Oscars 2015 : un drôle d’oiseau et un grand hôtel

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Alejandro Gonzalez Inarritu Oscars 2015 Birdman

J’ai beau être une warrior, vue l’heure tardive à laquelle, pour nous pauvres français, est diffusée la cérémonie des Oscars, l’endroit le plus confortable pour en profiter était mon bon vieux lit. Ne me lancez pas ce regard, je suis sûre que la majorité d’entre vous (ceux qui ont eu le courage de rester éveillé du moins) a fait de  même. Autre écueil à éviter, échapper aux commentaires de Laurent Weil et Didier Allouch sur Canal+, quitte à perdre 20min pour trouver un livestream sur la Toile. Et à 3h du matin, quand ton corps réclame son quota d’heures de sommeil, ça compte. Une fois que c’est fait il n’y a plus qu’à se caler et espérer que Neil Patrick Harris et son sens de l’entertainment tiennent la baraque et tes paupières ouvertes. C’est chose faite rien qu’avec le show d’entrée où, rejoint par Anna Kendrick et Jack Black, il chante « Moving Pictures ». La suite de sa soirée, sans amener autant de moments cultes ou casual qu’Ellen DeGeneres l’an dernier, fait le boulot. J’en retiens ses bons mots pour Steve Carell et David Oyelowo (« Now you like him! »), et son arrivée en slip au son de la batterie de Miles Teller (« Not my tempo! ») en hommage à Birdman.

Pour le reste, j’ai été enchantée des 4 Oscars de The Grand Budapest Hotel. Même s’ils sont dits mineurs, ils représentent à merveille le souci du détail de Wes Anderson dans chacun de ses films (décors, direction artistique, coiffure/maquillage et musique) et le mette à égalité avec le grand gagnant de la soirée, Birdman. Je me suis dit que cette année les gagnants avaient décidé de se la jouer rebelles en bravant systématiquement la wrap up music au bout des 45 secondes de remerciements à ne pas dépasser, Césars style. J’ai halluciné devant le trip sous LSD d’Andy Samberg, Will Arnett, Tegan & Sara and co sur « Everything is awesome ». Marion Cotillard aussi.

 

J’ai applaudi le discours revendicatif de Patricia Arquette, Oscar du meilleur second rôle féminin, sur l’égalité hommes/femmes dans le milieu du cinéma. Meryl Streep aussi.

J’ai été surprise par les Oscars des meilleurs films d’animation, Le Festin et Les Nouveaux Héros permettent un carton plein à Disney malgré la présence des excellents Dragons 2 et Le Conte de la Princesse Kaguya dans leurs concurrents. Je me suis rappelé avec tristesse que des gens très talentueux tels que Lauren Bacall, Richard Attenborough, Bob Hoskins, Malik Bendjelloul, Alain Resnais et bien entendu Robin Williams nous avaient quitté cette année. Puis je me suis dit que leur coller un live de la braillarde Jennifer Hudson c’était pas très Rest In Peace. J’ai exulté aux 3 Oscars de Whiplash, tant J.K Simmons, le montage et le son du film sont les éléments clés de son succès infernal. J’ai froncé les sourcils devant les larmes de la salle lorsque John Legend et Common ont chanté « Glory », Oscar de la meilleure chanson originale pour le film Selma. Larmoyant en effet, peut-être trop. J’ai ri de bon coeur devant le running gag de John Travolta et Idina Menzel, ou comme on les appelle désormais Glom Gazino et Adele Dazeem.

J’ai eu mon petit moment franchouillard quand Alexandre Desplat a enfin remporté l’Oscar de la meilleure musique originale. J’ai été émue du discours de Graham Moore, meilleure adaptation pour Imitation Game, et par son « Stay weird. Stay different ». J’ai imaginé Alejandro González Iñárritu vivre sa victoire à l’Oscar du meilleur réalisateur en slow motion.

J’ai déchanté quand Eddie Redmayne a supplanté le grand Michael Keaton à l’Oscar du meilleur acteur même si sa joie d’accueillir un nouveau colocataire chez lui fut rafraichissante. Je me suis fait une raison quand Rosamund Pike a du applaudir Julianne Moore, Oscar de la meilleure actrice pour Still Alice. Le film n’est pas encore sorti en France mais son interprétation d’une femme découvrant sa maladie d’Alzheimer doit être impeccable. Après tout c’est Julianne Moore, aka, la grande classe. Au final j’ai été ravie de voir Birdman sacré meilleur film, même si cela veut dire que Boyhood, merveilleuse ode à la vie de Richard Linklater, a été un peu snobé.

Un drôle d’oiseau a posé sa marque au panthéon du cinéma hier. Bref, un dimanche soir à Hollywood quoi.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

2 Responses

  1. […] Et Patricia a raison de l’avoir mauvaise. Car en plus de pratiquer des différences de salaires scandaleuses entre homme et femme, Hollywood ne tient visiblement pas à montrer l’exemple en mettant les femmes plus en avant, comme le démontre une étude récente menée par le Center for the Study of Women in Television and Films de l’université de San Diego. Nom de code : « It’s a man’s (celluloid) world ». […]

  2. […] au bon vieux temps, on a mis le réveil à 2h du matin, gardé le bonnet de nuit, chaussé les lunettes et regardé en […]

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