Après la rétrospective que lui avait consacré la Maison Européenne de la Photographie en 2013, c’est au tour de la galerie Polka de mettre à l’honneur l’un des plus grands photographes américains de la couleur, Joel Meyerowitz, à l’occasion d’une exposition en deux volets, « Taking My Time », du 5 novembre au 21 décembre 2016 puis du 7 janvier au 4 mars 2017.


Cette rétrospective, envisagée comme une autobiographie méditative par le photographe lui-même, mêle des photographies célèbres et d’autres moins connues. En replongeant dans ses souvenirs, Meyerowitz revient sur toutes les étapes fondamentales de son parcours : ce premier volet met en avant ses photographies de rue à New York, Los Angeles, San Francisco et en Floride, ainsi que celles prises lors de son voyage en Europe, tandis que le second volet se concentrera sur les photographies de paysages aux lumières tantôt éblouissantes, tantôt crépusculaires, qui ont fait sa renommée dans les années 1980.

En 1962, à l’âge de 25 ans, Joel Meyerowitz rencontre Robert Frank dans une agence de publicité. Fortement marqué par cette rencontre, celui qui travaillait jusqu’ici comme directeur artistique et designer quitte son boulot et se consacre entièrement à la photographie.
C’est dans les rues des grandes villes des États-Unis qu’il initie son regard. Il s’inscrit immédiatement dans la plus pure tradition de la street photography, celle d’un Cartier-Bresson ou d’un Robert Frank, mais aussi de Garry Winogrand, son contemporain.
À la différence près qu’immédiatement, il fait le choix de la pellicule couleur dont il devient un des grands maîtres aux côtés de William Eggleston et  Stephen Shore. « Tout ce que je voulais, c’était être dehors, dans les rues de New York. Mon premier appareil photo, prêté par mon patron, je l’ai chargé avec une pellicule couleur, sans penser une seule seconde qu’il put y avoir une autre alternative… » dira-t-il.

Images fondatrices de toute sa pratique photographique à venir, ses premières photographies de rue frappent, tant elles réussissent à saisir aussi bien l’effervescence de la vie urbaine que le silence des plages de Floride. Une approche qu’il met également en pratique lorsqu’en 1966 il part faire son « Grand Tour » en Europe. Un voyage d’un an et demi au cours duquel le photographe passe par l’Angleterre, la France, l’Espagne, l’Italie, la Grèce… À son retour, en 1968, John Szarkowski, légendaire conservateur du Département de la photographie du MoMA, y organise sa première exposition de photographies en noir et blanc prises depuis sa voiture : « My European Trip: Photographs from the Car ».

Au milieu des années 1970, la photographie de Joel Meyerowitz aborde un tournant majeur. Les clichés pris sur le vif dans les rues de New York laissent place à des photographies de paysage réalisées à la chambre, beaucoup plus théâtrales et majestueuses, aux couleurs somptueuses et à la composition contemplative.
Une évolution notable qui aboutit en 1979 à la publication de l’ouvrage Cape Light, point de repère majeur dans l’histoire de la photographie couleur, vendu à plus de 150 000 exemplaires et toujours réédité. Suivront dix-sept publications, dont la dernière en date, Taking My Time, une rétrospective de 50 ans de photographie en deux volumes, publiée par Phaidon, et dont s’inspire la conception de cette exposition en deux volets.

 

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  • Expo : Joel Meyerowitz - Taking My Time
  • A la galerie Polka (Paris 3e) Jusqu'au 21 décembre 2016
  • Copyrights : © Joel Meyerowitz / Polka Galerie
  • Texte : Thomas Lapointe
  • Website : www.polkagalerie.com

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