Jusqu’au 27 mai, la galerie Les Douches accueille une exposition de Ray K. Metzker, un des grands noms de la photographie américaine, et pourtant trop peu reconnu de ce côté de l’Atlantique.


À travers une sélection d’une soixantaine de tirage d’époque, l’exposition se concentre sur les photographies de rue de Ray K. Metzker qui, tout au long de sa carrière, ont fait la colonne vertébrale d’une œuvre en perpétuelle évolution.

À 12 ans, il découvre la photographie lorsque sa mère lui offre son premier appareil. Son apprentissage, il le fait en feuilletant les magazines Life et Look, tandis qu’il expérimente le tirage dans sa chambre et participe à plusieurs concours de photo au lycée. Après des études d’arts au Beloit College dans le Wisconsin, il se retrouve en poste dans l’armée en Corée.

À son retour en 1956, il intègre l’Institute of Design de Chicago – fondé en 1937 par le peintre et photographe László Moholy-Nagy et un temps dénommé le « nouveau Bauhaus » – où il suit les enseignements de deux grands de ses prédécesseurs, l’expressionniste abstrait Aaron Siskind, et Harry Callahan, dont l’influence, notamment graphique, sur son travail est manifeste. Les images du centre-ville de Chicago qu’il présente pour son diplôme de fin d’études tapent dans l’œil d’Edward Steichen, qui en achète une dizaine et les présente la même année au MoMA, dont il est alors le conservateur du département de photographie, dans l’exposition « Photographs from the Museum Collection ».

Que ce soit à Chicago, à Philadelphie où il s’installe en 1962, ou en Europe où il voyage entre temps, les photographies de Ray K. Metzker s’inscrivent à première vue dans la plus pure tradition de la street photography américaine. À ceci près qu’immédiatement, celui-ci fait le choix d’une photographie plasticienne qui dépasse l’aspect purement documentaire de ses images. En accentuant à outrance les contrastes entre noir et blanc, ses compositions audacieuses prennent des allures de scènes de films noir à l’atmosphère angoissante, dans lesquelles les passants ne sont plus que des silhouettes perdues dans l’immensité des rues aux airs de plateaux de cinéma désertés. Parfois, ses photographies vont jusqu’à flirter malicieusement avec l’abstraction, lorsque n’émergent plus du noir ambiant que les derniers reflets lumineux encore visibles sur une carrosserie de voiture ou lorsqu’il scrute à travers son objectif les moindres détails de la surface de l’asphalte.

Tout au long de sa carrière au cours de laquelle il n’a cessé d’explorer les potentialités du médium photographique, c’est la rue qui a servi de matière première à ses expérimentations artistiques, que ce soit pour sa série « Composites » dans laquelle il crée des photomontages surréalistes, ou dans sa série « Pictus Interruptus » dans laquelle un objet en premier plan obstrue partiellement l’objectif de l’appareil et remet en cause l’harmonie de la mise au point.

Avant de partir, au milieu des années 1980, vers de nouveaux horizons, puisqu’il se met alors à photographier – avec lyrisme – l’immensité lumineuse des paysages de campagnes.

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  • Expo : Ray K Metzker - Abstractions
  • Aux Douches la Galerie (Paris 10e) Jusqu'au 27 mai 2017
  • Copyrights : © Estate of Ray K. Metzker Courtesy Les Douches la Galerie, Paris & Laurence Miller Gallery, New York
  • Texte : Thomas Lapointe
  • Website : www.lesdoucheslagalerie.com

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