Quentin Dolmaire, une voix toute tracée

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quentin dolmaire © fred stucin

© Frédéric Stucin

 

Bel et sombre inconnu de 21 ans, Quentin Dolmaire est la révélation qu’Arnaud Desplechin a sorti de son chapeau pour Trois souvenirs de ma jeunesse. Prequel adolescent à Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle), il reprend avec fraîcheur le rôle de Paul Dédalus, parrainé du coin de l’œil par Mathieu Amalric.

Trois souvenirs de ma jeunesse, encensé à La Quinzaine des Réalisateurs lors du 68ème Festival de Cannes, est sorti en salles dans la foulée. Arnaud Desplechin en profite pour rappeler au bon souvenir des spectateurs Paul Dédalus, personnage clé de sa cinématographie qu’il avait inventé en 1995 dans Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle), puis évoqué furtivement dans Un conte de Noël.
Le film, tendre labyrinthe autobiographique mais un poil fantasmé de la jeunesse de Desplechin dans le nord de la France, raconte les amours turbulentes entre Paul et Esther, qui découvrent la difficulté de s’aimer sans s’aimer trop.

Impétueux et filou

Dans le rôle de l’étudiant nonchalant mais passionné, Quentin Dolmaire, novice qui n’avait jusqu’à maintenant jamais joué dans un long-métrage ou même passé de casting, charme. Il incarne un Paul Dédalus fougueux et racé, bien aidé par le répondant de Lou Roy-Lecollinet, sa partenaire avec qui l’alchimie est parfaite. Lui, qui avoue avoir ressenti une certaine pression à succéder à Mathieu Amalric, porte avec fraîcheur la nonchalance de Dédalus. Le jeune homme, qui suit depuis deux ans les enseignements du cours Simon, possède la grâce photogénique des plus grands. A choisir sa famille d’acteurs, on le placerait entre Félix Moati et Louis Garrel. L’impétuosité de l’un et la filouterie de l’autre.

Il était une voix

Quentin Dolmaire utilise son petit côté dandy pour ne pas faire de Paul Dédalus un simple beau parleur qui se perdrait dans des textes trop littéraires. Lui qui se réclame du cinéma d’Albert Dupontel, Quentin Dupieux ou Gaspar Noé, trouve complètement sa place dans l’auteurisme de Desplechin. Il y est enjoué et lunaire, à la fois très présent et parti loin. Une particularité qui donne envie à celui qui le regarde de le retenir pour essayer de le connaître. Humour canaille et débit alanguit calqué sur Amalric, c’est pourtant surtout sa voix que l’on retient. Une voix sans âge, à la fois grave et enfantine, rocailleuse mais cristalline. Une fois les yeux fermés, elle vous ferait oublier les 21 ans de son détenteur. Sa voie (voix) semble toute tracée.

 

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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