Rétro 2014, les 10 meilleurs albums (2è partie)

Classé dans : Musique, Top 5 Records | 1

Rien de plus subjectif que des goûts en matière d’art, et peut-être même plus spécifiquement en musique. La preuve, certains aiment bien Keen’V… Si vous suivez un peu les aventures musicales de Pop’Up, vous vous êtes sans doute rendu compte que je suis plutôt indie/rock/folk. C’est donc des albums dans ces tonalités que vous retrouvez dans ce top. Et comme ne garder que 5 albums me paraissait bien trop difficile (et bien trop injuste), il y en aura 10. C’est un moindre mal quand on met en perspective le nombre de disques sortis et entendus en 2014. Il faudrait d’ailleurs plus d’une vie si l’on voulait être exhaustifs.
Alors prenez ces albums pour ce qu’ils sont : bons évidemment, mais aussi français, québécois, américains ou australiens ; pop, folk ou slam ; épiques ou plus confidentiels, mais surtout l’expression de goûts personnels. On dit que ce que l’on écoute reflète assez bien ce que l’on vit. J’ai sautillé avec The Dø, admiré la qualité des textes de Ben Mazué, fait du air guitar chez Jack White, rêvassé avec Angus & Julia Stone et bu en partageant le spleen de Peter Peter. Et j’espère que vous aussi.

the do
Et dire que The Dø doit sa popularité (mais pas son succès) à une marque de cahiers qui sonne très anglo-saxonne… De leurs premiers pas pop et folk Dan et Olivia ont décidé de ne pas faire une fabrique à tubes. A l’image du titre de leur 3è album, Shake, Shook, Shaken, ils ont tout effacé, balancé toutes leurs influences et envies dans un shaker et remué, secoué, chahuté le tout. Leur mantra ? Faire une musique ancrée dans son époque et pour cela utiliser l’électronique. Leur tour de force est de rendre ces machines aux sonorités froides capables de bouleverser et d’émouvoir, tout en n’oubliant pas l’élasticité et la dynamique qui en font l’un des groupes les plus lumineux du moment. Plus que jamais, The Dø c’est la musique du futur. Et le futur de la musique.

ben mazué

Il fallait au moins Ben Mazué pour me faire écouter, et a fortiori aimer, de la chanson française. Si la musique de ce niçois m’a captée c’est probablement parce qu’elle se situe entre slam et mélodie et qu’elle possède surtout des textes d’une beauté, d’une simplicité et d’un flow incroyable. 33 ans est presque un album concept, la moitié des morceaux sont nommés d’après un âge et raconte une tranche de vie qui lui est propre. La première fois, la retraite, la drague, la drogue, le deuil… L’intelligence d’écriture de Mazué rend chaque chanson très cinématographique et permet à l’artiste de transformer ses maux en mots. Du grand art.

jack white

A l’inverse des The Dø, Jack White semble avoir fait de sa musique un panthéon au blues et au rock d’autrefois. Pour lui, clairement, c’était mieux avant. Et en l’écoutant on en vient à se demander s’il n’a pas raison. Séduits dès qu’il sortait un album avec ses innombrables groupes (feu les White Stripes, The Raconteurs ou The Dead Weather), on a quand même dû attendre un sacré bout de temps avant d’entendre ce que valait le monsieur en solo. Deux ans, deux albums, maintenant on ne l’arrête plus. En guitar hero amoureux de la six cordes, Lazaretto s’avère être une déclaration d’amour autant qu’une expérimentation pour et sur le rock. Distorsion des sons et de sa voix si pressée, Jack White s’amuse et fournit un des albums les plus réussis de l’année. Rock et baroque à la fois.

angus and julia stone

Jusqu’à maintenant, en groupe ou en solo, Angus & Julia Stone étaient synonymes de folk ensoleillée et mélancolique aux doux relents d’Australie. Oui, mais ça c’était avant. Partis vivre leurs expériences chacun de leur côté, il a fallu tout le talent et la persuasion du producteur Rick Rubin (Jay-Z, Red Hot, Johnny Cash) pour refaire collaborer le frère et la soeur. Peu doués pour la communication (ils avouent volontiers en apprendre plus sur l’autre en lisant ses textes qu’en discutant), le pré-requis à ce 3è album fut de tout faire à 4 mains. Une gageure. En ressort une certaine urgence, un son plus électrique, plus brut et un duo plus proche des Kills ou des White Stripes, tout en ayant réussi à garder cette sensibilité frissonnante. Pour s’en rendre compte, se rendre sur le dernier morceau, « Crash & Burn« , enregistré au milieu de la nuit en une prise. Flamboyant.

peter peter

Peter Peter et son nom doublon qui méritait un reboot. Le québécois, borderline, a préféré se faire la voix d’une génération un peu bancale plutôt que de se perdre dans les volutes d’alcool. Les vapeurs éthyliques, il préfère donc les mettre sur ses morceaux à cheval entre la mélancolie et la rage, entre espoir et désespoir. Le saxophone eighties côtoie l’électro et des textes d’une modernité sans faux-semblants sur la jeunesse d’aujourd’hui. Plus José Gonzalez que Coeur de Pirate (avec qui il collabore pourtant), sa « Version améliorée de la tristesse » a trouvé le parfait alliage entre contemplation et énergie. Le don de faire pleurer et danser à la fois.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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  1. […] les places 6 à 10, voici le haut du panier, les 5 albums qui ont marqué mon année 2014. Y’a pas à dire ça […]

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