Pixar Story : les débuts chaotiques d’un studio révolutionnaire

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Studios Pixar

 

On connaît tous leurs créations, mais pas forcément leur histoire. Derrière Buzz L’Eclair, Némo ou Flash McQueen, les Studios Pixar ont révolutionné les images de synthèse et façonné le monde digital tel qu’on le connaît aujourd’hui. Retour aux origines de ce studio d’animation, jalonné de rêveurs… et d’un nombre incroyable de galères.

Au début, il n’y avait rien. Les images de synthèse n’existaient pas. C’était le temps de la suprématie de Walt Disney qui abreuvait les enfants du monde entier en princesses chantantes et en gentils animaux dessinés à la gouache. Et puis, un jour de 1986, Pixar a fait son entrée sur la scène de l’animation.

Ed Catmull et John Lasseter chez George Lucas

Au début, donc, il n’y avait rien. Rien sauf un certain Ed Catmull, fondu d’informatique qui adorait bidouiller depuis les balbutiements de la 3D. Engagé en 1979 par George Lucas pour diriger la section informatique de sa toute nouvelle compagnie Lucasfilm, Catmull est alors aux anges.

Tandis qu’il persiste à traficoter des trucs et des bidules ultra-technologiques qui révolutionneront bientôt l’ensemble du parc informatique de la planète, notre fameux Ed croise la route de John Lasseter à une époque où ce dernier tourne en rond chez Disney. « Mon soucis principal, se souvient ce dernier, était que, si je voyais le futur défiler devant mes yeux, Disney ne se montrait guère emballé… » C’est sans regret qu’il rejoint l’équipe de Lucas.

 

Studios Pixar
De gauche à droite, Ed Catmull, le pionnier, Steve Jobs, le financier, et John Lasseter, le créatif, ont marqué l’histoire des Studios Pixar.
 

Du premier court-métrage de John Lasseter à l’arrivée de Steve Jobs

Lasseter lance une idée en l’air. « Et si on faisait de bon vieux personnages à la Mickey ? ». Si ses nouveaux camarades de jeu n’ont d’yeux que pour les robots nourris aux images de synthèse, Catmull le met au défi. Lasseter s’exécute et réalise un premier court-métrage à base d’abeilles bigarrées. Ce sera The adventures of André and Wally B.

Seulement voilà, tandis que Lasseter et Catmull s’amusent, Lucasfilm est dans une telle panade financière que Lucas est à deux doigts de tout arrêter. Catmull prend les choses en main et va trouver le mécène idéal en la personne de Steve Jobs, co-fondateur d’Apple récemment remercié pour ses bons et (pas toujours) loyaux services. Pour quelques dix petits millions de dollars, Jobs rachète la section informatique de Lucasfilm. Nous sommes en 1986. Pixar vient de voir le jour.

 

Studios Pixar
La lampe de bureau héroïne du court-métrage Luxo Jr, de John Lasseter (1986), deviendra l’emblème des Studios Pixar.
 

Luxo : lumière sur la création Pixar

Désormais, toute la troupe des 44 créateurs de Pixar s’active les neurones à des inventions numériques aussi prisées par ILM et Disney que dans les milieux médicaux et judiciaires, réalisant notamment des logiciels de reconstructions graphiques hyperréalistes aptes à simuler des accidents de la route et des crashes aériens.

Lasseter, lui, préfère envisager une belle carrière à sa lampe de bureau. L’équipe achève les images de synthèses de Bernard et Bianca. Lui réalise Luxo, Jr., l’histoire d’une petite lampe espiègle jouant à la balle avec sa maman. Une idée lumineuse puisque le court-métrage est nommé à l’Oscar du Meilleur film d’animation. Luxo devient l’emblème de Pixar.

 

Studios Pixar
En 1989, Pixar est récompensé par son premier Oscar du Meilleur court-métrage d’animation, grâce à Tin Toy (à droite). Red’s Dream (à gauche), lui, n’avait pas eu cette reconnaissance.
 

Lasseter embraye sur les aventures d’un vélo qui a des idées de grandeurs. Si Red’s dream est boudé par les pontes de l’Académie des Oscars, qu’à cela ne tienne, Lasseter réplique par Tin Toy, ou l’attaque d’une couche culotte sur pattes sur un petit jouet jovial. Jackpot ! En 1989, le réalisateur empoche un Oscar du Meilleur court-métrage d’animation. Même Disney revient lui faire les yeux doux.

Mais la liesse de cette première victoire n’est que de courte durée. Les bilans sont dans le rouge. « N’importe quelle société de capital-risque nous aurait coupé les vivres depuis longtemps, se rappelle Ed Catmull. Mais Steve Jobs y croyait, et a versé 50 millions de dollars. » Sauf que voilà, pour sauver Pixar, il en faudra bien plus…

 

Studios Pixar
Pixar réalise des prouesses technologiques lors de la scène de la valse de La belle et la bête (1991)
 

Walt Disney, le sauveur providentiel

1991. Face à tant d’audace créative, Disney trépigne. Encore sous le choc des prouesses techniques qui ont donné vie au cyborg de Terminator 2 (réalisé à partir d’un des logiciels estampillés Pixar) et à la scène de valse sur la musique « Histoire éternelle » dans La Belle et la Bête, Disney se décide à envoyer un courrier à Steve Jobs. La proposition est la suivante : le financement et la distribution de trois long-métrages dont 87,5 % des recettes reviendrait à Disney. Steve Jobs est en joie, Pixar est sauvé, et leur petite troupe peut désormais s’affairer sans risque de pointer au Pôle Emploi local.

Lasseter décide d’insuffler une étincelle de vie aux jouets de son enfance. En 1995, Toy Story entre dans l’histoire comme le premier long-métrage d’animation entièrement généré par ordinateur. L’armée de joujoux fait un tabac dans les salles. Les yeux des petits s’écarquillent de ravissement quand les plus grands savourent l’humour ciselé de ce bijou aux multiples références.

 

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En 1995, la sortie de Toy Story est une véritable révolution dans le monde de l’animation.
 

Le monde de Némo détrône Le roi lion

Dès lors, Pixar n’aura de cesse de battre ses propres records. Après la colonie d’insectes en déroute de 1001 pattes, et avoir ajouter une nouvelle aventure au palmarès de Woody et Buzz, dans Toy Story 2, Lasseter passe la main à Pete Docter qui sort aussitôt une batterie de monstres de son placard d’enfant (Monstres & Cie). Chaque nouvelle création Pixar se change en évènement, repoussant chaque fois les limites du box-office du précédent.

Lorsque arrive le tour d’Andrew Stanton et de Lee Unkrich, leur Monde de Nemo ne faillit pas à la règle. L’épopée de leur petit poisson dans la Grande Barrière de Corail emporte dans son sillage le record du plus grand succès pour un film d’animation détenu par Le Roi Lion, des studios Disney.

Le clan des joyeux drilles en chemises hawaïennes de San Francisco a encore frappé. Pixar fait désormais le bonheur des boursicoteurs. Entre-temps, Steve Jobs, sacré multimilliardaire, a assuré les revenus des petits Jobs sur une cinquantaine de générations (en créant l’I-Mac, le I-Pod et tout ce qui s’en suivra). John Lasseter est devenu vice-président d’une entreprise de 750 animateurs qui collectionnent les récompenses les plus prestigieuses. Et leurs péripéties sont loin d’être finies…

 

Studios Pixar
Le monde de Némo emporte le record de box-office détenu pour un film d’animation par Le roi Lion. Tout un symbole.
 

Suite de notre Pixar Story, à découvrir prochainement…

 

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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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