encore, son charme naturel lui ouvre les portes du grand écran.

 

Michael-B.-Jordan-frise

 

Lassé de recevoir des propositions de rôles d’adolescent tombé dans la délinquance à cause d’un père absent et d’une mère droguée, il convainc Josh Trank, jeune réalisateur qui s’apprête à tourner son premier film, de transformer l’un de ses premiers rôles, écrit pour un ado blanc et juif, en sa faveur. Dont acte. Il devient l’un des trois rôles principaux de Chronicle, film de super-héros camouflé en teen movie expérimental. Ayant pris du galon, ces deux là se retrouvent pour un reboot des 4 Fantastiques. Et, là encore, Trank choisit Jordan pour un rôle historiquement blanc : celui de Johnny Storm, alias la Torche Humaine. Parce que certains l’aiment chaud.

C’est avec Michael B. Jordan en tête que Ryan Coogler écrit son premier long métrage en 2013. Inspiré de la mort d’Oscar Grant, jeune homme noir abattu par la police dans le métro de San Francisco alors qu’il était de dos et non-armé, Fruitvale Station séduit le Festival de Sundance, terre promise du film indépendant, et remporte un prix dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes. Cette chronique sociale parachève la mue de Jordan en révélation adoubée par le tout-Hollywood. Fruitvale Station, devait même lui ouvrir les portes des Oscars…

It don’t matter if you’re black or white

Mais à Hollywood le hashtag #OscarsSoWhite fait déjà rage. La nomination à l’Oscar du meilleur acteur, pourtant plus qu’envisageable, lui échappe. Pas grave. Nul doute qu’il y reviendra. Si aujourd’hui seuls des Will Smith, Denzel Washington, Samuel L. Jackson, Forrest Whitaker ou Jamie Foxx arrivent encore à construire une carrière, Jordan fait partie d’une nouvelle génération qui entend bien se faire sa place. Avec David Oyelowo (Selma), Idris Elba (Mandela), Chadwick Boseman (Get On Up), Anthony Mackie (Avengers) et bientôt John Boyega (Star Wars, épisode VII), ils entendent faire parler le talent et oublier la couleur.

Après Jason Katims et Josh Trank, c’est cette fois Ryan Coogler qu’il retrouve pour un spin-off de l’une des sagas les plus prolifiques de l’histoire du cinéma. Dans Creed, il incarne Adonis Johnson, jeune homme se découvrant des aptitudes pour la boxe et souhaitant se faire entraîner par Rocky Balboa. Oui mais voilà, il s’agit du fils d’Apollo Creed, adversaire iconique de l’étalon italien. Seulement ces deux là ont besoin l’un de l’autre pour boucler la boucle. Coogler ne tarit pas d’éloges sur son acteur. « Michael a un charisme inné, beaucoup d’énergie et une capacité rare à séduire. Les gens ont envie de passer du temps avec lui, de le connaitre. Ça veut tout dire. » En tout cas, qu’il risque d’aller loin.

 

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

3 Responses

  1. […] survivor de Whiplash, qui joue Mr. Fantastic, est parfait en tête d’ampoule/roi des geeks. Michael B. Jordan roule des mécaniques sans en faire trop en Torche […]

  2. […] par le Chronicle, de Josh Trank, comme son camarade Michael B. Jordan, Dane DeHaan a fait son petit bonhomme de chemin entre blockbusters et productions indépendantes. […]

  3. […] qui n’est autre que le fils d’Apollo Creed. Et comme il monte sur le ring sous les traits de Michael B. Jordan, on est d’autant plus […]

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