Portrait de famille, un adieu à Parenthood

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Et voilà, une série de plus pour qui le clap de fin est arrivé. Il y en a des pelletées par an et parfois même certaines dont on est soulagé de voir arriver la conclusion. C’est loin d’être le cas pour Parenthood. Car ça y est, après 103 épisodes et 6 ans, la série de Jason Katims a tiré sa révérence sans avoir fait la saison de trop. Et surtout, comme à son habitude, non sans avoir fait couler quelques larmes.

Parenthood est arrivée en 2010, faisant suite à Brothers & Sisters, La vie à cinq, Gilmore Girls ou encore Everwood dans la pure tradition des dramas familiaux. Et comme les Walker, les Ingalls, les Camden ou autres Fisher avant eux, les Braverman (qui portent bien leur nom) nous ont bien vite donné envie de faire partie de leur famille.
A la base rien d’original : un couple, quatre enfants, les rustines et leur descendance. Et autant de façons d’explorer la parentalité. Il y a Adam, aîné responsable qui a su garder le cap et servir de repère malgré le handicap et la maladie entrés dans sa vie ; Sarah, mère célibataire qui décide de repartir à zéro avec ses deux ados sous le bras ; Julia dont la vie professionnelle et la stérilité auront mis le couple a mal ; et enfin Crosby, éternel adulescent à qui il faudra la découverte d’une paternité tardive pour enfin se lancer dans la vie. Et puis tous les autres, car comme tout arbre généalogique, celui des Braverman a de nombreuses ramifications. Mais la série n’est jamais aussi touchante et amusante que quand ces quatre là se retrouvent, loin de leurs responsabilités de parents ou d’enfants, et vous prouvent que l’on peut vivre au travers de la fratrie l’une des relations les plus épanouissantes au monde.

Un réalisme humaniste

Une part non négligeable de la réussite de Parenthood vient de son authenticité. En gardant comme point d’orgue un naturel qui ne peut rendre le spectateur que concerné, ému de retrouver des situations qu’il connait bien, traitées avec respect, élégance et émotion, Parenthood touche au coeur. Loin de banaliser les passages obligés de la vie que sont les mariages, les divorces, les succès, les échecs, les naissances, les maladies ou les morts, la série, bien que parfois utopique, évite les clichés en jouant la carte du réalisme.
Cet humanisme dans la caractérisation des personnages et des situations est la marque de fabrique du showrunner de la série, Jason Katims. Si je vous dit que c’est à lui que l’on doit Angela, 15 ans, Roswell, Boston Public et surtout Friday Night Lights, je pense que vous voyez ce dont je veux parler. Son plus grand fait d’armes sur Parenthood aura été de traiter avec finesse des storylines sur l’autisme, le mariage interracial, le cancer du sein ou bien encore le syndrome post-traumatique là où d’autres les auraient au mieux banalisées, ou au pire stigmatisées.

Forever young

Le rideau se baisse sur la série, mais il se baisse aussi un peu sur le drama familial en général. Elle était en effet la dernière représentante du genre, aujourd’hui remplacée socialement et télévisuellement par les familles d’amis que l’on se choisit (Girls), ou plus volontiers par les comédies (Modern Family), sans parler du soap (Empire). Parenthood était le dernier drama où la famille n’est pas dysfonctionnelle (Shameless), mais le cocon dans lequel on se réfugie afin de trouver qui l’on est.
Feel good série, parfois mélancolique mais toujours spontanée, Parenthood est comme les meilleurs parents, elle a compris que la vie continue et qu’il faut lâcher la main de son spectateur/enfant pour le laisser faire ses propres expériences. Si on a bien fait son boulot, il revient toujours. Ses dernières minutes sont à mettre au panthéon des plus émouvantes, aux côtés de celles de Six Feet Under et Friday Night Lights, un tourbillon de la vie dont on se rappellera bien après le fondu au noir. May you stay forever young.


(Et comme toute bonne fin de repas de famille chez les folky Braverman, on termine avec les meilleurs moments musicaux de ces 6 années.)
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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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