Retour vers le futur, que sont-ils devenus ?

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Ça y est, cette fois, c’est pour de bon. Pas d’entourloupes sur la date, c’est cette semaine que Marty McFly débarque du passé. Dans le 2e film de la trilogie Retour vers le futur, la DeLorean dépose Michael J.Fox dans le Hill Valley de 2015. L’occasion pour Pop’ Up de revenir sur ce qui rend cette saga culte. Commençons par ses acteurs et ce que leur présence au générique des films de Robert Zemeckis a changé pour eux. Ou pas.

Michael J. Fox

Michael J. Fox (Marty McFly)

Saut dans le passé : avant d’enfiler les baskets de Marty McFly, Michael J. Fox n’est connu que pour un rôle à la télévision. Depuis 1982, il attire tous les regards dans la série Sacrée famille. Rejeton ambitieux et conservateur d’une famille de hippies, le rôle d’Alex lui vaudra trois Emmy Awards et un Golden Globe.

Retour vers le futur : après avoir enchaîné les deux derniers Retour vers le futur, Michael J. Fox compte bien jouer de sa popularité pour être partout. La découverte de sa maladie de Parkinson, à 30 ans seulement, sur le tournage de Doc Hollywood en 1991, l’anéantit. Il se réfugie dans l’alcool et ne trouve plus que de sombres seconds rôles au cinéma. Tim Burton dans Mars Attacks ! et Peter Jackson avec Fantômes contre fantômes le remettront sur le devant de la scène. Mais c’est grâce à la télévision que viendra son salut. Avec Spin City notamment, où Fox incarne un chef de cabinet sans scrupules dans les coulisses de la mairie de New York. Il remportera, grâce à ce rôle, trois Golden Globes et un Emmy Award. Très impliqué dans la lutte contre la maladie de Parkinson, il intègre de plus en plus sa maladie à ses rôles. Il interprète depuis quatre saisons un avocat impitoyable mais attachant atteint d’une maladie neuro-dégénérative dans The Good Wife. Il a même tenu le rôle principal d’une série inspirée de sa vie avec la maladie, The Michael J. Fox Show, qui n’a malheureusement pas trouvé son public.

Année à cocher dans l’almanach : 1989. L’année de Retour vers le futur 2 et Outrages, de Brian De Palma. La reprise du rôle de Marty McFly assoit sa popularité, tandis que son interprétation d’un soldat traumatisé dans Outrages lui apporte la reconnaissance de ses pairs. De plus, il remporte cette année là le Golden Globes et l’Emmy Award du meilleur acteur dans une série comique pour Sacrée famille.

christopher lloyd

Christopher Lloyd (Doc Emmett Brown)

Saut dans le passé : à 20 ans, Christopher Lloyd a déjà une vingtaine de productions de Broadway sur le CV. Il tape une première fois dans l’œil d’Hollywood avec un premier rôle au cinéma, celui d’un fou dans Vol au-dessus d’un nid de coucou. Mais la télé l’accapare de 1978 à 1983 avec Taxi, une sitcom sur les chauffeurs d’une compagnie new-yorkaise. Il incarne le révérend Jim Ignatoswki, un ancien hippie cramé par la drogue que les taxis vont prendre sous leurs ailes. Lloyd partage l’affiche avec Tony Danza, Judd Hirsch, Danny DeVito et Andy Kaufman et remporte deux Emmy Awards pour ce rôle. En 1984, il fait une petite incursion dans l’univers Star Trek en endossant les prothèses et la pilosité marquée du commandant Kruge.

Retour vers le futur : même s’il a eu d’autres rôles marquants (le juge DeMort dans Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, où il retrouve Robert Zemeckis, l’oncle Fétide de La Famille Addams), le Doc semble coller à la peau de Christopher Lloyd. Peut-être encore plus que Marty McFly aux baskets de Michael J. Fox. Très présent à la télévision, Lloyd finit toujours par y interpréter des personnages loufoques dans la lignée du scientifique : le professeur Beanes dans Histoires fantastiques, le grand-père de Malcolm, une apparition dans un épisode hommage à Retour vers le futur dans Raising Hope

Année à cocher dans l’almanach : 1985. Il décroche le rôle de Doc Brown, le sésame vers tous ses autres rôles cultes dans le cinéma familial et populaire (Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, La Famille Addams, Denis la Malice…)

Thomas F. Wilson

Thomas F. Wilson (Biff Tannen)

Saut dans le passé : élève appliqué en sciences politiques, musicien émérite, Thomas F. Wilson fait la fierté de l’Université d’Arizona. Puis il s’inscrit à l’American Academy of Dramatic Arts et décroche, en 1985, le rôle de Biff Tannen, la brute épaisse qui cherche des noises à George et Marty McFly.

