Nous trois ou rien. Ensemble, c’est tout

Classé dans : Cinéma, Le 140 | 1

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Si vous avez manqué le début : Hibat et Fereshteh se sont battus contre le régime totalitaire du Shah d’Iran, quitte à finir en prison pour ça. Mais pour se donner la chance d’une vie sans peur avec leur fils, ils s’exilent, direction la France. Parce que c’est eux trois ou rien.

De Kheiron, on connaissait les talents d’improvisation hors-norme, la présence au Jamel Comedy Club ou bien encore la participation couronnée de succès au programme court de Canal+, Bref. On connaissait cependant moins, voire pas du tout, son histoire personnelle. Celle d’un fils d’activistes politiques iraniens, passés de la dictature islamiste à la banlieue française. C’est pourtant cette histoire, celle de ses parents, que Kheiron a souhaité raconter dans un premier long-métrage. Costaud. Il aurait pu se contenter d’une pochade à l’humour douteux ou bien surfer sur la vague de Bref. À l’heure où 3,5 millions de Français sont prêts à aller voir gigoter Kev Adams en sarouel sur du Black M, ça aurait probablement marché. Mais le garçon est clairement ambitieux et a préféré se lancer dans un projet on ne peut plus personnel.

Un film multiple

Nous trois ou rien est l’un de ces films surprises, l’un de ceux que l’on va voir parce que « t’as vu, c’est le mec de Bref qui l’a fait » ou « ah ouais, le film avec Leïla Bekhti » et qui, finalement, vous cueille. D’un sujet lourd (la politique totalitaire du Shah d’Iran), Kheiron ne cache rien et utilise l’humour pour aider à mieux faire passer son message. Pour le rendre plus fort, même. Auteur, réalisateur et acteur d’une histoire qui n’est autre que la sienne, cela ne ferait pas trop pour un seul homme ? Kheiron fait de Nous trois ou rien un film multiple : politique en Iran, social en France, familial en tout. Drame et comédie à la fois, où l’on passe du rire à l’émotion à la faveur d’un bon mot ou d’un silence lourd de sens, porté par des premiers rôles détonants et des seconds savoureux. Un feel good movie à message, humain et chaleureux, mais aussi un juste rappel à l’Histoire qui se reproduit, trente ans plus tard.

D’autres histoires que la sienne

Comme tout premier film, Nous trois ou rien n’est pas exempt de défauts. Sa seconde partie, en France, est moins forte, plus conventionnelle, légèrement utopiste. Attaché à vouloir rendre hommage à son père, ce héros, Kheiron en gomme les aspérités, lissant le moindre de ses combats politiques. Mais le parcours de ces réfugiés, éternels idéalistes prônant le vivre-ensemble et l’intégration par la médiation, évite le pathos et reste pertinent. On lui pardonne donc ces quelques défauts vu la justesse de son récit et le regard, pour une fois bienveillant, qu’il porte sur la banlieue. Nous trois ou rien est une jolie surprise, un film modeste, simple mais terriblement attachant. Un film dont on n’attend rien et dont on ressort avec un petit surplus d’âme. Il ne reste plus à Kheiron qu’à prouver qu’il peut, avec tout autant de talent, raconter d’autres histoires que la sienne.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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