Rétro 2014, les 10 meilleurs films (2è partie)

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150 films vus cette année, je vous rassure j’ai une vie aussi à côté. Un peu. Si au Panthéon des années cinématographiques je devais noter 2014, elle obtiendrait une bonne note. Je n’en étais pas sûre en y repensant à brûle pourpoint, mais une fois les titres de la quinzaine de films m’ayant marquée devant les yeux, force était de constater leur puissance, leur beauté, leur intelligence. Ces films sont symptomatiques de ce et ceux qui m’ont fait aimer le cinéma. On y retrouve certains de mes réalisateurs chouchous (Wes Anderson ou Spike Jonze), certaines des thématiques qui me sont chères (la solitude, la famille), et des acteurs qui, quoiqu’ils fassent, me fascinent (Tilda Swinton, Joaquin Phoenix). Ouais, définitivement, les cinq premiers films de ce top sont des oeuvres biens dans leur époque. Ou peut-être est-ce notre époque qui crée ces très fortes, très belles, très intelligentes oeuvres ? Dans ce cas, merci 2014.

The Grand Budapest Hotel

Je crois que quand je serai grande je voudrais être Wes Anderson. Ça se joue entre être Wes Anderson ou vivre dans un de ses films. En fait je voudrais être Wes Anderson, dans un film de Wes Anderson. Ouais, voilà. Depuis maintenant huit films, les oeuvres du texan ont ce petit quelque chose de rassurant, d’enfantin et de décalé. Décalé et calé à la fois, quand on connait l’obsession de leur auteur pour la symétrie. The Grand Budapest Hotel, en plus de conserver les qualités que l’on connaissait déjà à Anderson (singularité, sens du burlesque, esthétique, poésie), lui amène une certaine profondeur, pour ne pas dire gravité. Entre des courses-poursuites exquises, de savoureuses religieuses, un tableau volé, une héritière assassinée et une confrérie des concierges d’hôtel, la narration d’Anderson, toujours virtuose, prend un tour mélancolique et tragique. Avec pudeur, elle révèle une nouvelle facette du réalisateur : son humanité face à l’obscurantisme. Après le rire et la nostalgie, les films de Wes Anderson provoquent donc aussi les larmes.

interstellar

Plus intéressante à analyser que ses films est l’ambition de Christopher Nolan. D’une relecture approfondie du mythe super-héros dans la trilogie Dark Knight, à l’analyse des rêves avec Inception, la filmographie du britannique épate. A croire qu’il aurait compris comment filmer la science (et ainsi la rendre populaire), en la cachant quelque peu sous les oripeaux d’un blockbuster. Pour Interstellar, son space opera vers l’infini et au-delà, il ne s’embarrasse pas de vulgarisation. Son scénario réaliste, fouillé mais pointu, entre physique quantique et voyages dans l’espace-temps, n’attend pas le spectateur. Pas de place au scepticisme scientifique, l’aventure intérieure n’attend pas, sublimée par les orgues d’Hans Zimmer. Le film est beau, sensoriel, complexe, mais et si sa vérité était ailleurs ? Car l’odyssée de cet Ulysse du futur à travers le temps et l’espace n’a finalement qu’un but : sauver et retrouver sa famille. Comme dans Inception… Et si elle se trouvait là finalement l’ambition du cinéma de Christopher Nolan ?

HER

Et si Spike Jonze avait inventé avec Her la rom-com du futur ? Ou même imaginé l’extinction des dernières relations humaines dans un futur pas si éloigné que ça ? Comme le dit l’adage, il y a une application pour tout, même pour aimer. C’est ainsi que Theodore (Joaquin Phoenix retrouvant une retenue qui lui sied à merveille), englué dans le souvenir d’une relation idéalisée et les mots chargés d’amour qu’il écrit pour les autres à longueur de journée, s’offre la présence d’une intelligence artificielle dans son oreille pour tromper la solitude. C’est dans ce rôle virtuel que Scarlett Johansson s’avère virtuose. C’est uniquement aux courbes de sa voix que nous nous intéressons : chaude, granuleuse, grave, la moindre de ses inflexions en dit bien plus que ne le ferait n’importe quel geste. Deux caractéristiques très fortes semblent voleter autour de l’oeuvre de Spike Jonze : le merveilleux et la solitude. Baignée d’une lumière douce et d’un fog surréaliste, l’histoire d’amour 2.0 de Her s’épanouit jusqu’à ce que cette douce chimère s’éteigne au son d’une ritournelle au ukulélé et que l’on repose enfin les yeux sur ceux qui sont juste à côté de nous.

tom à la ferme

Il aura fallu que Xavier Dolan abandonne ses postures « à la manière de », pour que je me dise qu’il avait effectivement tout l’avenir devant lui et un tas d’autres choses à dire, sorti des tourments et des extrémismes propres à la post-adolescence. Car oui, il est facile devant tant de maîtrise d’oublier que le québécois n’a que 25 ans. Hitchcockien dans l’âme, Tom à la ferme ne tourne plus autour du nombril de son auteur mais aborde sous l’étiquette du thriller des thématiques telles que le deuil, la frustration et les non-dits. Grand film claustrophobe où la violence est la conséquence d’un désir inavoué, angoissant (jusque dans la partition musicale de Gabriel Yared), oppressant psychologiquement comme peuvent l’être certains Polanski, Dolan s’aventure sur des chemins qu’on ne le voyait pas emprunter un jour. Il lui reste désormais pléthore de territoires à explorer. Et dire qu’il n’a que 25 ans.

10. Only lovers left alive

A quoi ressemble le crépuscule d’êtres immortels ? Probablement à Only Lovers Left Alive. Film de vampires heureusement très éloigné des bluettes adolescentes à la sauce Twilight, le film de Jim Jarmusch est un éloge à la langueur, un long purgatoire pour ce couple de toujours, incapables de rester plus de quelques dizaines d’années séparés. Revenus de tout, l’une dans l’intemporalité de Tanger, l’autre dans l’abandon électrique de Detroit, ces Adam et Eve rock’n’roll ont décidé de provoquer la mort, las. Tilda Swinton et Tom Hiddleston en amants infernaux et désabusés font rimer envoûtant avec épatant. Only Lovers Left Alive a le parfum suranné des romances sur lesquelles le temps n’a pas de prises. Jarmusch, lui, maintient son film toujours sur la corde raide, certes, mais d’une guitare.

challengers-films

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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  1. […] je vous le disais juste ici, 150 films vus en 2014. Et voilà l’heure d’aborder le haut du panier : celles qui pour […]

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