Retour vers le futur : doubleur, musicien, peintre et photographe avec plus ou moins de succès, Wilson aurait sûrement subi les foudres de Tannen. Catholique convaincu, il en a coûté à Thomas F. Wilson de martyriser son prochain en tant que Biff, Bufford ou Griff Tannen.  L’acteur n’a jamais retrouvé de rôles aussi forts mais est toujours réapparu régulièrement sur les écrans : un petit rôle chez Soderbergh (The Informant!), une apparition dans Les Flingueuses, une voix dans Rio, des rôles récurrents dans Freaks & Geeks et Ghost Whisperer… Polyvalent Thomas F. Wilson écrit et joue également des spectacles de stand-ups et anime des podcasts où il ne manque pas de revenir sur ces années dorées où il était l’ennemi public n°1.

Année à cocher dans l’almanach : 1999. Si le rôle des infâmes Tannens est probablement le plus marquant de sa carrière, celui du coach Ben Fredricks dans Freaks & Geeks, avait réussi à montrer une nouvelle facette de l’acteur. Une raison de plus de pleurer, encore aujourd’hui, l’annulation bien trop précoce de la dramédie teenage de Paul Feig et Judd Apatow.

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Crispin Glover (George McFly)

Saut dans le passé : Fils de Bruce Glover, acteur aperçu dans Les diamants sont éternels et Chinatown, Crispin démarre adolescent dans des sitcoms, notamment Happy Days et Sacrée famille, avec Michael J. Fox. Il décroche un petit rôle dans Vendredi 13 : chapitre final mais retient surtout l’attention en drag queen fan d’Olivia Newton-John dans The Orkly Kid, un court-métrage de Trent Harris.

Retour vers le futur : Même s’il n’a pas souhaité faire partie des deux derniers volets de la saga, on se souvient généralement plus de Crispin Glover que de Jeffrey Weissman dans le rôle de George McFly, le souffre-douleur de Biff Tannen et père de Marty. Après cette aventure, qui ne lui a pas laissé que des bons souvenirs, Glover cultive son étrangeté. Médecin légiste au grand cœur dans Gilbert Grape, mutique Sac d’Os dans Charlie et ses drôles de dames, creepy jeune homme capable de communiquer avec les rats dans Willard, il retrouve même Robert Zemeckis dans Beowulf pour incarner, en motion capture, Grendel, un affreux monstre tranchant tout ce qui lui tombe sous la main. Egalement musicien et écrivain à ses heures perdues, Crispin Glover a finalement réussi à se sortir du rôle de George McFly.

Année à cocher dans l’almanach : 1991. Cette année là, après s’être mis en danger chez David Lynch dans Sailor & Lula, il devient Andy Warhol dans le biopic des Doors signé Olivier Stone.

lea thompson

Lea Thompson (Lorraine Baines-Mc Fly)

Saut dans le passé : fille de divorcés alcooliques, Lea Thompson quitte le domicile parental avec le but de percer à Hollywood. Un petit rôle dans Les Dents de la mer 3 et une romance avec Dennis Quaid débloquent très vite les choses. Elle donne la réplique à Tom Cruise dans L’esprit d’équipe et fait partie de l’uchronie de John Milius, où des lycéens se retrouvent en pleine Troisième Guerre mondiale (L’aube rouge). Elle devient alors Lorraine Baines, la future Mme McFly qui en pince pour le fils qu’elle n’a pas encore eu.

Retour vers le futur : avant de revenir pour les deux derniers Retour vers le futur, Lea Thompson a fait partie de l’accident industriel Howard the Duck. Produit par George Lucas, le film est l’un des des plus gros gadins commerciaux de l’histoire du cinéma. Nul ne sait si c’est ce qui empêcha l’actrice d’obtenir de grands rôles, mais elle poursuit tout de même une petite carrière sur le grand, et surtout le petit écran. Un épisode de Friends par ci, son propre rôle en gimmick comique dans A to Z par là, et, surtout, l’un des rôles principaux de Switched at Birth depuis quatre saisons. Lea Thompson y est la mère d’une des deux adolescentes échangées à la naissance.

Année à cocher dans l’almanach : 1995. Lea Thompson décroche le rôle principal de la sitcom Caroline in the City, celui d’une dessinatrice à la recherche de l’amour. Succédant à Seinfeld le jeudi soir, la série est un succès et a droit à quatre saisons.

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Elisabeth Shue (Jennifer Parker-McFly)

Saut dans le passé : issue d’une famille aisée, Elisabeth Shue trompe l’ennui en quittant ses études à la prestigieuse université d’Harvard et en commençant une carrière d’actrice. De publicités en rôles de perfect girlfriend (Karaté Kid, Cocktail…), elle acquiert une petite notoriété. Hantée par la mort de son frère, empalé sous ses yeux, elle suit les conseils de son psy et accepte de reprendre le rôle de Jennifer Parker, abandonné par Claudia Wells, pour Retour vers le futur 2 et 3.

