Peurs au cinéma : pourquoi ça marche

Tandis que Ça, cru 2017, et Stranger Things remettent les peurs de l’enfance au goût du jour, votre rédaction préférée a ressorti les monstres du placard et affronté ses plus grandes terreurs de cinéma. Article garanti 100% chair de poule. Mais au fait, pourquoi ça nous fout tellement les miquettes ?
Par Marine Bienvenot et Christophe Chadefaud

Ring, de Hideo Nakata (2001)

La petite souillon mal peignée

 

Pourquoi est-elle aussi flippante ? Parce qu’elle est un défi aux règles d’hygiène les plus élémentaires. Teint blafard à force de trop ramper dans les conduits d’aération (The Grudge), elle se complet clairement dans sa crasse et sa mine basse, option rideau de cheveux dégueux qui ne laisse pas filtrer la lumière. A sa décharge, elle a généralement connu un chemin de vie de type tragique pour finir au fond d’un puit (The Ring) ou à boire la tasse dans un château d’eau (Dark Water). D’un autre côté, elle aurait été moins radine sur le démêlant, on aurait sans doute été plus sympa avec elle.

En version supportable : Peuvent faire la blague, avant de révéler leur véritable nature démoniaque : Esther, la petite fille exemplaire, amoureuse de papa, les jumelles en soquettes de Shining et, pour un modèle petit garçon, Damien, le délicieux chérubin de La malédiction.

 


Le sixième sens, de M. Night Shyamalan (1999)

Les morts qui s’ignorent

 

Pourquoi sont-ils aussi flippants ? Parce qu’on sent bien qu’il y a quelque chose qui cloche, mais qu’on ne comprend pas tout de suite quoi… Même si un gamin chelou nous dit qu’il voit des gens qui sont morts comme dans Sixième Sens, ou qu’une tombe porte les noms des domestiques tranquillement en train de bêcher votre jardin, comme dans Les Autres. En fait ce qui est flippant, c’est qu’on n’a rien vu venir et qu’à ce compte là, la voisine du 5e pourrait squater l’immeuble depuis le siècle des Lumières.

En version supportable : Que ce soit Les Revenants de Robin Campillo ou Sparky, le chien de Frankenweenie, il y a quelque chose de merveilleux à voir revenir d’entre les morts les êtres chers que nous avions perdus. Et ce, même si ces derniers ne sont plus tout à fait eux-mêmes.

 


Rick et ses amis dans The Walking Dead, créée par Robert Kirkman (2010)

Les zombies croque-messieurs

 

Pourquoi sont-ils aussi flippants ? Les. Gars. Veulent. Nous. Bouffer ! A l’évidence, les hordes de maître George A. Romero, de Walking Dead et consorts n’ont jamais vu/lu Soleil Vert, auquel cas ils y auraient réfléchi à deux fois avant de croquer de l’humain. Un choix de vie qui défie aussi toute logique contemporaine si l’on considère que notre espèce se divise désormais entre les vegan-hard-core-zéro-gluten (chiquer ça ou une salade verte, même combat) et les siphonnés de la malbouffe (mort immédiate par explosion de diabète). On les aura prévenu.

En version supportable : Dans Warm Bodies, Nicholas Hoult, qui n’est que trop conscient de sa laborieuse condition zombiesque, tente de changer de régime en craquant pour une belle qui fait rebattre son cœur. Choupi.

 


La scène de métamorphose traumatisante du Loup-garou de Londres, de John Landis (1981)

Les monstres de tout poil

 

Pourquoi sont-ils aussi flippants ? Hormis le fait qu’ils veulent, la plupart du temps, que vous leur serviez de cure-dents, vous voulez dire ? Non pas que l’idée d’être appétissant soit forcément désagréable, mais quand on regarde minutieusement la dentition de Cujo, du Chien des Baskerville, du Loup Garou de Londres ou de La Bête du Gévaudan, on a tout de suite plus envie de les orienter vers le dentiste du coin.

En version supportable : Ce n’est pas parce qu’on est grand, gros et qu’on a une grosse voix, qu’il n’y a pas un petit coeur qui palpite sous les poils. Quand il s’agit de Sully et Mike de Monstres et Cie, ou bien des Maximonstres de Max, la fourrure a quelque chose de rassurant. Et de diablement confortable. Câlin ?

 


Le temps du bonheur dans Amityville, la maison du diable, de Stuart Rosenberg (1980)

Le spectre passe-partout

 

Pourquoi est-il aussi flippant ? Lui, on ne le présente plus. C’est le boulet et les chaînes de nos cauchemars. Souvent attifé d’un drap jadis blanc, le fantôme traverse les époques aussi sûrement que les murs de nos maisons. Son grand kiff ? Faire grincer les portes (Hantise), déplacer des trucs sournoisement (Paranormal Activity), improviser des latex parties (American Horror Story) et, inévitablement, nous faire virer psycho (Amityville).

En version supportable : Casper, le gentil fantôme, le copain translucide rondouillard que vous ne pensiez pas avoir un jour, et Bouffe-Tout, le benêt insatiable de S.O.S Fantômes qui vous salopera irrévocablement votre moquette de slime.

 

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