Rétro 2014, les 5 meilleures mini-séries

Classé dans : Séries, Top 5 Records | 4

Voici venue la sacro-sainte période des tops de fin d’année. Marronnier de tous site ou magazine culturel qui se respecte, je m’y plie de bonne grâce sur Pop’Up. Pour tout vous dire, j’adore ça moi élire des meilleurs, choisir ses chouchous et leur adosser un numéro qui ne veut pas dire grand chose mais qui permet de faire un petit bilan de ce que l’année nous a apportée de mieux. Alors pour commencer, voici les cinq séries que l’on dit mini mais ont selon moi tout des grandes. L’avantage pour ceux qu’entamer une série rebutent, c’est qu’ici c’est quelques épisodes et puis s’en va. De plus, bande de chanceux, si l’on prend comme exemple les 5 mini-séries suivantes la qualité n’attend pas le nombre des épisodes. Ceux-ci allant de 4 à 8, pas le temps de s’appesantir ou de se perdre dans des circonvolutions, ici on va droit à l’essentiel et si possible de manière brillante. Pari gagné dans cette sélection à forte domination britannique, nation qui s’est trouvée une petite place bien cosy dans votre salon télé et qui devient définitivement gage d’une télévision de qualité, à la fois intelligente et exigeante.

The honourable woman

La voilà la claque de l’année. Peut-être même toutes productions télévisuelles comprises. Comme on vous le disait pas plus tard qu’ici, The Honourable Woman contient tout ce qui fait aujourd’hui de l’Angleterre la terre promise des séries, même mini : élégance, exigence et style. En suivant Nessa Stein (magnifiquement et douloureusement interprétée par Maggie Gyllenhaal) ballotée entre secrets familiaux, culpabilité, passé trouble, Israël, Palestine et Grande-Bretagne, c’est une tragédie moderne qui se joue sous nos yeux. On déroule tout au long des épisodes les fils d’une histoire où les intentions des uns et des autres ne sont jamais aussi claires qu’on le croit. La langueur et la complexité laissent place à un choc intense qui vous abandonne avec de dures mais belles réminiscences au corps et au coeur.

Southcliffe

Dans la petite ville de Southcliffe, Steven Morton (Sean Harris, incroyable d’intensité) se lève un matin et assassine sa mère invalide dont il s’occupait parfaitement jusque là. Puis il parcourt la ville et tue 15 autres personnes, au hasard, ou pas vraiment. Si l’on devait rapprocher Southcliffe d’autres productions anglaises, on pourrait citer The Fall pour l’ambiance pesante et ce personnage principal ambigu dont on connait les desseins dès la première minute. On pourrait également parler du carton Broadchurch car, comme elle, Southcliffe étudie les répercussions d’une tragédie sur une communauté : sa culpabilité, ses tentatives de réponses au « pourquoi? », et sa bouleversante repentance. A l’aide d’une narration en flashbacks laissant petit à petit place à l’émotion et d’un casting 4 étoiles (Sean Durkin, réalisateur de Martha, Marcy, May, Marlene derrière la caméra, Kaya Scoledario et Joe Dempsie de Skins, Rory Kinnear aperçu dans les derniers James Bond…), Southcliffe est un drame sourd qui ne peut pas laisser indifférent.

p'tit quinquin

Un OVNI. C’est le premier et parfois le seul mot que l’on a entendu à propos de P’tit Quinquin. D’abord à Cannes, où il a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, et puis ensuite lors de sa diffusion couronnée de succès sur Arte. C’est en effet un objet télévisuel unique que nous propose Bruno Dumont. Ici, comme lorsqu’il travaille pour le grand écran, il s’est entouré d’acteurs non-professionnels. Un casting de gueules cassés pas toujours justes, pas toujours compréhensibles mais à la sincérité sans failles. De quoi ça parle ? On ne le sait pas très bien, des meurtres étranges sur lesquels enquête un duo inoubliable : le lieutenant Carpentier et ses dérapages contrôlés et le commandant Van Der Weyden et sa face de tics. Burlesque et traversée de gags surréalistes (Ch’tiderman, les grands-parents qui mettent la table, un enterrement qui n’en finit pas…), parfois targuée de trop « vraie », flirtant toujours avec la gêne, P’tit Quinquin trace une nouvelle ligne dans la fiction française. Merci Arte.

The Normal Heart

Je déroge quelque peu à la définition de mini-série pour pouvoir placer The Normal Heart, très bon téléfilm signé Ryan Murphy (Nip/Tuck, Glee, American Horror Story) sur l’apparition du SIDA dans les années 80 et l’influence du virus sur la communauté gay. Si l’on ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec Dallas Buyers Club, sorti lui sur grand écran et ayant valu à Matthew McConaughey son Oscar du meilleur acteur, ou du plus friendly Pride, The Normal Heart touche quand il s’attarde sur le combat des homosexuels pour la reconnaissance du « cancer gay » et de leur accès aux soins. Militant plutôt que simple spectateur, le film gagne en profondeur grâce à un casting impressionnant et concerné, Mark Ruffalo, Matt Bomer, Taylor Kitsch et Jim Parsons en tête, et un ton polémique qui n’est pas sans rappeler des combats toujours plus actuels.

olive kitteridge

HBO a toujours eu un faible pour les personnages dépressifs, Tony Soprano et la famille Fisher (Six Feet Under) en fers de lance. Olive Kitteridge s’ajoute à la liste et n’est pas en reste. Prof de maths revêche et acariâtre, y compris avec son fils et son mari, Olive est complexe. Bourrée de regrets, incapable de s’ouvrir aux autres malgré une sensibilité qu’elle enfouie sous des tonnes de reproches, on la découvre défaite, un pistolet sur la tempe, avant de repartir 25 ans en arrière. Sans artifices, Olive Kitteridge démontre comment les non-dits se nourrissent de la routine et du quotidien pour ne laisser qu’un goût amer au fond de la gorge. Portée par le talent de Frances McDormand, la chaleur de Richard Jenkins et la fraîcheur de Bill Murray, cette mini-série pessimiste reste traversée de fulgurances bouleversantes.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

4 Responses

  1. J’ai découvert une très jolie mini série que j’ajouterai à cette liste « in the club ».

  2. […] chargée côté petit écran, 2014. On a déjà discuté mini-séries et nouveautés, il était temps de parler de celles qui, même après plusieurs saisons, continuent […]

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