Retour vers le futur : trouvant, bon an mal an, toujours des petits rôles, sa carrière explose quand elle enchaîne, en 1995, A fleur de peau, de Steven Soderbegh, et Leaving Las Vegas, de Mike Figgis. La reconnaissance critique et publique lui permet d’obtenir des rôles dans des films populaires (Le Saint, La Cité des anges…) et de travailler avec les réalisateurs indépendants qu’elle admire (Woody Allen pour Harry dans tous ses états, Gregg Araki pour Mysterious Skin…). Elisabeth Shue est probablement, de tout le cast, celle qui a le mieux capitalisé sur sa participation à la saga culte.

Année à cocher dans l’almanach : 1995. Son personnage de prostituée venant en aide à un alcoolique suicidaire dans Leaving Las Vegas, face à Nicolas Cage, lui vaut de multiples récompenses et nominations, notamment à l’Oscar de la meilleure actrice.

zemeckis

Robert Zemeckis

Saut dans le passé : impressionné par ses films d’étudiant à l’Université de Californie du Sud, Steven Spielberg prend Robert Zemeckis sous son aile et co-produit ses deux premiers longs-métrages. Crazy Day et La Grosse magouille ne trouvent malheureusement pas leur public et son idée d’un adolescent voyageant dans le temps doit attendre. Son film d’aventure avec Michael Douglas, A la poursuite du diamant vert, marche bien et il peut entamer le tournage de Retour vers le futur. Le succès du film est colossal et Zemeckis peut alors se lancer dans un autre projet qui lui tient à cœur : allier prises de vues traditionnelles et animation dans une satire du show-business. Qui veut la peau de Roger Rabbit ? remporte quatre Oscars avant que le réalisateur ne retourne faire rouler la DeLorean à 88 miles à l’heure vers le futur.

Retour vers le futur : Zemeckis devient un faiseur de succès et un technicien hors-pair à la recherche de la moindre innovation. Ses films « traditionnels » allient toujours souffle épique, confirmation critique et succès public (Forrest Gump, Contact, Seul au monde), puis il expérimente de nouvelles techniques : la 3D ou la motion capture sur Le Pôle Express, La Légende de Beowulf et Le drôle de Noël de Scrooge. Zemeckis est une sorte de Doc Brown du 7e art, finalement.

Année à cocher dans l’almanach : 1995. Robert Zemeckis remporte pas moins de six Oscars pour Forrest Gump : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleur scénario adapté, meilleur montage et meilleurs effets visuels. Le film est, aujourd’hui encore, le plus gros succès de son réalisateur et est conservé dans la Bibliothèque du Congrès Américain, car reconnu comme étant culturellement, historiquement et esthétiquement important. La vie est décidément comme une boîte de chocolats…

Notre dossier spécial continue avec…

SlideInventionsJe veux mon Hoverboard !

5 objets mythiques venus du futur de Marty jusqu’au nôtre

Hoverboard, baskets à laçage automatique, lunettes virtuelles… En 1989, Retour vers le futur 2 nous en mettait plein les mirettes avec les must have de demain. C’est très bien tout ça, mais concrètement, là, on en est où ?

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incohérencesLes incohérences spatio-temporelles de Retour vers le futur

Le réalisateur Robert Zemeckis a parfois cafouillé, à trop tripatouiller le continuum espace-temps. On ne lui en veut pas, mais on a relevé là où ça partait en sucette.

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SlidePlaylistRVLFLa playlist de Marty McFly

On vous a concocté une playlist de voyageurs spacio-temporels, de mélomanes nostalgiques de leur passé ou pressés de découvrir leur futur. Un peu comme McFly et Brown finalement. Nul doute que, si la DeLorean avait eu un autoradio, ils auraient écouté ces morceaux.

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SlideFanDeRVLFL’homme qui a vu Retour vers le futur 2 000 fois

Retour vers la passion de Rémy Conceiçao, sympathique tatoueur marseillais de 31 ans qui a vu Retour vers le futur plus de 2 000 fois.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

9 Responses

  1. Clément Sautet

    Mais qu’est devenu Einstein ?
    La question qu’on se pose tous 😉

  2. Excellent article mais je tiens à signaler que ce n’est pas Robert Zemeckis jeune sur la photographie mais Huey Lewis (rôle d’un des jurés dans le premier film qui fait alors une critique sur sa propre chanson), l’interprète des chansons Back in Time et The Power of Love !

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